Une création politique assumée, pensée pour rompre avec les échecs de 2022
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Rubikon voit le jour en août 2024, dans un contexte de remise en question sévère des forces russes après les revers initiaux de la guerre, notamment l’effondrement des unités aéroportées VDV en 2022. Sa création est impulsée par le nouveau ministre de la Défense, Andrey Belousov, nommé quelques semaines plus tôt. L’objectif est clair : rompre avec les bricolages tactiques et les initiatives dispersées qui ont caractérisé les débuts du conflit, pour bâtir une structure centralisée, financée sans contrainte et orientée vers le résultat opérationnel.
Rubikon fonctionne comme une bulle d’excellence étatique. Recrutement ciblé d’ingénieurs, accès direct aux décideurs militaires, cycles de développement courts et surtout liaison permanente avec le front. Cette organisation tranche avec la culture bureaucratique traditionnelle des forces armées russes et marque une inflexion doctrinale assumée.
Rubikon fonctionne comme une bulle d’excellence étatique. Recrutement ciblé d’ingénieurs, accès direct aux décideurs militaires, cycles de développement courts et surtout liaison permanente avec le front. Cette organisation tranche avec la culture bureaucratique traditionnelle des forces armées russes et marque une inflexion doctrinale assumée.
Des effets opérationnels déjà visibles sur le terrain
Déployée successivement dans la région de Koursk, puis dans les secteurs de Pokrovsk et Koupiansk, Rubikon disposerait de plus de 5 000 personnels, capables de tourner rapidement entre les fronts. Cette rotation permanente empêche l’adaptation systématique adverse et offre à l’unité un avantage informationnel non négligeable.
Sur le plan technique, Rubikon a accéléré la généralisation des drones FPV à fibre optique, moins vulnérables à la guerre électronique, initialement employés à des distances de 15 à 20 kilomètres, puis jusqu’à 30 kilomètres fin 2025. En décembre, un cap est franchi avec l’emploi d’un drone à voilure fixe équipé d’un terminal Starlink, ayant frappé une cible aérienne ukrainienne à environ 230 kilomètres derrière la ligne de front. Il ne s’agit plus de simple harcèlement tactique, mais bien de pression opérationnelle en profondeur.
À cela s’ajoutent des capacités complémentaires : repérage électromagnétique des opérateurs FPV adverses, frappes nocturnes thermoguidées contre les drones lourds ukrainiens de type Baba Yaga, et diffusion rapide des retours d’expérience à l’ensemble des unités russes.
Sur le plan technique, Rubikon a accéléré la généralisation des drones FPV à fibre optique, moins vulnérables à la guerre électronique, initialement employés à des distances de 15 à 20 kilomètres, puis jusqu’à 30 kilomètres fin 2025. En décembre, un cap est franchi avec l’emploi d’un drone à voilure fixe équipé d’un terminal Starlink, ayant frappé une cible aérienne ukrainienne à environ 230 kilomètres derrière la ligne de front. Il ne s’agit plus de simple harcèlement tactique, mais bien de pression opérationnelle en profondeur.
À cela s’ajoutent des capacités complémentaires : repérage électromagnétique des opérateurs FPV adverses, frappes nocturnes thermoguidées contre les drones lourds ukrainiens de type Baba Yaga, et diffusion rapide des retours d’expérience à l’ensemble des unités russes.
Une course à l’apprentissage que l’Europe observe encore de loin
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Face à Rubikon, l’Ukraine a réagi en accélérant sa propre centralisation. Les Ukrainian Unmanned Systems Forces, dirigées par Robert Brovdi, revendiquent désormais plusieurs centaines de frappes quotidiennes. La nomination de Mykhailo Fedorov à la Défense s’inscrit dans cette logique de vitesse, d’itération et d’intégration technologique.
La leçon est brutale pour l’Europe. L’innovation militaire ne se juge ni à la sophistication des prototypes ni aux rendus de salons, mais à la capacité à apprendre sous le feu, à accepter l’attrition et à corriger en continu. À défaut d’éprouver ses systèmes dans des environnements réalistes, le continent risque de voir ses concepts dépassés par des adversaires moins élégants, mais plus rapides.
La leçon est brutale pour l’Europe. L’innovation militaire ne se juge ni à la sophistication des prototypes ni aux rendus de salons, mais à la capacité à apprendre sous le feu, à accepter l’attrition et à corriger en continu. À défaut d’éprouver ses systèmes dans des environnements réalistes, le continent risque de voir ses concepts dépassés par des adversaires moins élégants, mais plus rapides.