Orion 26, un exercice de commandement stratégique pour la France et les militaires européens
D’abord, Orion 26 illustre une évolution doctrinale assumée. La France ne se contente plus d’entraîner ses forces armées ; elle se prépare à commander une coalition multinationale dans un conflit majeur. Ainsi, selon le ministère des Armées, Orion 26 vise à renforcer l’interopérabilité entre forces alliées, tout en testant la chaîne de commandement française dans un cadre multinational, a précisé le ministère des Armées. Par conséquent, la France endosse un rôle central, celui de nation-cadre, capable de coordonner des militaires venus de 24 pays partenaires, principalement européens mais aussi nord-américains et moyen-orientaux.
Ensuite, l’ampleur humaine et matérielle d'Orion 26 confirme cette ambition. Au total, 12 500 militaires français sont engagés, auxquels s’ajoutent plusieurs milliers de soldats alliés, selon des chiffres par RTL. En parallèle, l’exercice mobilise 25 navires, dont le porte-avions Charles-de-Gaulle, 140 avions et hélicoptères, ainsi que 1 200 drones, selon TF1 Info. Dès lors, cette masse critique permet de reproduire les conditions d’un affrontement symétrique, longtemps jugé improbable mais redevenu central dans la planification militaire.
Orion 26 et la préparation des militaires à la guerre de haute intensité en Europe
Cependant, Orion 26 ne se limite pas à une démonstration de force. Il s’agit avant tout d’un laboratoire opérationnel. En effet, les armées françaises utilisent Orion 26 pour entraîner les militaires à des scénarios complexes mêlant combats conventionnels, actions hybrides et menaces indirectes. Ainsi, les phases terrestres, aériennes et navales sont complétées par des volets cyber et spatiaux, intégrés pour la première fois à cette échelle, a confirmé TF1 Info.
Par ailleurs, l’exercice s’inscrit dans un contexte européen marqué par le retour des rapports de force. Selon RTL, le scénario d'Orion 26 s’inspire directement d’un conflit de haute intensité impliquant un État technologiquement avancé. De ce fait, les militaires sont confrontés à des ruptures logistiques, à des frappes de précision massives et à des tentatives de désorganisation numérique. Autrement dit, Orion 26 prépare les forces à un engagement prolongé, où la supériorité technologique ne suffit plus sans coordination interalliée.
Orion 26, signal politique et militaire envoyé par la France à ses alliés et adversaires
Enfin, Orion 26 revêt une dimension éminemment politique. En orchestrant un tel exercice sur son territoire, la France adresse un message clair. Elle affirme sa crédibilité militaire et sa capacité à protéger l’Europe en cas de crise majeure. Selon le ministère des Armées, « Orion 26 renforce l’interopérabilité et accroît la réactivité des forces alliées, en consolidant les liens de confiance et la capacité d’action ». Dès lors, Paris se positionne comme un pilier de la sécurité européenne, complémentaire mais non subordonné aux structures de l’OTAN.
De surcroît, Orion 26 intervient dans un climat international tendu. Les exercices militaires russes à proximité des frontières européennes, la militarisation croissante de l’espace et la prolifération des drones de combat redessinent les équilibres stratégiques. Dans ce contexte, Orion 26 permet aux militaires français et alliés de tester leur résilience collective. La durée exceptionnelle de l’exercice, près de trois mois, vise à éprouver la capacité des forces à tenir dans le temps, un facteur déterminant dans tout conflit moderne.