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Orion 2026 : changement d'échelle pour l’exercice militaire français




Publié par Aurélie GIRAUD le 23 Janvier 2026

Avec plus de 10 000 soldats engagés, 140 aéronefs mobilisés et 24 pays étrangers impliqués, Orion s’impose comme l’exercice militaire le plus ambitieux jamais conduit par la France en temps de paix. Prévue à partir de février, cette deuxième édition marque une montée en puissance spectaculaire par rapport à 2023, tant par l’ampleur des moyens déployés que par la complexité des scénarios de haute intensité testés sur l’ensemble du territoire national.



À compter du 8 février 2026, l’exercice Orion entre dans sa phase opérationnelle terrestre, point d’orgue d’un entraînement interarmées et multinational étalé sur près de trois mois. Piloté par l’état-major des armées, Orion 2026 vise à éprouver la capacité des forces françaises et alliées à conduire un engagement majeur face à un adversaire étatique, dans un contexte stratégique profondément dégradé depuis la première édition organisée en 2023.

Une composition interarmées et multinationale sans précédent pour l’exercice

D’abord, Orion 2026 mobilise plus de 10 000 militaires, dont environ 12 500 soldats français, selon le ministère des Armées, engagés simultanément sur plusieurs théâtres métropolitains. Ainsi, l’armée de Terre, la Marine nationale, l’armée de l’Air et de l’Espace, mais aussi les forces spéciales, les composantes cyber et spatiale sont intégrées dans un même cadre opérationnel, afin de simuler un conflit de haute intensité complet, cohérent et durable.

Ensuite, l’exercice Orion se distingue par une participation étrangère renforcée, avec 24 pays alliés et partenaires impliqués, contre une quinzaine lors de la première édition. Ces forces étrangères sont intégrées dans les chaînes de commandement françaises, afin de tester l’interopérabilité réelle des états-majors, des systèmes de communication et des procédures de combat. Cette dimension multinationale constitue désormais un marqueur central de l'exercice Orion, pensé comme une réponse concrète aux exigences opérationnelles de l’OTAN.


Des moyens militaires démultipliés en regard de la première édition de l’exercice

Par ailleurs, Orion 2026 affiche une nette montée en gamme capacitaire. Sur le plan aérien, environ 140 aéronefs sont engagés, incluant avions de chasse, avions de transport, hélicoptères de manœuvre et drones de surveillance. Cette masse aérienne permet de simuler des campagnes aériennes complètes, allant de la supériorité aérienne à l’appui-feu rapproché, selon TF1 Info.

Sur le volet naval, l’exercice Orion intègre près de 25 bâtiments, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle et son groupe aéronaval, afin de simuler une projection de puissance depuis la mer vers la terre. Cette composante maritime permet de travailler les phases dites « d’entrée en premier », essentielles dans un scénario de conflit de haute intensité, a indiqué le ministère des Armées.. À cela s’ajoute l’emploi massif de plus de 1 200 drones, utilisés à des fins de renseignement, de ciblage et de saturation.


Un exercice de haute intensité pensé comme un laboratoire opérationnel

Enfin, Orion 2026 ne se limite pas à un simple déploiement de forces. L’exercice sert aussi de laboratoire tactique, destiné à éprouver les doctrines, les chaînes logistiques et la résilience des forces dans un engagement prolongé. Ainsi, les scénarios intègrent des frappes dans la profondeur, des actions cyber, des opérations d’influence et des perturbations des réseaux logistiques, afin de confronter les états-majors à des situations proches de la réalité contemporaine des conflits.

De plus, cette deuxième édition vise explicitement à tirer les enseignements de l’édition 2023. Lors de cette première itération, déjà qualifiée de majeure, environ 12 000 militaires avaient été mobilisés sur plusieurs régions françaises. Toutefois, Orion 2026 franchit un seuil supplémentaire, tant par la durée de l’exercice, étalée du 8 février au 30 avril 2026, que par la densité des moyens engagés et la complexité des interactions multinationales. L’objectif affiché reste clair : préparer les forces françaises et alliées à un affrontement de haute intensité durable, dans un environnement contesté, sans zone sanctuarisée.




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