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2019, l’année de la restructuration d’EDF ?



Publié par Laurence Michel le 7 Décembre 2018

À la demande du Gouvernement, EDF réfléchirait à l’évolution de son périmètre. L’électricien prévoirait une nationalisation du nucléaire et une privatisation des énergies renouvelables.



Après la SNCF et La Poste, la grande réforme d’EDF pourrait être lancée en 2019. Indice de poids, le Premier ministre, Édouard Philippe, a reconnu avoir demandé à EDF de lui proposer des pistes de transformation. En réalité, les grandes lignes du projet seraient déjà prêtes et auraient été préparées par l’ancien directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal (1).

Sanctuariser le nucléaire

L’idée de départ est la suivante : le coût du nucléaire ne cesse de croître et les investisseurs s’en détourne, ce qui pèse sur le cours en Bourse. Le nucléaire ne pouvant plus être soumis aux aléas du marché, Il faudrait le sanctuariser. Il faudrait donc isoler le nucléaire du reste des activités pour donner de l’air au groupe.

À cette fin, une structure, détenue à 100 % par l’État, pourrait être créée au-dessus d’EDF pour abriter tout le nucléaire français. Concrètement, il s’agirait de nationaliser la totalité de l’activité nucléaire, qui serait ensuite régulée par des prix fixes, coupés des prix de marché, afin d’engendrer des revenus stables.

Privatiser le renouvelable

Par ailleurs, il faudrait remettre en Bourse le nouveau périmètre d’EDF, composé des énergies renouvelables, des réseaux de distribution (Enedis) et des services. En contrepartie de la nationalisation du nucléaire, l’État pourrait ainsi privatiser le reste des activités d’EDF. En sanctuarisant le nucléaire, il pourrait être politiquement justifié pour l’Etat de descendre à 30 % dans les autres métiers, comme il l’a déjà fait chez Engie.
Cela pourrait permettre à EDF de lever plusieurs milliards d’euros permettant de financer le développement des énergies renouvelables. L’État récupérerait une belle somme par la même occasion.

Et la dette d’EDF ?

EDF et l’État, son actionnaire à 84 %, devraient cependant régler deux problèmes.
Le premier est celui de la dette d’EDF qui se chiffre à 37 milliards d’euros. Où placer cette dette, du côté du nucléaire nationalisé ou du côté des énergies renouvelables privatisées ? Mais elle est trop lourde pour être logée d’un seul côté, et surtout pas dans l’activité qui resterait en Bourse… Dans ces conditions, l’État pourrait-il encore s’endetter pour reprendre la dette comme pour celle de la SNCF ?
Le deuxième problème serait de convaincre Bruxelles des bienfaits de ce projet de renationalisation d’une partie de l’ancien monopole. Obstacle loin d’être négligeable. La séparation de la production et de la distribution serait néanmoins un élément positif aux yeux de la Commission européenne.

Sera-t-il possible de réaliser la privatisation d’une partie d’EDF en 2020, juste après les privatisations d’ADP et de FDJ ? Par les temps qui courent, il est quand même difficile de se projeter…





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