Enderi

Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable


Corée du Nord : la production nucléaire devient une menace militaire globale




Publié par François Lapierre le 21 Janvier 2026

La Corée du Nord est entrée dans une phase industrielle de son programme nucléaire. Selon les alertes militaires sud-coréennes, la cadence de production atteint un niveau capable d’alimenter durablement un arsenal de guerre, transformant une dissuasion régionale en menace stratégique globale, directement orientée contre les États-Unis et leurs alliés.



La production nucléaire nord-coréenne, une bascule industrielle assumée

Janvier 2026 marque un tournant dans l’évaluation militaire du programme nucléaire nord-coréen. Séoul a confirmé que la Corée du Nord produit désormais chaque année assez de matière fissile pour assembler jusqu’à vingt armes nucléaires. Cette capacité, couplée au développement accéléré de missiles balistiques, modifie profondément le rapport de force en Asie du Nord-Est et inquiète les états-majors occidentaux.

L’alerte lancée par la Corée du Sud décrit une chaîne de production nucléaire capable de fonctionner de manière continue, malgré les sanctions internationales. Produire de quoi assembler entre dix et vingt armes par an signifie une chose : Pyongyang a sécurisé ses flux critiques, du combustible aux installations de retraitement.

Dans un cadre militaire, cette donnée change tout. Un tel volume dépasse largement les besoins d’une dissuasion minimale. Il permet l’accumulation, la redondance et la diversification des têtes nucléaires. Selon le président sud-coréen Lee Jae Myung, « même aujourd’hui, de la matière nucléaire suffisante pour produire 10 à 20 armes nucléaires par an est toujours produite », déclaration rapportée par Le Parisien. La menace n’est plus hypothétique. La Corée du Nord dispose désormais d’un stock potentiellement extensible, capable d’absorber des pertes, des défaillances techniques ou des frappes préventives limitées.

Outre la bombe nucléaire, des missiles pour la délivrer

La valeur d’une ogive dépend de son vecteur. Sur ce terrain, la Corée du Nord avance rapidement. Les essais répétés de missiles balistiques, observés encore début janvier 2026, confirment une montée en gamme technologique. Pyongyang travaille simultanément sur la portée et la fiabilité de ses systèmes.

Les autorités sud-coréennes et américaines estiment que certains programmes nord-coréens visent clairement la capacité intercontinentale. L’objectif est explicite. « À un moment, la Corée du Nord aura obtenu l’arsenal nucléaire dont elle croit avoir besoin pour maintenir son régime, tout comme ses moyens en ICBM capables de menacer non seulement les États-Unis mais aussi le monde entier », a averti Lee Jae Myung. La combinaison d’une production soutenue d’ogives et de missiles en amélioration constante renforce la crédibilité opérationnelle de la menace.

Surproduction et prolifération : un risque stratégique mondial

L’élément le plus préoccupant pour les militaires occidentaux réside peut-être ailleurs. Une production annuelle pouvant atteindre vingt armes crée mécaniquement un surplus à moyen terme. Ce surplus ouvre la voie à un scénario de prolifération. « Une fois qu’il y aura un excès d’armes nucléaires, elle ira à l’étranger, au-delà de ses frontières. Un danger mondial émergera alors », a prévenu le président sud-coréen, toujours selon Le Parisien.

L’exportation ne se limite pas aux ogives complètes. Elle peut concerner des composants, des technologies de missile, des savoir-faire industriels. La Corée du Nord a déjà montré sa capacité à vendre des systèmes conventionnels malgré les embargos. Appliquée au nucléaire, cette pratique multiplierait les foyers de menace.


 



Nouveau commentaire :

ENDERI promeut la liberté d'expression, dans le respect des personnes et des opinions. La rédaction d'ENDERI se réserve le droit de supprimer, sans préavis, tout commentaire à caractère insultant, diffamatoire, péremptoire, ou commercial.