Le 20 janvier 2026, les États-Unis ont officiellement notifié plusieurs capitales européennes de leur intention de réduire leur présence humaine au sein de l’OTAN. Cette décision concerne des structures clés de planification et de renseignement de l’Alliance. Elle intervient alors que la relation transatlantique traverse une phase d’incertitude stratégique et politique.
L’OTAN face au retrait progressif des officiers américains
Le retrait annoncé par les États-Unis concerne environ 200 postes occupés par des officiers et experts américains au sein de l’OTAN. Toutefois, contrairement à une rupture brutale, le processus se veut progressif. En effet, selon les informations rapportées par Le Monde, les militaires concernés quitteront leurs fonctions à l’issue normale de leur mandat, généralement fixé entre quatre et cinq ans. Ainsi, Washington privilégie une réduction par non-remplacement, plutôt qu’un rappel immédiat des personnels en poste.
Par ailleurs, ce retrait touche près d’une trentaine de structures affiliées à l’OTAN. Il s’agit principalement de centres d’excellence, de cellules d’expertise et d’organismes de coordination stratégique. Parmi eux figurent le Centre de fusion du renseignement de l’Alliance, basé au Royaume-Uni, le commandement des forces spéciales alliées à Bruxelles ou encore la structure STRIKFORNATO implantée au Portugal, selon les données relayées par Reuters.
Une réorganisation aux implications stratégiques
Si les autorités américaines insistent sur le caractère technique de cette décision, le contexte géopolitique ne peut être ignoré. Environ 400 personnels américains servent actuellement dans les entités de l’OTAN concernées. Le retrait annoncé représenterait donc une réduction d’environ 50 % de la présence américaine dans ces structures spécifiques, tout en restant marginal par rapport aux quelque 80 000 militaires américains stationnés en Europe.
Néanmoins, cette évolution intervient alors que les priorités stratégiques des États-Unis semblent évoluer. Washington cherche à redéployer ses moyens humains vers d’autres théâtres jugés plus critiques, notamment l’Indo-Pacifique. Dans cette logique, l’OTAN apparaît de plus en plus comme un espace où les alliés européens sont appelés à assumer davantage de responsabilités. Un responsable de l’Alliance a ainsi indiqué que les autorités américaines et celles de l’OTAN restaient « en contact étroit pour garantir la capacité de dissuasion et de défense », selon Reuters.
Les tensions politiques autour de l’OTAN
Ce retrait partiel ne peut être dissocié du climat politique actuel. Depuis plusieurs semaines, les déclarations de Donald Trump sur le Groenland ont ravivé les inquiétudes en Europe. Le 20 janvier 2026, l’ancien président américain a affirmé que les États-Unis et l’OTAN finiraient par trouver un accord sur le Groenland « qui rendrait tout le monde très heureux », selon Reuters, sans fournir davantage de précisions. Interrogé sur un éventuel recours à la force, il s’est contenté d’un laconique « pas de commentaire », rapporté par The Guardian.
Dans ce contexte, le Groenland, territoire autonome du Danemark, est devenu un point de friction majeur entre Washington et ses partenaires européens. AP News souligne que ces pressions américaines ont suscité une vive réaction au sein de l’Union européenne et ont ravivé les débats sur la solidité du lien transatlantique. Ainsi, même si les responsables de l’OTAN s’efforcent de présenter le retrait américain comme une simple adaptation administrative, plusieurs diplomates européens y voient un signal politique adressé à l’Alliance.