L'avion de combat JF-17 Thunder proposé à l’Arabie saoudite par le Pakistan



Publié par Jehanne Duplaa le 9 Janvier 2026

L’Arabie saoudite et le Pakistan ont engagé des négociations sensibles autour du JF-17 Thunder, un avion de combat multirôle présenté comme une solution pragmatique et politiquement soutenable, au moment où Riyad cherche à diversifier ses fournisseurs militaires tout en consolidant ses partenariats stratégiques régionaux.



Début janvier 2026, des informations concordantes ont confirmé que l’Arabie saoudite et le Pakistan discutent activement d’un contrat d’armement centré sur le JF-17 Thunder, chasseur développé conjointement par Islamabad et Pékin, dans un contexte marqué par des enjeux financiers, industriels et géopolitiques étroitement imbriqués.

Une négociation stratégique avec le Pakistan

Les discussions en cours autour du JF-17 Thunder s’inscrivent, d’abord, dans une logique financière précise, puisque les deux États examinent la possibilité de convertir une partie de prêts saoudiens accordés au Pakistan en acquisition d’avions de combat. Selon Reuters, environ 2 milliards de dollars de prêts pourraient être transformés en commandes militaires, ce qui représente près de 1,84 milliard d’euros au taux de change actuel. Cette formule, à la fois souple et politiquement acceptable, permettrait à Riyad de renforcer ses capacités aériennes tout en soutenant l’économie pakistanaise, dans un contexte régional instable.

Par ailleurs, les négociations sur le JF-17 Thunder dépassent la simple vente de cellules aériennes. Le paquet envisagé inclurait également des équipements associés, des systèmes d’armement, des formations de pilotes ainsi que des dispositifs de soutien logistique. La valeur globale du contrat pourrait ainsi atteindre 4 milliards de dollars, soit environ 3,68 milliards d’euros. Dans cette optique, l’Arabie saoudite privilégierait une solution complète, capable de renforcer rapidement la disponibilité opérationnelle de ses forces aériennes.


Pourquoi le JF-17 Thunder séduit-il l’Arabie saoudite et le Pakistan ?

Le JF-17 Thunder présente plusieurs avantages décisifs pour l’Arabie saoudite, notamment en matière de coûts, de délais et de contraintes politiques. Conçu comme un chasseur multirôle léger, l’appareil offre une alternative moins onéreuse aux plateformes occidentales de dernière génération, tout en conservant des capacités crédibles en interception, attaque au sol et missions de supériorité aérienne. Selon Reuters, cette approche répond à la volonté saoudienne de diversifier ses fournisseurs et de réduire sa dépendance exclusive aux industriels américains, dans un environnement diplomatique de plus en plus exigeant.

Du côté pakistanais, l’intérêt est également stratégique. Le JF-17 Thunder constitue le pilier de l’aviation de combat nationale, et son exportation vers l’Arabie saoudite représenterait un succès industriel majeur. Le chef d’état-major de l’armée de l’air pakistanaise, le maréchal de l’air Zaheer Ahmed Baber Sidhu, s’est récemment rendu à Riyad afin d’aborder les perspectives de coopération militaire, incluant explicitement le JF-17 Thunder. Ainsi, Islamabad cherche à consolider un partenariat durable, tout en valorisant son savoir-faire aéronautique.


Un accord inscrit dans un cadre politique plus large

Au-delà de l’aspect industriel, les négociations autour du JF-17 Thunder s’inscrivent dans un cadre politique formalisé. Les deux pays ont signé, en septembre 2025, un accord de défense mutuelle visant à renforcer leur coopération sécuritaire, selon les informations publiques rappelées par plusieurs médias spécialisés. Ce cadre institutionnel facilite aujourd’hui les discussions sur les transferts d’armement, tout en offrant des garanties politiques aux deux parties.

Enfin, le JF-17 Thunder apparaît comme un choix de compromis pour l’Arabie saoudite, confrontée à des contraintes d’exportation sur certains matériels occidentaux avancés. Comme le souligne Reuters, Riyad étudie plusieurs options pour moderniser sa flotte aérienne, mais le chasseur pakistano-chinois se distingue par sa disponibilité rapide et par l’absence de restrictions politiques majeures. Dans ce contexte, les négociations actuelles témoignent d’une convergence d’intérêts, où considérations militaires, financières et diplomatiques se rejoignent étroitement.


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