Tirs au but pour le système d’arme naval de 40 mm : un cap décisif franchi



Publié par Jean-Baptiste Le Roux le 22 Janvier 2026

La Marine nationale a validé début 2026 une évolution majeure de son système d’arme naval de 40 mm, conçu pour renforcer l’autoprotection des bâtiments de 2e rang. Grâce à une campagne d’essais concluante, cette brique essentielle de la Défense navale française confirme sa précision, sa maturité et son potentiel d’évolution, comme le montre l’étude initiale menée par la DGA et le groupement Thales LAS – KNDS.



Une campagne de tirs déterminante

Le système d’arme naval de 40 mm poursuit sa montée en puissance après une nouvelle série de tirs réussis.

Le début de l’année 2026 a marqué un tournant pour le système d’arme naval de 40 mm utilisé sur les bâtiments de soutien et de patrouille. Une nouvelle version logicielle a été éprouvée lors d’une série de tirs programmée avant un déploiement prolongé d’un bâtiment ravitailleur. Ces essais, conduits dans des conditions opérationnelles représentatives, visaient à valider les améliorations issues du retour d’expérience accumulé depuis l’intégration initiale du système en 2023.

Les résultats ont confirmé la montée en maturité recherchée. Les tirs sur cibles aériennes comme sur menaces de surface ont démontré un net gain en précision et en stabilité. Les équipes industrielles et militaires ont ainsi pu valider la capacité du système à engager rapidement plusieurs types de cibles, un point déterminant pour les missions de protection de zone ou d’escorte. La campagne a également permis de vérifier la fiabilité du système en mode Air-Burst, une capacité de plus en plus indispensable face à des menaces rapides et manœuvrantes.

Pensé pour les navires qui n’embarquent pas de systèmes lourds de Défense, le système d’arme naval de 40 mm complète efficacement les dispositifs existants. Sa tourelle téléopérée intègre sa propre conduite de tir, ce qui réduit les contraintes d’installation sur les plateformes. Cette architecture non intrusive facilite son intégration sur des bâtiments variés, qu’il s’agisse de patrouilleurs hauturiers, de bâtiments ravitailleurs ou potentiellement de navires spécialisés dans l’appui logistique.

L’étude d’origine, menée par la DGA et le groupement momentané d’entreprises Thales LAS & KNDS (validation du 12 janvier 2026), souligne également la robustesse de la plateforme et son aptitude à fonctionner en interface avec le système de combat principal du navire. Cette modularité ouvre la voie à une harmonisation des capacités d’autodéfense au sein de la flotte, un atout pour la cohérence opérationnelle.


Une portée de 4.000 mètres

Le système d’arme naval de 40 mm bénéficie des avantages technologiques du canon CTA, déjà éprouvé sur le véhicule blindé Jaguar. Sa cadence de tir, pouvant atteindre 180 coups par minute, lui confère une réactivité appréciable en environnement complexe. Ses munitions télescopées, conçues pour optimiser le volume embarqué, permettent un changement rapide de type de tir selon la menace identifiée.

La portée annoncée, pouvant aller jusqu’à 4 000 mètres contre des cibles aériennes, place cette solution comme un maillon polyvalent dans les bulles de protection navales. S’ajoute à cela une stabilisation gyroscopique efficace, garantissant un tir précis même en navigation agitée. Ces performances font du système d’arme naval de 40 mm un équipement de choix pour répondre aux scénarios actuels : drones rapides, embarcations légères hostiles, hélicoptères menaçants ou munitions rôdeuses.

Les essais de 2026 ne constituent qu’une étape dans un processus d’amélioration continue. Plusieurs fonctionnalités supplémentaires doivent être intégrées dans les prochains mois afin d’atteindre la pleine capacité opérationnelle du système. L’arrivée de la munition anti-aérienne Air-Burst A3B représente notamment un jalon attendu. Elle promet de renforcer la capacité du système à traiter des essaims de drones ou des menaces très rapides à faible signature.

Cette évolution s’inscrit dans une tendance internationale où les marines modernisent leurs systèmes intermédiaires de Défense. Le système d’arme naval de 40 mm s’aligne ainsi sur les exigences contemporaines, marquées par des menaces asymétriques imprévisibles et une nécessité de réaction immédiate. Les travaux conjoints entre industriels et institutions françaises montrent une volonté ferme de faire évoluer ce segment tactique tout en maîtrisant les coûts d’intégration et de maintenance.


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