Pentagone : un dispositif à ondes dirigées derrière le “syndrome de La Havane”



Publié par Paul-Gabriel LANTZ le 14 Janvier 2026

Selon une enquête publiée par CNN le 13 janvier 2026, le département de la Défense américain teste depuis plus d’un an un dispositif acquis lors d’une opération clandestine, que certains enquêteurs estiment susceptible d’être lié aux “anomalous health incidents” affectant diplomates, agents de renseignement et militaires américains.



Une acquisition secrète aux contours encore flous

The Pentagon, Headquarters of the US Department of Defense - Creative commons
L’appareil, acheté pour une somme estimée à huit chiffres par Homeland Security Investigations, avec des fonds fournis par le Pentagone, produirait des ondes radio pulsées. Cette caractéristique rejoint une hypothèse évoquée depuis plusieurs années par certains chercheurs et responsables de la défense : celle d’une exposition à une énergie électromagnétique dirigée. Le dispositif, suffisamment compact pour tenir dans un sac à dos, continue toutefois de susciter scepticisme et débats internes, tant sur sa puissance réelle que sur sa capacité à provoquer les symptômes rapportés.
Les autorités américaines n’ont pas précisé l’origine exacte du matériel. Selon les sources citées par CNN, l’appareil n’est pas entièrement de conception russe, mais contiendrait des composants issus de Russie, un élément qui ravive les soupçons sans constituer, à ce stade, une preuve formelle d’implication étatique.

 

Le syndrome de La Havane, une énigme persistante depuis 2016

Les premiers cas remontent à fin 2016, à La Havane, lorsque des diplomates américains ont signalé vertiges, migraines sévères et troubles cognitifs assimilables à des traumatismes crâniens. Depuis, plusieurs dizaines de cas ont été recensés dans différentes régions du monde. En 2022, un panel du renseignement jugeait que certaines atteintes pouvaient “plausiblement” résulter d’une énergie électromagnétique pulsée. Mais dès 2023, la communauté du renseignement estimait “très improbable” l’hypothèse d’une campagne hostile coordonnée par une puissance étrangère, position encore réaffirmée début 2025, tout en laissant ouverte une marge d’incertitude pour un nombre limité de cas.
Cette prudence institutionnelle alimente la colère de plusieurs victimes, qui dénoncent une minimisation du phénomène et une absence de reconnaissance officielle.

 

Une technologie potentiellement proliférante et des enjeux stratégiques majeurs

L’un des points de préoccupation majeurs, selon CNN, tient à la possible prolifération de cette technologie : si un tel dispositif est opérationnel, il pourrait être reproduit ou acquis par plusieurs États, ouvrant la voie à des modes d’action discrets mais lourdement invalidants. L’affaire a été jugée suffisamment sérieuse pour donner lieu à des briefings confidentiels devant les commissions du renseignement du Congrès américain.
Pour Marc Polymeropoulos, ancien officier de la CIA affirmant avoir été touché à Moscou en 2017, cette acquisition constitue une forme de validation tardive des alertes lancées par les victimes.
L’achat et l’évaluation de ce dispositif marquent un tournant discret mais significatif dans un dossier longtemps enlisé entre incertitude scientifique et prudence politique. Sans établir de responsabilité formelle, l’initiative du Pentagone suggère que l’hypothèse d’une arme à énergie dirigée n’est plus écartée a priori. À l’heure où la conflictualité s’étend à des champs de plus en plus invisibles, cette affaire rappelle que la frontière entre expérimentation technologique et vulnérabilité humaine demeure particulièrement ténue.

 

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