Une stratégie patiente fondée sur le renseignement
Avant toute manœuvre visible, la préparation d’"Absolute Resolve" s’est jouée loin des radars. La priorité américaine n’était pas l’assaut, mais l’information. Dans un Venezuela privé de présence diplomatique américaine, le recueil de données reposait sur des circuits clandestins. Des agents de renseignement ont été introduits discrètement afin d’observer le fonctionnement intime du pouvoir. Leur mission était simple dans son principe, complexe dans son exécution : comprendre les habitudes du chef de l’État, ses déplacements et son environnement immédiat.
Cette phase a permis d’établir une cartographie fine du quotidien présidentiel. Les équipes américaines ont ainsi identifié les lieux fréquentés, les itinéraires privilégiés et les variations constantes de l’agenda officiel. Dans un contexte de méfiance extrême, ces informations étaient cruciales. Elles conditionnaient la faisabilité même d’une opération au Venezuela, où l’incertitude logistique est permanente et où la loyauté des cercles de pouvoir varie selon les rapports de force internes.
Parallèlement, Washington a accentué la pression militaire régionale. Des déploiements navals et aériens dans la zone caraïbe ont servi de toile de fond. Officiellement, ces actions visaient la lutte contre les trafics. Officieusement, elles participaient à une stratégie de dissuasion et d’isolement du régime. Cette montée en puissance graduelle permettait aussi de tester les réactions des forces locales, tout en habituant l’opinion internationale à une présence militaire renforcée autour du Venezuela.
Venezuela : entraînement grandeur nature et coordination totale
Lorsque la décision politique de préparer une capture ciblée est prise, l’appareil militaire entre pleinement en jeu. Les responsables américains optent pour une méthode radicale : reproduire à l’identique le cœur du pouvoir vénézuélien. Une maquette grandeur nature de la résidence présidentielle est construite aux États-Unis. Chaque couloir, chaque porte renforcée, chaque espace sécurisé est recréé. L’objectif est clair : supprimer l’effet de surprise pour les assaillants, afin de le réserver exclusivement à la cible.
Les unités sélectionnées s’entraînent inlassablement dans ce décor factice. Les scénarios sont répétés, modifiés, accélérés. Les commandos apprennent à intervenir dans l’obscurité totale, à progresser en milieu confiné et à neutraliser des obstacles lourds en quelques secondes. Cette préparation vise à réduire le temps d’exposition sur place, un facteur clé dans un environnement urbain densément protégé.
La coordination interarmées constitue un autre pilier du plan. Forces spéciales, aviation, moyens de guerre électronique et renseignement agissent selon une chaîne de commandement unifiée. Le calendrier, volontairement flexible, est ajusté aux conditions météorologiques et aux signaux remontant du terrain. L’autorisation finale est donnée à la dernière minute, lorsque tous les indicateurs sont jugés favorables.
L’opération est confiée à la Delta Force, unité spécialisée dans les actions de très haute précision. Leur expérience dans des raids ciblés et leur capacité à opérer discrètement ont pesé lourd dans le choix stratégique. Le dispositif prévoit également une extraction immédiate, afin d’éviter tout enlisement ou affrontement prolongé avec les forces vénézuéliennes.
Une décision politique aux répercussions majeures
Si la planification militaire impressionne par sa rigueur, elle repose avant tout sur une décision politique assumée. Les relations entre Washington et Caracas étaient déjà dégradées depuis des mois. La capture de Nicolás Maduro s’inscrit dans une logique de confrontation directe, assumée par l’exécutif américain. Le président Donald Trump a choisi de privilégier la rapidité et le secret, quitte à court-circuiter les débats institutionnels habituels.
Cette approche a suscité des réactions contrastées, y compris aux États-Unis. Certains élus ont dénoncé une opération menée sans cadre politique clair pour l’après. D’autres ont salué l’efficacité d’une action présentée comme décisive. Sur le terrain, l’impact a été immédiat : coupures d’électricité, explosions nocturnes et sidération de la population de Caracas ont marqué les premières heures suivant l’intervention.
Au-delà du choc initial, "Absolute Resolve" illustre une évolution des modes d’intervention américaine. Moins de déploiement massif, plus de ciblage, davantage de renseignement et une coordination totale entre Défense et services spécialisés. Pour le Venezuela, cette opération marque un tournant historique. Pour le reste du monde, elle pose une question durable : jusqu’où une puissance peut-elle aller pour imposer sa lecture de la stabilité internationale.

Diplomatie












