N. Maduro agite le sabre après l’arrivée de Hegseth : la tension entre Caracas et Washington monte d’un cran



Publié par La Rédaction le 1 Décembre 2025

Alors qu’un haut responsable américain arrive en mission dans les Caraïbes, le président vénézuélien brandit une épée symbolique et appelle à défendre le pays contre ce qu’il qualifie de menace impérialiste. L’affrontement diplomatique entre Washington et Caracas se transforme en affrontement de posture, mais avec des risques tangibles pour la région.



Une visite américaine perçue comme une provocation, un signal fort de Caracas

N. Maduro - Wikimédia Commons

Pete Hegseth, Secrétaire à la Guerre des États-Unis, est arrivé cette semaine dans les Caraïbes pour rencontrer des dirigeants régionaux de la Défense et discuter de coopération dans la lutte contre le narcotrafic et les menaces régionales. Sa visite s’inscrit dans le cadre d’un renforcement visible de la posture militaire américaine dans la zone, dans le cadre de ce que Washington présente comme une campagne de sécurité.

En réponse, Nicolás Maduro a organisé une cérémonie militaire à Caracas au cours de laquelle il a brandi, vêtu d’uniforme, une épée, présentée comme l’arme historique d’un héros de l’indépendance Bolivàr, et lancé un appel à la défense nationale contre toute « agression impérialiste ». Il a affirmé que tout territoire vénézuélien serait défendu et que toute attaque serait reçue.

Ce geste est perçu comme un avertissement solennel. N. Maduro cherche à galvaniser le sentiment national, à mobiliser les forces armées et la population autour d’un récit de résistance, tout en adressant un message clair à Washington : l’ingérence ne serait pas tolérée.


Un contexte explosif : "Operation Southern Spear", pression militaire et narcotrafic utilisé comme levier politique

La visite de P. Hegseth survient au moment où les États-Unis intensifient la pression sur le régime vénézuélien. Entre la mise en place d’un dispositif naval dans les Caraïbes, le déploiement d’aéronefs, et des annonces publiques de frappes possibles, le gouvernement américain cherche à maximiser les effets de dissuasion. L’administration américaine a officiellement désigné le cartel accusé d’être lié à N. Maduro comme organisation terroriste, ouvrant la voie à des actions plus directes sous le prétexte de lutte contre le narcotrafic.

N. Maduro, lui, joue la carte de la fermeté. Dans son discours, il a invoqué l’héritage de la liberté et de l’indépendance, affirmant qu’il défendrait chaque centimètre du territoire national. Cette mise en scène s’inscrit dans une stratégie de guerre psychologique, destinée à alerter la population, mais aussi les partenaires internationaux du Venezuela : tel est le message de défi lancé aux États-Unis.

Dans ce contexte, le risque d’une erreur de calcul est réel. Toute action américaine, même limitée, pourrait déclencher une réaction violente de Caracas, avec des conséquences imprévisibles pour la stabilité régionale et la sécurité maritime dans les Caraïbes.


Pourquoi cette crise symbolique pourrait dégénérer, et ce qu’elle révèle des enjeux stratégiques

L’attitude de N. Maduro révèle une stratégie double : conjurer les pressions extérieures tout en renforçant son contrôle national. En brandissant l’épée et en mobilisant l’imaginaire patriotique, il cherche à cimenter le soutien interne, à dissuader une intervention et à rappeler l’histoire de résistance du pays.

Mais c’est aussi un pari risqué. En misant sur l’effet symbolique, le régime vénézuélien met en péril un fragile équilibre régional. Avec la présence américaine accrue, le risque d’escalade, qu’elle soit verbale, politique ou militaire, augmente. Chaque geste, chaque déplacement, prend le risque d’être interprété comme une provocation.

Pour la communauté internationale, cette situation met en lumière l’importance de la diplomatie préventive. Les nations de la région des Caraïbes, alliées ou neutres, devront jouer un rôle déterminant. Elles sont les premières concernées par les retombées d’un conflit possible : migrations massives, instabilité, reprise des trafics, risques humanitaires.

Ce signal agit comme un avertissement : la confrontation politico-militaire autour du Venezuela pourrait rapidement déborder sur un conflit régional. Le silence, pour l’instant, ne signifie pas l’apaisement. Il peut signifier la préparation d’un affrontement stratégique à plusieurs niveaux.


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