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OTAN : l’Europe peut-elle se défendre sans les États-Unis ?




Publié par La Rédaction le 27 Janvier 2026

Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé le 26 janvier que l’Europe n’était pas en mesure d’assurer sa défense sans l’appui des États-Unis. Cette déclaration, prononcée devant le Parlement européen, a ravivé un débat ancien mais redevenu central sur la dépendance sécuritaire du continent et sur les limites de l’autonomie stratégique européenne.



Mark Rutte à la Haye en 2019 - Creative commons
Mark Rutte à la Haye en 2019 - Creative commons
Selon Defense News, Mark Rutte a jugé illusoire l’idée selon laquelle l’Europe pourrait se défendre seule à court ou moyen terme. Il a insisté sur le fait que la sécurité européenne repose aujourd’hui sur une combinaison de capacités européennes et américaines, et que toute remise en cause de ce lien transatlantique poserait un risque majeur pour la dissuasion collective. Le secrétaire général a notamment souligné le rôle clé joué par les capacités américaines au sein de l’Alliance, sans lesquelles la posture de défense actuelle de l’Europe ne serait pas soutenable.

Une déclaration qui heurte la vision française

Ces propos ont suscité des réserves du côté français. La France a exprimé son désaccord avec cette lecture jugée trop restrictive, rappelant sa position en faveur d’un renforcement des capacités européennes au sein de l’OTAN. Paris ne remet pas en cause l’Alliance atlantique, mais défend depuis plusieurs années l’idée que l’Europe doit être en mesure d’assumer davantage de responsabilités en matière de défense, afin de réduire sa dépendance stratégique.

La prise de position de Mark Rutte intervient dans un contexte marqué par des interrogations croissantes sur la solidité du lien transatlantique et sur la capacité des Européens à faire face seuls à des crises majeures. Elle met en lumière une fracture persistante entre une vision atlantiste assumée, centrée sur l’indispensable rôle des États-Unis, et une approche plus européenne de la défense, défendue notamment par la France.

L’échange illustre ainsi un débat de fond qui traverse l’OTAN et l’Union européenne : comment renforcer les capacités militaires européennes sans affaiblir l’Alliance, et jusqu’où peut aller l’autonomie stratégique sans remettre en cause l’architecture de sécurité héritée de la Guerre froide.




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