Le conflit du Sahara occidental oppose depuis la fin de la colonisation espagnole le Front Polisario, qui revendique l’autodétermination du peuple sahraoui, au Maroc, qui considère ce territoire comme partie intégrante de sa souveraineté. Il incarne aujourd’hui l’un des paradoxes les plus révélateurs de l’ordre international contemporain : une cause juridiquement fondée, mais politiquement affaiblie. Comme le souligne Ishak Benhizia dans son analyse publiée dans le dossier Acteurs armés non étatiques : pouvoirs et contre-pouvoirs d’EurasiaPeace, l’érosion de la reconnaissance du Front Polisario ne résulte pas d’un affaissement du droit international, mais de la montée en puissance de logiques de rapports de force, où la stabilité régionale et les intérêts stratégiques prennent le pas sur les principes normatifs.
Cette dynamique s’est pleinement confirmée en 2025, année marquée par une inflexion diplomatique significative au niveau onusien. Le renouvellement du mandat de la MINURSO, mission des Nations unies chargée depuis 1991 de superviser le cessez-le-feu et d’organiser un référendum d’autodétermination jamais tenu, s’est accompagné d’un renforcement de la centralité du plan d’autonomie marocain comme base jugée « réaliste » pour une solution politique. Sans supprimer formellement le principe d’autodétermination, qui demeure inscrit dans les résolutions des Nations unies, cette évolution en a progressivement vidé le contenu politique. En plaçant le plan d’autonomie marocain au cœur des discussions, le processus diplomatique a déplacé le débat d’un choix ouvert sur l’avenir du territoire vers la recherche d’aménagements internes à la souveraineté marocaine, rendant l’hypothèse d’un référendum d’indépendance de plus en plus lointaine et difficilement applicable.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la volonté du Front Polisario d’entrer dans une phase de discussions, sous conditions. Le mouvement se dit prêt à négocier avec le Maroc à condition que le processus s’inscrive strictement dans le cadre onusien et respecte le droit à l’autodétermination, allant jusqu’à se déclarer disposé à discuter du plan d’autonomie marocain à la seule condition qu’il soit soumis à un référendum permettant au peuple sahraoui de se prononcer librement, sans option prédéfinie.
Cette séquence met en lumière une dissociation de plus en plus marquée entre légalité internationale et efficacité politique. Le Front Polisario continue de s’appuyer sur un socle juridique solide, reconnu par les Nations unies et conforté par certaines décisions de juridictions internationales, mais il peine à traduire ces acquis normatifs en poids diplomatique concret. À l’inverse, le Maroc dispose de leviers plus immédiatement opérants (économiques, sécuritaires et migratoires) qui lui permettent d’influencer les priorités des États partenaires et de structurer l’agenda des discussions. Dans ces conditions, la question n’est plus seulement celle de l’ouverture au dialogue, mais de son rapport de forces : peut-on encore négocier lorsque l’issue paraît conditionnée par un déséquilibre durable de pouvoir ? Faute d’un renouvellement stratégique capable de rééquilibrer cette relation, la négociation risque moins de produire une issue politique que de consolider un statu quo déjà largement installé.
Cette dynamique s’est pleinement confirmée en 2025, année marquée par une inflexion diplomatique significative au niveau onusien. Le renouvellement du mandat de la MINURSO, mission des Nations unies chargée depuis 1991 de superviser le cessez-le-feu et d’organiser un référendum d’autodétermination jamais tenu, s’est accompagné d’un renforcement de la centralité du plan d’autonomie marocain comme base jugée « réaliste » pour une solution politique. Sans supprimer formellement le principe d’autodétermination, qui demeure inscrit dans les résolutions des Nations unies, cette évolution en a progressivement vidé le contenu politique. En plaçant le plan d’autonomie marocain au cœur des discussions, le processus diplomatique a déplacé le débat d’un choix ouvert sur l’avenir du territoire vers la recherche d’aménagements internes à la souveraineté marocaine, rendant l’hypothèse d’un référendum d’indépendance de plus en plus lointaine et difficilement applicable.
C’est dans ce contexte que s’inscrit la volonté du Front Polisario d’entrer dans une phase de discussions, sous conditions. Le mouvement se dit prêt à négocier avec le Maroc à condition que le processus s’inscrive strictement dans le cadre onusien et respecte le droit à l’autodétermination, allant jusqu’à se déclarer disposé à discuter du plan d’autonomie marocain à la seule condition qu’il soit soumis à un référendum permettant au peuple sahraoui de se prononcer librement, sans option prédéfinie.
Cette séquence met en lumière une dissociation de plus en plus marquée entre légalité internationale et efficacité politique. Le Front Polisario continue de s’appuyer sur un socle juridique solide, reconnu par les Nations unies et conforté par certaines décisions de juridictions internationales, mais il peine à traduire ces acquis normatifs en poids diplomatique concret. À l’inverse, le Maroc dispose de leviers plus immédiatement opérants (économiques, sécuritaires et migratoires) qui lui permettent d’influencer les priorités des États partenaires et de structurer l’agenda des discussions. Dans ces conditions, la question n’est plus seulement celle de l’ouverture au dialogue, mais de son rapport de forces : peut-on encore négocier lorsque l’issue paraît conditionnée par un déséquilibre durable de pouvoir ? Faute d’un renouvellement stratégique capable de rééquilibrer cette relation, la négociation risque moins de produire une issue politique que de consolider un statu quo déjà largement installé.

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