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Eric Denécé : "La nouvelle guerre secrète"




Publié par Interview Bertrand Coty le 26 Septembre 2021



Éric Denécé, vous publiez aux éditions Mareuil, avec Alain-Pierre Laclotte, La nouvelle guerre secrète. Quelles sont les origines des unités clandestines qui la mènent ?
 
Dans le cadre de la lutte antiterroriste, ces unités sont venues combler le vide entre les services secrets et les forces spéciales. Ce sont de petites unités de renseignement et de ciblage opérant sur tous les théâtres d’opérations, le plus souvent clandestinement – donc en contravention avec les Conventions de Genève – au profit des interventions des forces spéciales lesquelles ont besoin d’informations extrêmement précises et actualisées avant de lancer leurs opérations. Les unités militaires clandestines ne sont toutefois pas nées avec la lutte contre Al-Qaïda et Daesh. Elles sont apparues au cours des années 1970, au Royaume-Uni, au sein de la British Army afin de lutter contre l’IRA en Ulster. Puis les Israéliens les ont à leur tour développés pour infiltrer et neutraliser les mouvements palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.
 
Quelles sont les missions de ces unités actuellement ? Sous quel commandement et comment opèrent-elles ? 
 
Ce sont des unités militaires, fonctionnant sur un mode militaire (hiérarchie, grade, etc.) et au profit des armées, généralement d’un commandant de théâtre ou de l’état-major central.
Elles opèrent généralement en civil pour leurs missions de renseignement, mais utilisent toutefois les moyens des armées pour leurs insertions et leurs extractions et sont dotées du même type d’équipements que les forces spéciales, dont la majorité de leurs membres sont issus.
En Israël, elles opèrent principalement sur le territoire national. Cela a été aussi longtemps le cas au Royaume-Uni, toutefois, depuis les années 2000, elles sont de plus en plus fréquemment déployées sur les théâtres d’intervention (Irak, Afghanistan, etc.). En ce qui concerne les États-Unis, ces unités ne sont déployées qu’à l’étranger, afin de lutter, partout dans le monde, contre le terrorisme et les États « voyous » (Corée du Nord, Russie, Chine, Iran, etc.).
 
Leurs missions comme leurs moyens échappent il a tout contrôle ? 
 
C’est là un point crucial. En effet, outre-Manche, mais surtout outre-Atlantique, ces unités échappent le plus souvent à tout contrôle démocratique des parlementaires. De nombreuses dérives ont été observées côté britannique en Irlande du Nord (exécutions sommaires, liens avec les groupes terroristes protestants contre l’IRA, etc.). Aux États-Unis, le Pentagone – qui est beaucoup moins contrôlé que la CIA – a développé ce type d’unités qu’il dissimule et finance sous des Black Programs, autant pour échapper à la surveillance des services adverses et des terroristes qu’à celle du Congrès. Et cela arrange aussi la CIA qui confie à ces forces particulières les missions qu’elle ne peut plus ou ne sait plus faire.
 
La France dispose-t-elle, selon vous, d’une unité clandestine ?  Ou devrait-elle en être dotée ?
 
Non, la France ne dispose pas d’unités militaires clandestines au sens propre. Certes, le Service Action de la DGSE est une unité composée de militaires détachés auprès de cet organisme, chargés d’opérations clandestines. Mais ils n’opèrent pas sous l’autorité des armées ni à leur profit. Leur action n’est donc pas comparable à celle des unités militaires clandestines américaines, israéliennes ou britanniques. Leur rôle est similaire à celui du Special Activities Center de la CIA.

La raison en est que la France dispose de la Gendarmerie nationale, force militaire de sécurité intérieure, qui serait chargée, en cas de conflit intérieur type Irlande du Nord ou Gaza, de conduire des opérations de renseignement et d’interpellation. C’est notamment parce que ni les États-Unis, ni le Royaume-Uni, ni Israël ne disposent d’une telle force, qu’ils ont confié à leurs militaires des missions de renseignement antiterroriste.
 




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