Former l’élite quand les moyens se contractent : ce que rappelle "GIGN Top Action"



Publié par La Rédaction le 9 Janvier 2026

Alors que les forces de sécurité françaises font face à des tensions budgétaires durables, à des difficultés de recrutement et à une fatigue croissante des personnels, "GIGN Top Action" rappelle une évidence souvent oubliée : l’excellence opérationnelle ne s’improvise pas. Elle se construit, dans le temps long, par l’investissement humain et l’entraînement.
La question n’est plus marginale. Dans la police comme dans la gendarmerie, les alertes se multiplient sur l’érosion des effectifs, la difficulté à fidéliser et la perte de sens ressentie par une partie des agents. Dans ce contexte contraint, la tentation est grande de privilégier une logique quantitative, au détriment de l’exigence et de la formation. "GIGN Top Action" propose, à rebours, un contre-modèle éclairant.



Sélection drastique contre logique du nombre
L’un des enseignements centraux du livre tient dans la rigueur de la sélection au sein du GIGN. Peu d’élus, beaucoup d’échecs, des exigences physiques, mentales et morales assumées. Cette approche tranche avec une tendance plus générale consistant à ajuster les critères pour répondre aux besoins immédiats en effectifs.
Le GIGN rappelle que la performance opérationnelle repose moins sur le volume que sur la qualité. Une unité d’élite n’est pas une addition d’individus, mais un collectif extrêmement cohérent, construit sur la confiance, la compétence et l’expérience partagée. Une logique difficilement compatible avec des recrutements accélérés ou des formations raccourcies.

L’entraînement comme rempart au stress et à l’erreur
Dans un contexte de fatigue généralisée des forces de sécurité, "GIGN Top Action" insiste sur un point fondamental : l’entraînement n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. Il ne sert pas uniquement à améliorer la performance technique ; il est un rempart contre le stress, les erreurs de jugement et les réactions inadaptées.
La répétition des gestes, la simulation réaliste des situations de crise et l’apprentissage du raisonnement tactique permettent de réduire l’improvisation au minimum. Lorsque l’intervention survient, ce ne sont pas les émotions qui guident l’action, mais des automatismes maîtrisés. Un enseignement particulièrement précieux à l’heure où les forces de terrain sont exposées à une pression constante.

Ce que le modèle GIGN dit de la crise des vocations
Le livre met également en lumière une réalité souvent passée sous silence : l’excellence attire, mais elle exige en retour un engagement institutionnel fort. Si les vocations s’érodent, ce n’est pas seulement en raison des contraintes du métier, mais aussi du sentiment de déclassement et de manque de reconnaissance.
Le modèle du GIGN montre qu’exigence et attractivité ne sont pas incompatibles. Au contraire, c’est souvent la clarté du cadre, la cohérence de la mission et la reconnaissance du savoir-faire qui donnent du sens à l’engagement. À l’inverse, l’abaissement des standards peut fragiliser durablement la confiance interne et l’image du métier.

Peut-on encore se payer l’excellence ?
La question est centrale et dérangeante. Former une élite coûte cher, en temps, en moyens et en énergie humaine. Mais "GIGN Top Action" suggère implicitement une autre interrogation : peut-on se permettre de ne plus le faire ?
Dans un environnement sécuritaire plus instable, où les menaces évoluent plus vite que les structures, la perte de compétence coûte toujours plus cher que l’investissement initial. L’excellence opérationnelle n’est pas généralisable à toutes les unités, mais elle irrigue l’ensemble du système lorsqu’elle est pensée comme un pôle de référence.

Une leçon transposable
Le GIGN n’est pas un modèle duplicable à l’identique. Mais ses principes : sélection exigeante, entraînement intensif, responsabilité assumée, le sont. "GIGN Top Action" rappelle ainsi que la question n’est pas seulement budgétaire ou organisationnelle. Elle est stratégique.
Former moins, mais mieux. Préparer plutôt que réparer. À l’heure des arbitrages difficiles, cette leçon mérite d’être posée clairement dans le débat public.

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