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Comment la Chine utilise les biens à double usage pour faire pression sur le Japon




Publié par Jehanne Duplaa le 7 Janvier 2026

La Chine a franchi un seuil stratégique en interdisant l’exportation de biens à double usage vers le Japon, des produits civils susceptibles de renforcer l’appareil militaire de Tokyo. Derrière cette décision brutale, Pékin cible directement l’industrie de défense japonaise et l’accès aux terres rares, ressources clés pour les armements modernes, tout en durcissant un rapport de force régional déjà explosif.



Le 6 janvier 2026, la Chine a officiellement annoncé un durcissement majeur de ses contrôles à l’exportation à destination du Japon, visant explicitement les biens à double usage civil et militaire. Cette mesure, décidée par le ministère chinois du Commerce, s’inscrit dans un contexte de rivalités sécuritaires accrues en Asie orientale, alors que Tokyo renforce rapidement ses capacités militaires et que Pékin affirme sa ligne rouge sur Taïwan.

La Chine durcit ses exportations de biens à double usage vers le Japon

La Chine a confirmé l’interdiction immédiate d’exporter tout bien à double usage susceptible de renforcer les capacités militaires japonaises. Cette décision couvre aussi bien les équipements, que les logiciels ou les technologies pouvant être détournés à des fins militaires. Selon le ministère chinois du Commerce, ces restrictions relèvent d’impératifs de sécurité nationale et visent exclusivement les utilisateurs finaux liés à l’armée japonaise, selon La Tribune.

Dans le même temps, la Chine n’a publié aucune liste précise des produits concernés. Cette absence de transparence accroît l’incertitude pour les industriels japonais, notamment dans l’électronique, l’aéronautique et la défense. D’après Reuters, Pékin se réserve une large marge d’interprétation sur ce qui constitue un renforcement militaire, ce qui étend de facto le champ de l’interdiction.


La Chine cible indirectement l’industrie de défense et les terres rares japonaises

Au-delà de l’exportation de technologies sensibles, la Chine frappe un nerf stratégique : les terres rares. Ces minerais sont indispensables à la fabrication de radars, de moteurs électriques, de missiles guidés et de systèmes de communication militaires. Or, près de 70 % des importations japonaises de terres rares proviennent de Chine, selon Channel News Asia.

Les conséquences économiques potentielles sont considérables. Des économistes estiment qu’un blocage prolongé pourrait coûter environ 660 milliards de yens à l’économie japonaise sur trois mois, soit environ 4,2 milliards d’euros. Cette dépendance structurelle expose directement Tokyo, dont l’industrie de défense repose largement sur ces approvisionnements chinois difficiles à substituer à court terme.


La Chine assume un bras de fer stratégique avec Tokyo

La Chine justifie cette interdiction par des considérations géopolitiques explicites. Pékin reproche au Japon ses prises de position répétées sur Taïwan et son alignement stratégique avec les États-Unis. Selon l’agence officielle chinoise Xinhua, le gouvernement estime que certaines déclarations japonaises violent le principe d’une seule Chine et constituent une ingérence directe dans ses affaires intérieures.

À Tokyo, la réaction a été immédiate. Le secrétaire général du gouvernement japonais a qualifié la décision chinoise d’absolument inacceptable et de rupture avec les pratiques commerciales internationales. Le Japon a déposé une protestation diplomatique formelle auprès de Pékin, tout en évaluant des mesures de diversification industrielle pour réduire sa dépendance à la Chine.




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