L’initiative chinoise des Routes de la soie ne peut être comprise comme un simple programme d’infrastructures. Comme l’analyse La guerre économique au XXIe siècle, elle relève d’une logique de puissance visant à remodeler durablement les rapports de force économiques mondiaux. Ports, corridors ferroviaires, réseaux énergétiques et numériques forment un tout cohérent destiné à sécuriser les approvisionnements chinois tout en plaçant les États partenaires dans une relation de dépendance progressive.
Cette stratégie repose sur une approche indirecte. La Chine ne cherche pas la confrontation frontale mais l’intégration asymétrique. Les investissements, souvent financés par des prêts adossés à des conditions opaques, installent une dépendance financière qui limite la marge de manœuvre stratégique des pays concernés. La maîtrise des infrastructures critiques permet ensuite d’exercer une influence durable, sans recours à la coercition militaire.
L’ouvrage souligne également la dimension informationnelle de cette stratégie. Les Routes de la soie sont accompagnées d’un narratif soigneusement construit, mettant en avant le développement partagé, la neutralité politique et le « gagnant-gagnant ». Ce récit contribue à masquer la réalité des rapports de force et à délégitimer toute critique en la faisant passer pour idéologique ou hostile à la coopération internationale.
À cette infrastructure matérielle s’ajoute une infrastructure normative et cognitive. En imposant ses standards techniques, ses pratiques contractuelles et ses références industrielles, la Chine façonne un environnement économique compatible avec ses intérêts. La guerre économique se joue alors moins dans la conquête que dans la capacité à rendre les alternatives coûteuses ou impraticables.
Face à cette stratégie globale, l’Europe peine encore à formuler une réponse cohérente. L’absence de lecture géoéconomique unifiée et la fragmentation des initiatives affaiblissent la capacité européenne à contrer un encerclement qui ne dit pas son nom. Les Routes de la soie illustrent ainsi une mutation profonde de la conflictualité contemporaine : la domination passe désormais par l’organisation méthodique des dépendances et le contrôle des récits qui les légitiment.
Cette stratégie repose sur une approche indirecte. La Chine ne cherche pas la confrontation frontale mais l’intégration asymétrique. Les investissements, souvent financés par des prêts adossés à des conditions opaques, installent une dépendance financière qui limite la marge de manœuvre stratégique des pays concernés. La maîtrise des infrastructures critiques permet ensuite d’exercer une influence durable, sans recours à la coercition militaire.
L’ouvrage souligne également la dimension informationnelle de cette stratégie. Les Routes de la soie sont accompagnées d’un narratif soigneusement construit, mettant en avant le développement partagé, la neutralité politique et le « gagnant-gagnant ». Ce récit contribue à masquer la réalité des rapports de force et à délégitimer toute critique en la faisant passer pour idéologique ou hostile à la coopération internationale.
À cette infrastructure matérielle s’ajoute une infrastructure normative et cognitive. En imposant ses standards techniques, ses pratiques contractuelles et ses références industrielles, la Chine façonne un environnement économique compatible avec ses intérêts. La guerre économique se joue alors moins dans la conquête que dans la capacité à rendre les alternatives coûteuses ou impraticables.
Face à cette stratégie globale, l’Europe peine encore à formuler une réponse cohérente. L’absence de lecture géoéconomique unifiée et la fragmentation des initiatives affaiblissent la capacité européenne à contrer un encerclement qui ne dit pas son nom. Les Routes de la soie illustrent ainsi une mutation profonde de la conflictualité contemporaine : la domination passe désormais par l’organisation méthodique des dépendances et le contrôle des récits qui les légitiment.