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Pour son développement, l’Intelligence Artificielle peut-elle se passer des ressources naturelles ?




Publié par Benoit Bérard le 23 Avril 2019

L’Intelligence Artificielle (IA), bien qu’étant dans l’inconscient collectif un objet impalpable, abstrait, immatériel, a besoin de supports physiques, tant pour sa génération que pour son développement. Aujourd’hui, tous les usages de l’IA sont énergivores et consommateurs de ressources naturelles, aucun ne faisant exception à la règle. Cette consommation de ressources est sans cesse renouvelée du fait de l’obsolescence des supports, de la hausse de la puissance de calcul requise, du besoin en équipement et du remplacement des technologies.



Les ressources requises sont nombreuses. Citons le cas des minerais en tension (terres et métaux rares : Gallium, Yttrium…), dont l’exploitation se révèle des plus polluante, comme le rappelle Guillaume Pitron, ou le besoin énergétique pour faire fonctionner les supports, les Datacenters et autres moyens de générer l’IA et de l’exploiter.
Or, du fait de leur production dans des pays peu regardants sur les contraintes écologiques, l’extraction de ces minerais s’avère être un désastre silencieux. Prenons le cas des terres rares qui sont indispensables au développement des nouvelles technologies, mais aussi de l’IA. Leur exploitation est responsable d’une pollution considérable, car leur séparation requiert 2 tonnes de produits chimiques pour 1 tonne de terres rares produite. Les résidus souvent rejetés directement dans les nappes phréatiques ou la mer. L’exploitation de ces terres rares est gourmande en énergie, souvent carbonée lors de leur extraction, de leur raffinage et de leur transport.
La croissance de l’IA passera par une augmentation des supports physiques, consommateurs de ressources. Il est important d’avoir à l’idée de ne pas la sous-estimer dans l’avenir, du fait de son développement programmé.

Une compétition pour les ressources naturelles

Les ressources utiles à l’IA, que ce soit l’énergie ou les matières premières, sont sujettes à des tensions et à des compétitions sur plusieurs niveaux, du fait de la capacité de production et que nous vivons dans un monde fini.
Les premières tensions et compétitions sont intersectorielles et freinent à ce jour le développement de l’IA, car les ressources utiles sont partagées entre plusieurs secteurs (énergies vertes, armement, batteries…) et font l’objet d’une rude compétition pour leurs accaparations.
Les secondes sont intrasectorielles entre les différents géants du composant électronique qui tentent de s’accaparer les ressources disponibles en premier, pour favoriser leur développement.
Les troisièmes sont inter-Puissances dans le but de favoriser leur économie ou de limiter le développement de celles des autres. Les méthodes utilisées peuvent relever de l’influences via des prétextes, notamment écologiques ou économiques. Ces tensions sont illustrées par l’événement des îles Senkaku en 2010, ou d’autres tensions qui se développent ailleurs quant au choix de l’allocation des ressources. Le cobalt et le tantale en sont la parfaite illustration, dans leurs accaparations par différentes Puissances étrangères. Leurs extractions et transformations faisant également l’objet de sélections adverses.
Cette guerre des ressources devrait s’intensifier en cas de développement globalisé de l’IA. A terme, l’écologie, l’économie et même l’équilibre sociétal et géopolitique risquent d’en pâtir. Des notions de dépendances et de dominations pour l’acquisition de l’IA se mettent en place, comme le détaille l’ouvrage « Guerres économiques pour l’intelligence artificielle ». Ouvrage dans lequel l’ensemble de ces mécanismes sont révélés et expliqués. Ainsi, un risque écologique, un risque géopolitique et une redistribution des cartes se dessinent par le développement de l’IA avec, en premier terrain d’affrontement, les ressources naturelles.



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