Fuite de données : 2,1 millions de dossiers du ministère de l’Intérieur mis en vente



Publié par Jehanne Duplaa le 2 Janvier 2026

Des hackers affirment avoir mis en vente 2,1 millions de dossiers attribués à des services dépendant du ministère de l’Intérieur. Derrière cette annonce spectaculaire, une fuite de données encore non confirmée officiellement, mais qui s’inscrit dans une séquence récente de cyberattaques ciblant l’État français.



Le 1er janvier 2026, une publication largement relayée sur les réseaux sociaux évoque une fuite massive de dossiers administratifs, prétendument issus du ministère de l’Intérieur. Les hackers à l’origine de cette annonce assurent détenir plus de deux millions de dossiers et proposer leur revente. Cette revendication intervient quelques semaines après une cyberattaque avérée ayant touché des messageries professionnelles du ministère, relançant les inquiétudes sur la protection des données sensibles de l’administration.

Une fuite revendiquée dans un contexte de cyberattaque avérée

Depuis la mi-décembre 2025, le Ministère de l'Intérieur fait face à une attaque informatique d’ampleur. Selon Euronews, le ministère a reconnu avoir été la cible d’une intrusion malveillante ayant permis à des hackers d’accéder à plusieurs comptes de messagerie professionnels, ouvrant potentiellement l’accès à des fichiers internes. Cette attaque a conduit à la consultation de documents sensibles, sans que l’ampleur exacte de la fuite puisse être immédiatement établie.

Dans ce contexte, la revendication publiée le 1er janvier 2026 prend une dimension particulière. Le message évoque « 2,1 millions de dossiers » attribués à l’Office français de l’immigration et de l’intégration, organisme rattaché au ministère, et leur mise en vente par des hackers, selon les informations communiquées par Infinity Area. Selon cette publication, les dossiers concerneraient des données administratives issues de portails officiels. À ce stade, toutefois, aucune autorité n’a confirmé la réalité d’un tel volume, ni même l’existence d’une exfiltration massive correspondant à cette annonce.


Ce que confirment les autorités

Face aux interrogations, les autorités ont confirmé certains éléments factuels. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a reconnu publiquement l’intrusion informatique. « Nous avons été la cible d’une intrusion malveillante il y a quelques jours », a-t-il déclaré le 17 décembre 2025. Il a également précisé que des hackers avaient pu accéder à « un certain nombre de fichiers », à la même date, confirmant ainsi la réalité d’une fuite, sans en préciser l’ampleur.

Les investigations menées par les services spécialisés et par le parquet de Paris visent à déterminer quels dossiers ont été consultés ou copiés. Selon l’Agence Anadolu, des éléments issus de bases de données sensibles, comme le fichier des personnes recherchées ou le traitement des antécédents judiciaires, auraient été exposés lors de cette attaque.


Les dernières allégations

La question de la mise en vente effective des dossiers demeure centrale. Selon Infinity Area, les hackers auraient proposé à la vente un fichier d’environ 1 gigaoctet, présenté comme contenant 2,1 millions de lignes de données. Le même média précise néanmoins que cette fuite « n’est pas encore confirmée par le gouvernement », tout en indiquant avoir observé un échantillon d’environ 1 000 lignes datées de 2023 à 2024.


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