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Installation de Qwant comme moteur de recherche dans les administrations française : cette décision va-t-elle changer les choses ?




Publié par Emilie Duchamp le 11 Mai 2020

Depuis janvier dernier, le moteur de recherche français Qwant est devenu le moteur de recherche installé par défaut dans les administrations françaises. Cette décision a pour but de favoriser cette entreprise nationale mais aussi d’assurer à ses utilisateurs une plus grande protection de leurs données.



Les atouts de Qwant

Le passage de Google à Qwant comme moteur de recherche intervient suite à une volonté de Cédric O, le secrétaire d’état chargé du numérique, de permettre à Qwant d’augmenter sa part de marché qui reste très faible comparée à celle du géant américain sur le marché français, ainsi que d’assurer une meilleure protection des données des agents du service public. Avant d’être choisis, les algorithmes de Qwant ont été audités afin de s’assurer de la qualité et de la pertinence des recherches et de la conformité de sa politique de confidentialité par la direction interministérielle du numérique (Dinum), avec le renfort notamment de l’Anssi (L'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information) et de la Cnil (la Commission nationale de l'informatique et des libertés).

Qwant a donc su convaincre grâce notamment à sa politique de confidentialité, qui assure qu’aucun cookie de traçage ne soit stocké lors des recherches, l’historique de recherche n’est pas conservé, et les requêtes sont anonymisées car la recherche est dissociée de l’adresse IP avec laquelle elle est effectuée. De plus, le moteur de recherche est français, ce qui permet d’éviter que des règlementations étrangères n’entrent en jeu concernant la politique de confidentialité, comme cela pourrait être le cas avec Google ou un autre moteur de recherche étranger. Un des critiques qui pourrait être adressée à Qwant est néanmoins que les recherches sont moins précises et personnalisées que sur Google notamment, mais cela est directement lié au fait que Google conserve beaucoup plus de données personnelles pour correspondre au mieux aux recherches. 

Les dangers des moteurs de recherche du point de vue de l’intelligence économique

Si la protection des données est un tel sujet pour les administrations et notamment celles qui traitent d’informations sensibles voire secrètes, c’est que les moteurs de recherche possèdent un réel pouvoir aujourd’hui, notamment car leur bénéfice est fondé sur la revente des informations collectées grâce aux mots-clés et aux recherches effectuées par ses utilisateurs. Grâce au système d’indexation des algorithmes de ces moteurs de recherche il peut également exister un risque de manipulation des utilisateurs et des informations sensibles peuvent tomber entre de mauvaises mains et ainsi, par la négligence de fonctionnaires, par exemple des employés qui traduiraient des documents plus ou moins confidentiels en utilisant des traducteurs automatiques des moteurs de recherche, devenir de réelles menaces.

On pourrait par exemple citer la très médiatisée affaire Snowden, qui a permis de révéler l’espionnage par les Etats-Unis de certains de ses alliés grâce au programme de surveillance électronique Prism, qui a permis à la NSA (National Security Agency) d’avoir un accès direct aux données hébergées par des géants américains des nouvelles technologies comme Google, Microsoft ou Yahoo. Avoir recours à un moteur de recherche européen n’est évidemment pas la panacée mais permettrait en partie de limiter l’emprise de sociétés étrangères et notamment américaine sur les administrations françaises.

Cette décision sera-t-elle vraiment efficace ?

Cette décision va dans le bon sens car elle permet à la France de retrouver une part de souveraineté concernant le traitement des données, néanmoins, si c’est bien Qwant qui est installé par défaut sur les ordinateurs et les téléphones des fonctionnaires, ils sont libres de le changer pour tout autre moteur de recherche qui leur conviendrait mieux, or Google reste le moteur de recherche le plus utilisé en France (plus de 90% de part de marché en France en mars 2020). On peut donc imaginer qu’un grand nombre de fonctionnaires changeront son moteur de recherche pour retrouver les fonctionnalités qu’ils connaissent déjà et qu’ils utilisent sur leurs appareils privés.

Enfin, la question du lien entre intelligence économique et moteur de recherche repose également en grande partie sur la négligence des utilisateurs qui ne se rendent pas compte des informations qui peuvent récupérer sur eux et leurs activités grâce uniquement à leurs recherches sur internet, cette mesure doit donc s’accompagner d’une campagne de sensibilisation auprès des fonctionnaires pour qu’ils utilisent de façon plus responsable les outils qui sont mis à leur disposition.  
 




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