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​Retour sur l’affaire Mahmoud Al-Mabhouh, Israël et les exécutions extrajudiciaires.




Publié par Henri Poisot le 16 Mai 2019

Mahmoud Al-Mabhouh est assassiné à Dubaï le 19 janvier 2010, il était un cadre important du Hamas et responsable de la création de sa branche armée en 1992, les brigades Izz al-Din al-Qassam.
Son assassinat par les services secrets israéliens a provoqué un scandale mondial nommé « Dubaïgate » après que les services dubaïotes ont réalisé une enquête très rapide et détaillée prouvant l’implication d’Israël dans la mort du Palestinien.



Mahmoud Al-Mabhouh était une cible de longue date pour la politique d’assassinat ciblé pratiqué par Israël à l’égard de ses ennemis, cette stratégie n’est pas cachée, mais le gouvernement israélien se garde bien le plus souvent de tous commentaires confirmant ou infirmant leur participation dans ces opérations « homo » (exécutions extrajudiciaires).

L’homme du Hamas était visé pour son action dans l’enlèvement et l’assassinat de deux soldats de Tsahal en 1989 et surtout pour son rôle en tant que chargé de l’approvisionnement en armes du « mouvement de résistance islamique ». Grâce par ses entregents il avait réussi à faire parvenir dans la bande de gaza des roquettes de bien meilleure qualité tant en portée qu’en charge utile.
Son assassinat à Dubaï aurait été réalisé par un groupe de 26 hommes et femmes du Kidon, le service action du Mossad.

La technique employée par les membres du Kidon pour procéder à l’élimination d’Al-Mabhouh n’a pas été totalement comprise ou révélée, mais il semble avoir été empoissonné par un produit provoquant un arrêt cardiaque.

Si l’opération en elle-même a été un succès, la cible a été éliminée, la police dubaïote a pu retracer les déplacements des membres du groupe d’espions et par exemple l’utilisation de faux passeports, créés en copiant des originaux appartenant à des étrangers ayant voyagé en Israël. L’utilisation de ces différentes nationalités (canadienne, britannique, française, américaine, etc.) a provoqué quelques réactions des pays respectifs, réactions finalement suivies de peu de conséquences diplomatiques, mais nécessaires pour ne pas perdre la face.

Le fait que les espions israéliens aient laissé tant de traces faisant preuve de peu de discrétion, parfois de façon comique en sortant des toilettes, déguisés de manière différente peut résulter de plusieurs facteurs. Soit le professionnalisme de la police locale a été largement sous-estimé, soit le Mossad a voulu prouver à ses ennemis qu’ils n’étaient nulle part à l’abri de sa loi du Talion.
 
Redécouvrez l’histoire des différentes unités des services israéliens et de leurs opérations dans le dernier livre de Jacques Borde : « Les services secrets israéliens. D’Eichmann à la guerre en Syrie. » parue chez VA Éditions.
 
 



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