La menace est explicite. Dans un contexte de fortes tensions régionales, Kata’ib Hezbollah affirme qu’elle riposterait à toute attaque visant l’Iran. Ce positionnement public rappelle l’influence persistante de cette formation armée chiite irakienne, au cœur d’un paysage sécuritaire où se superposent institutions étatiques, milices et logiques de confrontation indirecte.
Kata’ib Hezbollah, ou « Brigades du Hezbollah », apparaît en Irak après l’invasion américaine de 2003. Le groupe se structure progressivement comme une milice chiite armée, opposée à la présence militaire américaine. Il s’inscrit idéologiquement dans l’orbite de l’Iran et entretient des liens étroits avec les Gardiens de la Révolution islamique.
Une milice paramilitaire au statut controversé
Sur le plan institutionnel, Kata’ib Hezbollah fait partie des Forces de mobilisation populaire (Hachd al-Chaabi), une coalition de groupes armés chiites intégrée aux forces de sécurité irakiennes depuis 2016. À ce titre, elle est officiellement reconnue par l’État irakien comme une force paramilitaire participant à la défense du pays, notamment lors de la lutte contre l’organisation État islamique.
Cependant, cette reconnaissance nationale ne fait pas consensus à l’international. Les États-Unis classent Kata'ib Hezbollah comme organisation terroriste étrangère depuis 2009. Washington lui attribue plusieurs attaques contre des forces américaines et de la coalition en Irak, ainsi que des actions armées menées par roquettes et drones contre des installations militaires.
Cette qualification n’est pas universelle. L’ONU n’a pas inscrit Kata’ib Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes, et plusieurs États la considèrent avant tout comme une milice paramilitaire intégrée partiellement à l’appareil sécuritaire irakien, bien que disposant d’une autonomie militaire et politique importante.
Aujourd’hui, Kata’ib Hezbollah se situe donc à l’intersection de plusieurs statuts. Force paramilitaire reconnue par l’État irakien, acteur armé non étatique influencé par l’Iran, et organisation considérée comme terroriste par les États-Unis, elle incarne les ambiguïtés profondes de la sécurité en Irak. Ses déclarations récentes soulignent le rôle central des milices alliées de Téhéran dans les équilibres régionaux et les risques d’embrasement en cas d’escalade militaire au Moyen-Orient.

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