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Citelum : une nouvelle vision de la ville grâce à l’éclairage connecté



Publié par Christophe Moreau le 16 Août 2018

Citelum, spécialiste français de l’éclairage urbain depuis 1993, met en œuvre aujourd’hui les technologies les plus avancées en matière de gestion centralisée des infrastructures pour aider les villes à aller dans le sens d’une transition énergétique maîtrisée. Comment ce changement de vision s’est-il opéré ? Retour sur les grandes étapes de cette mutation industrielle à l’échelle mondiale.



Citelum (comme cité et lumière) est un acteur historique de l’éclairage urbain. Et non des moindres : avec 3 000 salariés, 300 millions de chiffre d’affaires (dont 82 % à l’international), Citelum éclaire 25 millions de personnes dans un millier de villes à travers le monde.

Alors que l’entreprise s’est construite depuis 1993 autour du métier de l’éclairage urbain, Carmen-Munoz-Dormoy, directrice générale de Citelum depuis 2016, offre aujourd’hui une vision qui intègre la dimension environnementale : « A la base notre métier consiste à générer des économies d’énergie » (1). Une mutation remarquable qui s’est opérée en moins de vingt ans. 

De l’incubation à l’internationalisation
Citelum est créée en 1993 à Paris pour gérer les contrats de conception, rénovation et maintenance de l’éclairage urbain. « Tout est né de la volonté de développement d’EDF dans l’éclairage public. Comme son principe de spécialité ne l’autorisait pas à exercer cette activité en direct, une structure dédiée a été créée », expliquait alors Michel Tesconi, qui restera Président-directeur général de Citelum jusqu’en 2014. Son credo managérial : « s’entourer de gros calibres » pour anticiper la croissance (2). Fin 1994, la barre des cinquante salariés est franchie, et dès 1997 un changement de cap s’amorce : « J’ai dû casser l’organisation géographique pour mettre en place une organisation par métiers ». À partir de 1998 l’équilibre est atteint, et Citelum trouve sa place sur le marché de l’éclairage public (3).
C’est alors qu’en 2000 l’électricien français apporte 100 % de Citelum au groupe Dalkia, le précurseur de la performance énergétique en France. Un signal fort pour, selon les vœux de Michel Tesconi, lancer Citelum à international. La percée débute par l’Europe et les pays de l’Est. Suivront le Brésil, le Mexique puis l’Asie. En février 2004, la joint-venture Oriental Pearl-Citelum Lighting Design Co Ltd voit le jour en Chine. Citelum vend de la lumière aux collectivités comme d’autres vendent du luxe. Car « le vrai lux(e), c’est la lumière ». Une vraie success story. En 2003, l’ex-PME compte déjà 1300 salariés et huit filiales dans le monde.
De l’éclairage à la performance énergétique
En 2010, Citelum conforte ses positions aux États-Unis avec un gros contrat avec la ville de Washington qui porte sur l’exploitation de 71 000 points lumineux et qui fait la part belle à l’efficacité énergétique. Le tournant est pris. La société d’éclairage public et d’équipement électrique urbain engrange les signatures et ne cesse d’accroître son activité à l’étranger.
Citelum revient dans le giron d’EDF en 2014 au travers de sa filiale EDF développement environnement (EDEV). EDF enrichi t de la sorte son offre de services aux collectivités territoriales et s’associe  plus efficacement à leur avenir énergétique. Citelum devient le bras armé de l’offre de services du groupe autour de l’éclairage public en France et à l’étranger, mettant en avant de nouvelles réponses pour l’aménagement d’écoquartiers. La gouvernance de l’entreprise évolue aussi, EDF Solutions énergétiques rassemblant désormais en son sein les filiales d’EDF axées sur l’énergie (Dalkia, Citelum, Sodetrel, etc.) et couvrant ainsi l’ensemble des besoins de la chaîne énergétique : de la production décentralisée à l’installation de solutions bas carbone, en passant par l’exploitation et le pilotage des équipements.
 
De l’économie d’énergie à l’éclairage connecté
 
En 2016, Carmen Munoz-Dormoy, nouvelle directrice générale de Citelum, ouvre trois grands chantiers : rationalisation des implantations à l’étranger pour être en accord avec la stratégie internationale d’EDF ; implémentation de la culture EDF en matière de santé, de sécurité et de prévention des risques ; définition de la stratégie de croissance et des objectifs de développement commercial de Citelum dans les pays jugés prioritaires, Amériques et Europe en tête.
 
Sous son impulsion, Citelum passe définitivement au pilotage centralisé des infrastructures urbaines, et pas seulement d’éclairage. « Nous sommes un intégrateur de technologies : nous allons chercher les meilleures technologies qui permettent de répondre aux problématiques de nos clients » explique-t-elle (4). Pour cela, Citelum dispose d’un atout puissant, à savoir MUSE, une plateforme collaborative de gestion de l’espace urbain qui a été mise en œuvre pour la première fois dans le cadre d’un grand projet emblématique à Copenhague (5). Une clé pour les développements à venir. Grâce à cet outil de télégestion de l’espace urbain, les villes peuvent recenser tous leurs équipements connectés et gérer en toute transparence les interventions de leurs différents prestataires. Les villes enregistrent l’ensemble de leurs installations et valident avec Citelum les fonctionnalités à paramétrer comme l’allumage et l’éclairage à distance des luminaires. Les différents acteurs sont ensuite formés à l’utilisation de l’outil et chacun peut suivre en temps réel l’évolution des interventions ainsi que les actions qui lui sont attribuées.
MUSE permet également aux villes d’analyser les données générées par les différents équipements et d’identifier les leviers pour améliorer leur performance énergétique.
Pour les clients de Citelum, c’est un grand pas vers la Smart City, la ville intelligente. Copenhague, Palma de Majorque et bien d’autres villes empruntent ce chemin avec succès.
Plus récemment, Dijon suit la même voie avec son projet OnDijon. Les services de la ville, gérés depuis le centre de pilotage connecté, devront atteindre des objectifs chiffrés : 65 % d’économies d’énergies sur l’éclairage public, 99 % de disponibilité des systèmes informatiques, une réduction des délais d’intervention sur l’espace public, etc.
De la technologie au bien-être

Pour répondre au mieux aux besoins de ses clients, Citelum continue à s’entourer de partenaires qui complètent son offre de technologies de pointe. Le dernier partenariat en date, avec Lucibel, permet, par exemple, à Citelum de proposer à ses clients la technologie Li-Fi, une technologie de communication sans fil basée sur l’utilisation de la lumière. En arrière-plan, une question de bien-être pour les citoyens des villes : « La plupart du temps, les collectivités ne veulent pas une technologie en particulier, mais simplement améliorer le bien-être de leurs citoyens. Nous sommes là pour transformer cette volonté politique en projet concret par le moyen de la technologie », résume-t-elle.
Avec maintenant un horizon à long terme clairement affiché : « Nous nous inscrivons dans la stratégie Cap 2030 d’EDF qui est fondée sur trois grands axes : le développement d’une énergie bas carbone ; la proximité territoriale et le développement des services ; le développement à l’international ». Une stratégie visant en effet à produire des économies d’énergie et une meilleure efficience énergétique, au bénéfice du plus grand nombre — et le plaisir des yeux en prime (6).
 
 
(1) https://www.rse-magazine.com/Une-strategie-de-RSE-eclairee-entretien-avec-Carmen-Munoz-Dormoy-directrice-generale-de-Citelum_a2754.html
(2) https://www.lemoniteur.fr/article/michel-tesconi-p-dg-de-citelum.1847799
(3) https://www.lemoniteur.fr/article/michel-tesconi-directeur-general-de-citelum-nous-avons-trouve-notre-place-sur-le-marche-de-l-eclairage-public.1555439
(4)  http://www.leparisien.fr/economie/citelum-eclaire-votre-vi-ll-e-13-11-2017-7390530.php
(5) https://www.urbanews.fr/2018/06/11/53041-copenhague-le-bon-exemple/
(6) http://www.economiematin.fr/news-citelum-exporte-la-smart-city-a-la-francaise