Zoom sur les structures d'insertion par l'activité économique



Publié par La Rédaction le 26 Septembre 2012

Les structures d'insertion par l'activité économique (SIAE) sont depuis longtemps un tremplin pour l'emploi des personnes en situation d'exclusion. Avant l'arrivée de la "clause d'insertion", fondations et SIAE étaient les seuls véritables liens entre entreprises et travailleurs en insertion, mais aujourd'hui, les grands groupes tendent à intégrer l'insertion à leur politique RH.



La clause d'insertion favorise les partenariats

Bon nombre de fondations d’entreprise militent contre l'exclusion, et ce, depuis plusieurs années déjà. Cependant, les SIAE et les fondations étaient jusqu'alors, les liens quasi exclusifs entre les personnes en situation d'exclusion et les entreprises. L'arrivée de la clause d'insertion a suscité un intérêt certain de la part des entreprises qui se montrent dorénavant plus entreprenantes en la matière. Ce volontarisme se constate à travers de nouvelles formes de partenariat notamment dans le secteur public. Ces partenariats permettent aux grands groupes d'assumer leurs obligations en termes de ressources humaines, et peuvent prendre forme par des sous-traitances ou co-traitances, dans un but social. On s'approche ici du concept de responsabilité sociétale qui lui, est arrivé bien après l'apparition des SIAE. Toujours est-il que le monde de l'insertion a, depuis l'arrivée de la clause d'insertion, trouvé un nouveau souffle et que cette clause s'inscrit favorablement dans le cadre des obligations RSE des entreprises. Les sociétés tendent ainsi à penser différemment leur stratégie RH. Sur ce point, il existe cependant le risque que les grands groupes fassent de l'insertion, un marché commun, non différent de celui du travail.

L’insertion, un secteur qui fait partie intégrante du marché

Les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) s’affairent à tisser des liens avec le milieu industriel, bien avant l'apparition du concept RSE. De nombreux exemples témoignent de ces rapprochements à but social, et les premières SIAE sont d'ailleurs composées de grandes entreprises et personnalités du secteur industriel français. Par exemple, au conseil d'administration de l'historique SIAE du groupe Vitamine T créée il y a 30 ans, siègent Vianney Mulliez du groupe Auchan, ou encore Yves Claude d’Oxylane, Bruno Bonduelle, et Maxime Holder de Paul. Bon nombre de grandes entreprises du CAC 40, comme Sita-Suez, April Group, la Macif ou encore Sodexo, détiennent des parts de capital dans des groupes comme bourguignon Id’ées. Ainsi, l'insertion est l'objet de toutes les attentions de la part des entreprises. L’insertion fait partie intégrante du marché. Ce n'est pas un secteur à part comme le rappel le président d'April group, Pierre Choux. Cependant, la cohabitation entre entreprise et SIAE a toujours été le point faible du secteur de l'insertion. Une faiblesse que la clause d'insertion a atténuée.

Les entreprises se tournent davantage vers les SIAE

Les fondations d'entreprise sont aujourd'hui le moteur de certaines SIAE comme celle d'Acta Vista. Les sept fondations de cette union associative lui permettent depuis 10 ans de restaurer et valoriser des patrimoines architecturaux publics et privés, en faisant travailler essentiellement des ouvriers en insertion. Les accords de mécénat de compétences se faisant de plus en plus nombreux, les fondations disposent de subventions supplémentaires, et dynamisent ainsi le secteur de l'insertion. Le groupe Total a par exemple apporté son soutien à la création d'un Service tertiaire aux entreprises de la région Pyrénées (Step), qui s'occupe pour lui, de l'archivage numérique de ses documents et de sa gestion électronique. Step assure également des services de sous-traitance pour Safran, Airbus ou encore Turbomeca. Ces services tendent de plus en plus à s'effectuer directement sur les sites de production à l'exemple d'Id’ées, de Ares et de la Varappe qui gèrent des cabines de tri pour Veolia et Suez, directement sur leur site. L’intérêt des grands groupes pour les SIAE n’est donc plus à démontrer, et ces dernières savent jouer la carte du multiservice pour répondre aux besoins des entreprises.

Les SIAE jouent la multicarte

Il y a quelques années, le recours aux services des SIAE était davantage un acte charitable qu'un véritable choix stratégique, mais aujourd'hui, faire appel à une SIAE permet aux entreprises de répondre à leurs obligations en matière de ressources humaines tout en s'inscrivant dans une démarche responsable. En étant présentes sur plusieurs secteurs d’activité, les SIAE ont la capacité de proposer de nombreux métiers aux personnes en insertion, et au passage d'apporter une réponse appropriée aux entreprises en termes de main-d'œuvre. Ainsi, les DRH ou encore les directeurs des achats sont de plus en plus nombreux à s'adresser aux SIAE. Cependant, le secteur de l'insertion manque encore de professionnalisme. On déplore également certaines dérives comme le recours à une SIAE dont le seul objectif est d'obtenir des relations d'influence au niveau régional, les SIAE étant fortement ancrées au niveau territorial. Il y a donc encore du chemin à parcourir, notamment en matière d'accompagnement des salariés et de certification. La clause d’insertion a tout de même joué un rôle crucial.

La clause d’insertion dans les marchés publics

Depuis 2001, date à laquelle est entrée en vigueur la clause d'insertion pour les marchés publics, les hôpitaux, collectivités locales et l'État peuvent imposer des critères sociaux dans leurs appels d'offres. La clause d'insertion a ainsi favorisé le rapprochement des entreprises d'insertion et les grands groupes, notamment dans le secteur du bâtiment où les critères sociaux sont obligatoires dans les appels d'offres concernant les rénovations urbaines. Cette obligation a été portée par l'ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) et a permis au groupe Vinci par exemple de générer 4 millions d’heures de travail en insertion. La clause reste cependant optionnelle pour les autres secteurs, et son application reste marginale. Le chargé des politiques d’insertion du groupe Derichebourg, Christophe Jaunet, explique d’ailleurs que l’insertion ne pèse que 10 % d’habitude dans la plupart des entreprises. Le secteur de la propreté et du traitement des déchets demeure le plus actif en la matière, après le BTP. À titre d’exemple, une entreprise a récemment remporté un marché, grâce à son engagement à recruter 75 % de travailleurs en insertion.

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