Une trajectoire construite sur le long terme
Originaire de Tomsk, en Sibérie, Nomma Zarubina s’installe aux États-Unis en 2016 après des études supérieures à Moscou. Elle travaille rapidement pour Elena Branson au sein du Russian Center New York, une structure culturelle financée et orientée par les autorités russes. Dès cette période, son activité repose sur un principe central du renseignement : créer du lien, multiplier les contacts, s’inscrire dans la durée. Conférences, forums, cercles universitaires, événements militants : Zarubina devient une figure familière des milieux russophones et progressistes de la côte Est.
Selon les documents judiciaires américains, c’est à partir de décembre 2020 qu’elle entre en contact régulier avec un officier du FSB. Un accord est signé. Un nom de code lui est attribué. Une liste de personnes d’intérêt circule. La logique n’est pas celle d’une espionne clandestine, mais celle d’un “agent d’accès”, chargé de préparer le terrain, d’identifier des profils exploitables, de cartographier des réseaux.
Selon les documents judiciaires américains, c’est à partir de décembre 2020 qu’elle entre en contact régulier avec un officier du FSB. Un accord est signé. Un nom de code lui est attribué. Une liste de personnes d’intérêt circule. La logique n’est pas celle d’une espionne clandestine, mais celle d’un “agent d’accès”, chargé de préparer le terrain, d’identifier des profils exploitables, de cartographier des réseaux.
Mentir au FBI, ou la ligne rouge américaine
Entre 2020 et 2024, Zarubina est auditionnée à plusieurs reprises par le FBI dans le cadre d’enquêtes visant d’autres ressortissants russes, dont Elena Branson. À ces occasions, elle minimise ou dissimule ses échanges avec le FSB. C’est précisément ce mensonge répété qui fonde l’essentiel de l’acte d’accusation, bien plus que la nature de ses activités de réseautage.
Le 21 novembre 2024, elle est arrêtée. Libérée sous caution, elle viole ensuite les conditions de sa liberté surveillée en envoyant des dizaines de messages nocturnes à un agent fédéral, souvent en état d’ébriété. Le juge, peu sensible à ses explications, ordonne son incarcération provisoire. L’épisode illustre la brutalité procédurale du système américain dès lors qu’une ligne est franchie, mais aussi la fragilité psychologique fréquente de ce type de profils pris entre deux services.
Le 21 novembre 2024, elle est arrêtée. Libérée sous caution, elle viole ensuite les conditions de sa liberté surveillée en envoyant des dizaines de messages nocturnes à un agent fédéral, souvent en état d’ébriété. Le juge, peu sensible à ses explications, ordonne son incarcération provisoire. L’épisode illustre la brutalité procédurale du système américain dès lors qu’une ligne est franchie, mais aussi la fragilité psychologique fréquente de ce type de profils pris entre deux services.
Un modèle déjà vu : Butina, Burlinova, Ionov
Le cas Zarubina n’est ni isolé ni exceptionnel. Il s’inscrit dans une série désormais bien connue : Maria Butina, Natalia Burlinova, Aleksandr Ionov. Tous ont en commun une stratégie identique : agir à visage découvert, sous couvert d’activités civiles, culturelles ou académiques, tout en restant en lien avec des officiers traitants.
Les autorités américaines identifient régulièrement une même structure de pilotage au sein du FSB, chargée de la “protection de l’ordre constitutionnel”. Il ne s’agit pas d’opérations spectaculaires, mais d’un travail patient d’influence et de pénétration des écosystèmes occidentaux, en particulier universitaires et médiatiques. À ce titre, le passage éclair de Zarubina par le Center for Strategic and International Studies à Washington, avant la suppression de son profil, constitue un signal faible mais révélateur.
L’affaire Nomma Zarubina rappelle une réalité souvent mal comprise : le renseignement russe ne recherche pas des agents sacrifiables, mais des trajectoires exploitables dans le temps. Réseautage, influence douce, accès aux cercles décisionnels : la méthode est ancienne, éprouvée, et toujours active. Derrière l’anecdote judiciaire et les messages alcoolisés, c’est bien une mécanique froide et structurée du renseignement d’influence qui se dessine — et que les services occidentaux cherchent à contrer durablement.
Les autorités américaines identifient régulièrement une même structure de pilotage au sein du FSB, chargée de la “protection de l’ordre constitutionnel”. Il ne s’agit pas d’opérations spectaculaires, mais d’un travail patient d’influence et de pénétration des écosystèmes occidentaux, en particulier universitaires et médiatiques. À ce titre, le passage éclair de Zarubina par le Center for Strategic and International Studies à Washington, avant la suppression de son profil, constitue un signal faible mais révélateur.
L’affaire Nomma Zarubina rappelle une réalité souvent mal comprise : le renseignement russe ne recherche pas des agents sacrifiables, mais des trajectoires exploitables dans le temps. Réseautage, influence douce, accès aux cercles décisionnels : la méthode est ancienne, éprouvée, et toujours active. Derrière l’anecdote judiciaire et les messages alcoolisés, c’est bien une mécanique froide et structurée du renseignement d’influence qui se dessine — et que les services occidentaux cherchent à contrer durablement.

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