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Des camions militaires russes filmés à la centrale nucléaire de Zaporijia : l’Ukraine dénonce une violation du droit international




Publié par La Rédaction le 15 Janvier 2026

Un vidéo aérienne diffusée sur Telegram montre apparemment des camions militaires russes garés à l’intérieur de la centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine occupé par la Russie. Selon les autorités ukrainiennes, ces images soulèvent des questions sérieuses sur le respect du droit international humanitaire dans un contexte déjà très sensible.



Une vidéo géolocalisée qui inquiète

Carte de la centrale nucléaire de Zaporijjia - Wikimédia Commons
Carte de la centrale nucléaire de Zaporijjia - Wikimédia Commons

Une séquence publiée en ligne, remontée à partir d’une vue aérienne du site de la centrale de Zaporijia à Enerhodar, semblant montrer des véhicules militaires russes stationnés directement dans l’enceinte de l’installation, a circulé mercredi matin sur des groupes Telegram ukrainiens spécialisés dans la documentation du conflit.

Defense News a pu géolocaliser de façon indépendante cette vidéo et confirmer qu’elle a été tournée à l’intérieur de la zone de la centrale, occupée par les forces russes depuis 2022, ce qui confère de la plausibilité à sa provenance. Les images montrent plusieurs véhicules aux peintures militaires typiques stationnés sous un passage reliant des bâtiments techniques du site, ainsi qu’un camion plus important à proximité d’un laboratoire ou d’un bâtiment de services.

Le manque de netteté empêche une identification certaine des types de véhicules. Parmi eux, il pourrait s’agir de camions KamAZ utilisés par l’armée russe, bien que la qualité vidéo limite la certitude de la reconnaissance.


Accusations ukrainiennes et contexte légal

Un porte-parole des Forces de défense ukrainiennes, Vladyslav Voloshyn, a repris ces images sur Telegram en affirmant que les Russes exploitent le site de la centrale non seulement comme base logistique, mais aussi comme “terrain d’entraînement pour leurs opérateurs de drones”, tout en mettant en garde que des attaques d’artillerie contre Zaporizhzhia auraient parfois été lancées depuis cette zone.

Sur le plan juridique, le stationnement de matériel militaire dans une centrale nucléaire est fortement encadré. Le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève demande aux parties en conflit d’éviter de placer des objectifs militaires à proximité ou à l’intérieur d’installations nucléaires, en raison du risque grave que représente toute attaque sur de telles infrastructures.


Zaporijia : une centrale sous tensions multiples

La centrale de Zaporizhzhia est la plus grande d’Europe et reste dans un état de mise à l’arrêt “froid”, ce qui signifie que la réaction nucléaire est arrêtée, mais que le combustible doit toujours être maintenu au froid par des systèmes électriques fiables alimentés par le réseau ou des générateurs. Le maintien de cette alimentation est essentiel pour éviter des incidents graves.

La présence de matériel militaire russe à l’intérieur du site s’ajoute aux nombreuses accusations déjà portées contre Moscou au sujet d’une utilisation abusive des installations de la centrale depuis le début de l’occupation : présence de troupes, stockage d’équipements et d’armements, et restrictions récurrentes imposées aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Depuis 2022, l’Agence a documenté à plusieurs reprises des cas similaires, avec des véhicules stationnés à l’intérieur des bâtiments mêmes de la centrale ou près d’infrastructures sensibles, et a fait part de ses difficultés d’accès à certaines zones lors de tentatives d’inspection.


Une centrale stratégique et un symbole

La situation de Zaporijia a été ponctuée par des épisodes de combats et d’artillerie autour du site, provoquant des coupures répétées d’alimentation et l’activation de générateurs de secours. Cela illustre à la fois la vulnérabilité des infrastructures civiles critiques en temps de guerre et la complexité du respect des normes internationales dans un conflit à grande échelle.

Dans ce contexte, la diffusion de vidéos comme celle relayée sur Telegram montre à quel point tout mouvement ou présence de matériel militaire près de la centrale suscite des inquiétudes, non seulement pour les armées engagées, mais aussi pour les populations civiles et les autorités internationales compétentes.




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