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Le Groenland au centre d’un bras de fer politique au Sénat américain




Publié par Jehanne Duplaa le 14 Janvier 2026

À Washington, des sénateurs américains ont décidé de prendre les devants. Face aux déclarations répétées de Donald Trump sur le Groenland, un projet de loi bipartisan entend empêcher toute utilisation des leviers militaires ou diplomatiques américains contre un allié de l’OTAN. Une initiative qui place le Groenland au cœur d’un débat stratégique et institutionnel majeur.



Le 14 janvier 2026 marque une nouvelle étape dans le dossier sensible du Groenland. Ce jour-là, plusieurs sénateurs des États-Unis ont officiellement déposé un projet de loi visant à bloquer toute tentative de mainmise américaine sur ce territoire autonome rattaché au Danemark. En toile de fond, les propos insistants du président Donald Trump, qui ravivent des inquiétudes profondes au sein du Congrès sur le respect des alliances et du droit international.

Le Groenland ciblé par un projet de loi porté par des sénateurs

Le texte présenté au Sénat se distingue par sa portée politique et stratégique. Il vise à interdire formellement l’usage de fonds fédéraux pour toute action ayant pour objectif d’occuper, d’annexer ou de contraindre un territoire appartenant à un allié des États-Unis. Le Groenland est explicitement concerné, car il relève de la souveraineté du Royaume du Danemark, membre de l’OTAN depuis 1949.

Dans leur démarche, les sénateurs mettent en avant la nécessité de préserver la cohérence de la politique étrangère américaine. Selon Al Jazeera, le projet de loi empêcherait notamment le département de la Défense et le département d’État d’engager des moyens militaires ou diplomatiques contre un partenaire de l’Alliance atlantique. Ainsi, le Groenland devient un cas d’école illustrant les limites que le Congrès souhaite imposer à l’exécutif.

Cette initiative est portée conjointement par la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen et la sénatrice républicaine Lisa Murkowski. Ce choix n’est pas anodin. En associant majorité et opposition, les sénateurs veulent envoyer un signal clair sur le caractère transversal de la question du Groenland. Selon plusieurs observateurs parlementaires, cette alliance bipartisane renforce la crédibilité du projet de loi et complique toute tentative de blocage politique.


Les sénateurs face aux ambitions de Donald Trump sur le Groenland

Depuis plusieurs mois, Donald Trump évoque publiquement son souhait de voir le Groenland passer sous contrôle américain. Ces déclarations ont pris une nouvelle dimension lorsqu’il a affirmé que ce territoire finirait par appartenir aux États-Unis « d’une manière ou d’une autre ». Selon News24, ces propos ont agi comme un électrochoc au Sénat.

Pour les sénateurs, ces affirmations représentent un risque direct pour la stabilité des alliances. Jeanne Shaheen a ainsi expliqué que le projet de loi avait pour objectif d’empêcher que « l’argent des contribuables américains ne soit utilisé pour des actions susceptibles de fracturer l’OTAN ». Cette prise de position s’inscrit dans une logique de défense des engagements internationaux des États-Unis.

Lisa Murkowski a, de son côté, adopté un ton plus sévère. Elle a jugé « profondément troublante » l’idée que les ressources américaines puissent être mobilisées contre un allié, appelant le Congrès à inscrire cette interdiction dans la loi. Pour ces sénateurs, le Groenland symbolise une ligne rouge à ne pas franchir, tant sur le plan militaire que diplomatique.


Le poids des chiffres dans l’offensive des sénateurs sur le Groenland

Au-delà des principes, les sénateurs s’appuient sur des données chiffrées pour étayer leur démarche. Selon un sondage cité par News24, 85 % des habitants du Groenland se déclareraient opposés à toute intégration aux États-Unis.

Par ailleurs, plusieurs sénateurs membres du groupe d’observation de l’OTAN au Sénat ont rappelé que le Groenland n’était « pas à vendre ». Cette position collective, relayée par l’Agence Anadolu, insiste sur l’obligation pour les États-Unis de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale du Danemark. Là encore, les sénateurs cherchent à inscrire leur action dans un cadre juridique clair.

Enfin, selon Reuters, un déplacement officiel de sénateurs américains au Danemark est en préparation afin d’aborder directement le dossier du Groenland avec les autorités locales. Annoncée le 13 janvier 2026, cette initiative diplomatique vise à rassurer Copenhague et à démontrer que le Congrès entend jouer un rôle actif dans la gestion de cette crise potentielle. Dans un Arctique de plus en plus militarisé, les sénateurs américains veulent ainsi réaffirmer une stratégie fondée sur les alliances plutôt que sur la coercition.




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