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Ukraine. En refusant le plan de Trump, Vladimir Poutine retarde les négociations et durcit le rapport de force




Publié par La Rédaction le 28 Novembre 2025

Alors que Washington espérait une percée diplomatique, Vladimir Poutine a rejeté le plan en discussion à Genève et réaffirmé des conditions inacceptables pour Kiev. Le Kremlin temporise, tout en revendiquant des succès militaires sur le terrain, laissant planer le doute sur une véritable volonté de paix.



Un plan jugé insuffisant et un président ukrainien déclaré illégitime

Image Pixabay
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Lors d’un déplacement à Bichkek, Vladimir Poutine a estimé que le document transmis depuis Genève ne constituait pas un plan de paix mais un ensemble de points préliminaires. Il a toutefois admis qu’il pourrait servir de base à un futur accord, tout en dénonçant plusieurs propositions ukrainiennes qu’il juge dérisoires. Selon lui, chaque formulation devra être négociée ligne par ligne, preuve d’un processus qu’il s’attend à voir durer.

Le président russe a réaffirmé que la Russie ne mettrait fin à son offensive que si les forces ukrainiennes se retiraient des territoires qu’elles occupent, sans en donner la liste. En parallèle, il a remis en cause la légitimité de Volodymyr Zelensky, en arguant que le report de l’élection présidentielle ukrainienne rendrait la signature de tout accord juridiquement impossible. Pour Moscou, un éventuel traité devrait donc reposer sur une validation internationale, indépendamment des autorités de Kiev.

Interrogé sur les accusations visant l’émissaire américain Steve Witkoff, soupçonné d’avoir favorisé les positions russes lors d’un échange téléphonique, Vladimir Poutine a balayé l’affaire en parlant d’absurdités et a confirmé la venue prochaine de l’envoyé américain en Russie.


Entre sanctions américaines et calculs politiques, une stratégie qui entretient l’ambiguïté

Vladimir Poutine s’est également exprimé sur les récentes sanctions visant Lukoil et Rosneft. Il a affirmé ne pas comprendre ce revirement, rappelant que Donald Trump et lui avaient convenu d’un temps de réflexion après leur sommet d’Alaska. Cette déclaration ajoute une nouvelle tension alors que le Kremlin ménage son calendrier diplomatique.

Aux États-Unis, plusieurs analystes interrogés estiment que Moscou cherche avant tout à ralentir le processus. Si le Kremlin s’était montré prudemment optimiste quelques jours plus tôt, les dernières prises de position laissent penser qu’il ne souhaite ni conclure immédiatement, ni procéder à de véritables concessions. Pour un ancien diplomate russe cité dans la presse américaine, cette tactique vise à gagner du temps et à garder l’initiative, tout en maintenant la pression sur les négociateurs occidentaux.

Dans ce contexte, les échanges indirects entre Washington et Caracas, bien qu’extérieurs au conflit ukrainien, contribuent à la perception d’un climat géopolitique globalement tendu autour de Moscou et de ses partenaires.


Le Kremlin revendique des avancées militaires, contestées par Kiev

Lors de la même conférence de presse, Vladimir Poutine a longuement détaillé la situation militaire. Il affirme que les forces russes auraient encerclé les troupes ukrainiennes à Pokrovsk et Myrnohrad, dans la région de Donetsk, et progressent en direction de Hulyaipole, un point logistique essentiel dans la région de Zaporijia. Ces annonces s’inscrivent dans la communication habituelle du Kremlin autour de ses opérations.

Le commandement ukrainien a immédiatement démenti ces affirmations. Selon Kiev, aucune des deux villes n’est isolée et les lignes de défense tiennent. Ce contraste illustre la bataille narrative qui accompagne les combats depuis le début de la guerre.

Enfin, Vladimir Poutine a assuré qu’il n’avait aucun projet d’agression envers l’Europe et s’est dit prêt à formaliser par écrit cette absence d’intention offensive. Une déclaration qui intervient alors que le président russe continue d’afficher confiance et fermeté dans ses objectifs militaires.




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