Invasion et déséquilibre militaire entre le Canada et les États-Unis
La modélisation d’une invasion par les États-Unis repose d’abord sur un constat brutal de déséquilibre militaire. Les forces armées canadiennes comptent environ 60 000 militaires actifs, contre près de 1,3 million côté américain, un rapport de force largement défavorable au Canada, selon Le Point. Dès lors, et par conséquent, le scénario étudié anticipe une progression rapide des forces américaines depuis la frontière sud, avec une neutralisation de points stratégiques canadiens en un temps très court.
Dans ce cadre, l’invasion serait essentiellement conventionnelle dans sa phase initiale, mais sa brièveté constituerait un élément central du modèle. La fenêtre serait comprise entre deux jours et une semaine pour dépasser les principales capacités militaires canadiennes. Toutefois, et néanmoins, les responsables militaires canadiens insistent sur le caractère strictement théorique de cette hypothèse, décrite comme un outil de réflexion et non comme un plan opérationnel, selon des propos rapportés par The Defense Post.
Riposte non conventionnelle et stratégie de guérilla
Face à l’hypothèse d’une invasion impossible à contenir par des moyens classiques, le modèle canadien explore des réponses asymétriques. Ainsi, et en conséquence, l’armée canadienne envisage une transition rapide vers des formes de guerre non conventionnelle, inspirées de conflits récents. Embuscades, sabotages ciblés et usage intensif de drones figurent parmi les options étudiées, selon The Independent.
Cette approche viserait à infliger des pertes significatives à des forces d’occupation américaines, afin de rendre toute invasion politiquement et humainement coûteuse pour les États-Unis. En parallèle, et de surcroît, le modèle évoque la constitution d’une vaste réserve volontaire, estimée à plus de 400 000 personnes, un objectif attribué à la chef d’état-major de la Défense, la générale Jennie Carignan, selon TRT World. Cette masse humaine servirait de soutien logistique et opérationnel, renforçant une résistance prolongée sur le territoire du Canada.
Contexte politique et tensions arctique
La réflexion autour d’une invasion américaine ne peut être dissociée du contexte géopolitique actuel. Les déclarations répétées de Donald Trump sur le Canada, ainsi que ses ambitions passées concernant le Groenland, ont contribué à un climat d’incertitude stratégique, selon France 24. Ces éléments, bien que politiques, ont incité Ottawa à élargir son spectre de planification, y compris face à des alliés traditionnels.
Dans le même temps, et par ailleurs, le Canada étudie un renforcement de sa présence militaire dans l’Arctique. Reuters rapporte qu’Ottawa envisage l’envoi d’un contingent limité de troupes au Groenland dans le cadre d’exercices de l’OTAN, aux côtés de pays européens comme la France et l’Allemagne. Cette projection, bien que distincte du scénario d’invasion, s’inscrit dans une logique de préparation globale, combinant dissuasion, coopération alliée et anticipation des crises futures impliquant potentiellement les États-Unis.