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Conseil de Sécurité : cinq nouveaux membres élus pour les sièges 2026-2027




Publié par Jehanne Duplaa le 2 Janvier 2026

Cinq États ont rejoint le cercle stratégique du Conseil de Sécurité, à l’issue d’une élection très suivie à l’Assemblée générale des Nations unies. Derrière ce vote, des équilibres régionaux, des enjeux militaires et diplomatiques majeurs, et une recomposition partielle des rapports de force internationaux autour des sièges non permanents du Conseil de Sécurité.



Le 3 juin 2025, à New York, l’Assemblée générale des Nations unies a procédé à l’élection de cinq nouveaux membres appelés à occuper des sièges non permanents au Conseil de Sécurité pour la période 2026-2027. Cette élection, centrale pour la gouvernance sécuritaire mondiale, a désigné Bahreïn, la Colombie, la République démocratique du Congo, la Lettonie et le Libéria. Le Conseil de Sécurité, organe clé chargé du maintien de la paix internationale, voit ainsi sa composition partiellement renouvelée à compter du 1ᵉʳ janvier 2026.

Les résultats du scrutin et la répartition des sièges au Conseil de Sécurité

L’élection des nouveaux membres du Conseil de Sécurité s’est déroulée en un seul tour, ce qui demeure relativement rare compte tenu des équilibres diplomatiques habituellement nécessaires pour atteindre la majorité requise. Selon les données officielles, 188 États-membres ont pris part au vote, confirmant une forte mobilisation autour de ces sièges stratégiques du Conseil de Sécurité. Dans ce contexte, Bahreïn a recueilli 186 voix, la République démocratique du Congo 183 voix, le Libéria 181 voix, la Colombie 180 voix et la Lettonie 178 voix, selon les chiffres publiés par CNEWS.

Ces résultats traduisent une légitimité diplomatique solide pour chacun des membres élus, mais également une reconnaissance régionale déterminante. En effet, les sièges au Conseil de Sécurité sont répartis selon des groupes géographiques précis, afin de garantir un équilibre entre continents. Ainsi, Bahreïn représente l’Asie-Pacifique, la Colombie l’Amérique latine, la RDC et le Libéria l’Afrique, tandis que la Lettonie occupe le siège réservé à l’Europe orientale. Ce mécanisme électoral, bien que souvent critiqué, demeure central dans le fonctionnement du Conseil de Sécurité.

Par ailleurs, ces nouveaux membres succèdent à l’Algérie, au Guyana, à la République de Corée, à la Sierra Leone et à la Slovénie, dont les mandats arrivent à échéance au 31 décembre 2025. Ce renouvellement partiel modifie la dynamique interne du Conseil de Sécurité, notamment dans les débats liés aux conflits armés, aux opérations de maintien de la paix et aux sanctions internationales, des domaines où les votes des membres non permanents peuvent s’avérer décisifs.


Le rôle stratégique des membres non permanents au Conseil de Sécurité

Contrairement à une idée répandue, les membres non permanents du Conseil de Sécurité ne se contentent pas d’un rôle secondaire. Bien qu’ils ne disposent pas du droit de veto réservé aux cinq membres permanents, ils participent pleinement aux discussions, à la rédaction des résolutions et aux votes. Dans de nombreuses situations, leur position peut influencer l’issue des délibérations, notamment lorsque les équilibres entre puissances permanentes sont fragiles.

Dans cette perspective, l’arrivée de la République démocratique du Congo au Conseil de Sécurité revêt une dimension particulière. Le pays, confronté à des défis sécuritaires majeurs sur son territoire, notamment dans l’est, entend porter une voix africaine centrée sur la stabilisation régionale et la réforme des opérations de paix. Selon RFI, la RDC effectue ainsi un retour remarqué au Conseil de Sécurité, avec l’ambition affichée de peser sur les dossiers liés aux conflits armés et au terrorisme transfrontalier.

De son côté, la Lettonie siège pour la première fois au Conseil de Sécurité, un événement significatif pour cet État balte membre de l’Union européenne et de l’OTAN. Cette première participation intervient dans un contexte de tensions accrues en Europe orientale, ce qui confère à ce siège une portée stratégique renforcée. Les positions lettones sur la sécurité collective, la dissuasion et le respect du droit international devraient ainsi trouver un écho particulier au sein du Conseil de Sécurité.


Enjeux militaires et diplomatiques liés aux nouveaux sièges du Conseil de Sécurité

L’élection de ces cinq nouveaux membres intervient dans un environnement international marqué par la multiplication des crises armées, des conflits gelés et des rivalités de puissance. Le Conseil de Sécurité reste l’organe central pour autoriser les opérations militaires multinationales, imposer des embargos sur les armes ou décider de sanctions économiques. À ce titre, chaque siège non permanent constitue un levier diplomatique non négligeable.

Bahreïn, allié stratégique de plusieurs puissances occidentales au Moyen-Orient, pourrait ainsi jouer un rôle actif dans les dossiers liés à la sécurité maritime et à la stabilité du Golfe. Le Libéria, fort de son expérience post-conflit et de sa coopération passée avec les missions onusiennes, apporte quant à lui une expertise reconnue sur les processus de désarmement et de reconstruction. La Colombie, engagée dans la consolidation de son propre processus de paix, entend promouvoir une approche intégrée associant sécurité, développement et dialogue politique au sein du Conseil de Sécurité.

Dans le même temps, la composition globale du Conseil de Sécurité demeure inchangée dans sa structure. L’organe compte toujours 15 membres, dont cinq permanents disposant du droit de veto. Ces derniers, à savoir la Chine, les États-Unis, la Russie, la France et le Royaume-Uni, conservent une influence prépondérante sur les décisions les plus sensibles. Néanmoins, les dix membres non permanents, par leur diversité géographique et politique, contribuent à façonner les débats et à introduire des priorités parfois absentes des agendas des grandes puissances.

L’élection de ces cinq nouveaux membres illustre enfin la persistance d’un consensus minimal autour du rôle du Conseil de Sécurité, malgré les critiques récurrentes sur son efficacité et sa représentativité. Dans un contexte international fragmenté, ce scrutin rappelle que, pour de nombreux États, siéger au Conseil de Sécurité demeure un instrument essentiel de projection diplomatique et de participation aux décisions sécuritaires mondiales.




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