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L'Iran durcit le ton et menace les pays voisins en cas de frappes depuis leur territoire




Publié par Jehanne Duplaa le 28 Janvier 2026

L’Iran a franchi un nouveau seuil verbal en avertissant clairement ses voisins qu’ils seraient désormais considérés comme hostiles si leur territoire servait de base à des frappes contre lui. Cette annonce, formulée par les Gardiens de la Révolution, s’inscrit dans un contexte régional déjà marqué par des démonstrations de force militaires et une montée des tensions autour du sol, du ciel et des eaux du Moyen-Orient.



Le 27 janvier 2026, l’Iran a officiellement prévenu que toute utilisation du territoire d’un pays voisin pour mener des frappes contre lui entraînerait un changement immédiat de statut, ces États étant alors considérés comme hostiles. Cette déclaration intervient alors que l’Iran observe avec inquiétude l’intensification des manœuvres militaires américaines dans la région et la fragilité croissante des équilibres sécuritaires.

Le territoire iranien au cœur de l’hostilité régionale

L’Iran a choisi des mots précis et une temporalité calculée. En effet, selon les déclarations d’un responsable des Gardiens de la Révolution, les pays voisins sont qualifiés d’amis tant que leur territoire, leur ciel ou leurs eaux ne sont pas utilisés pour des frappes contre l’Iran. Toutefois, dès lors qu’un tel scénario se produirait, l’hostilité serait actée sans ambiguïté. Cette position, rapportée par Le Figaro marque une évolution significative dans la doctrine dissuasive iranienne, car elle élargit explicitement le champ des représailles potentielles.

Ainsi, l’Iran ne se contente plus de viser les auteurs directs d’éventuelles frappes, mais inclut désormais tout État facilitateur par l’usage de son territoire. Par conséquent, cette approche renforce la pression stratégique sur les pays du Golfe, déjà pris entre leurs alliances sécuritaires et la crainte d’une escalade régionale. De plus, selon les propos attribués à Mohammad Akbarzadeh, adjoint politique des forces navales des Gardiens de la Révolution, « les pays voisins sont nos amis, mais si leur sol, leur ciel ou leurs eaux sont utilisés contre l’Iran, ils seront considérés comme hostiles », déclaration rapportée par Al Arabiya.

Dans ce contexte, l’Iran met en avant une logique de défense globale de son espace stratégique. En effet, le territoire iranien n’est plus le seul élément protégé, puisque les axes d’approche aérienne et maritime sont désormais intégrés dans un raisonnement militaire plus large. Dès lors, toute coopération régionale avec une puissance extérieure susceptible de mener des frappes est perçue comme une menace directe. Cette rhétorique s’inscrit ainsi dans une continuité doctrinale, mais avec un niveau de précision inédit.


Frappes potentielles et démonstrations de force américaines

Par ailleurs, l’avertissement iranien intervient alors que les États-Unis ont annoncé un exercice aérien majeur au Moyen-Orient. Selon la RTBF, Washington a confirmé le déploiement d’importants moyens militaires dans la région, officiellement à des fins d’entraînement et de dissuasion. Toutefois, à Téhéran, cette annonce est interprétée comme un signal hostile supplémentaire, renforçant la perception d’une menace imminente de frappes.

En outre, Reuters a rapporté qu’un haut responsable iranien avait affirmé que toute attaque contre l’Iran serait assimilée à une « guerre totale ». Cette déclaration, formulée quelques jours avant l’avertissement adressé aux pays voisins, montre une cohérence dans le discours iranien. L’Iran cherche ainsi à établir des lignes rouges claires, tant à l’intention de ses adversaires directs que de leurs partenaires régionaux. Par conséquent, le message adressé est double : dissuader toute frappe et décourager toute mise à disposition de territoire.

De plus, la présence accrue de forces navales américaines dans les eaux régionales constitue un facteur aggravant. Selon China Daily, le déploiement d’un groupe aéronaval américain a été perçu par l’Iran comme une provocation stratégique. Cette perception alimente un climat de méfiance généralisée, où chaque mouvement militaire est analysé comme une préparation possible à l’action. Dès lors, l’Iran ajuste son discours pour élargir le champ de sa dissuasion et rappeler que les conséquences d’une escalade ne seraient pas limitées à un affrontement bilatéral.

Dans cette optique, l’Iran utilise le levier verbal comme un outil militaire à part entière. En désignant explicitement le territoire des voisins comme un facteur déterminant, Téhéran cherche à compliquer la planification opérationnelle de toute frappe future. Ainsi, les pays de la région sont placés devant un dilemme stratégique, car leur positionnement pourrait les exposer directement à des représailles.


Réactions régionales : le territoire comme ligne de démarcation

Face à ces menaces, plusieurs États voisins ont rapidement clarifié leur position. Les Émirats arabes unis ont ainsi réaffirmé qu’ils n’autoriseraient pas l’utilisation de leur territoire ou de leur espace aérien pour des actions hostiles contre l’Iran. Selon le Times of India, cette position a été officiellement rappelée le 26 janvier 2026, soulignant la volonté d’Abou Dhabi de se tenir à l’écart de toute frappe visant l’Iran.

De même, l’Arabie saoudite a fait savoir qu’elle ne permettrait pas que son territoire serve de base à des opérations militaires contre l’Iran. En effet, Riyad cherche à éviter toute escalade susceptible de transformer une tension régionale en conflit ouvert impliquant plusieurs États.

Cependant, cette prudence n’efface pas les ambiguïtés persistantes. D’une part, ces pays restent liés à des accords de sécurité avec les États-Unis. D’autre part, l’Iran demeure méfiant quant à la réalité de ces engagements de neutralité. Ainsi, même si les déclarations officielles se veulent rassurantes, l’Iran maintient son avertissement et considère que seul le respect strict de ces engagements préservera un statut non hostile.

Dans ce contexte, le territoire devient une ligne de démarcation politique et militaire. Chaque pays voisin est désormais sommé de définir clairement sa posture. Par conséquent, l’Iran impose une forme de responsabilisation régionale, où l’inaction ou la complaisance pourraient être interprétées comme une complicité. Cette approche renforce la tension, car elle réduit les marges de manœuvre diplomatiques tout en augmentant la pression sur les alliances existantes.




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