BAC : une force d’intervention rapide au cœur de la police du quotidien



Publié par La Rédaction le 27 Janvier 2026

Créée au début des années 1970, la Brigade anti-criminalité (BAC) s’est imposée comme un outil central de la réponse policière face à la délinquance de voie publique. Pensée à l’origine pour lutter contre les vols et agressions dans les grandes agglomérations, elle est aujourd’hui présente sur l’ensemble du territoire et constitue l’une des unités les plus engagées dans l’action policière quotidienne.



Emblème de la Brigade anti-criminalité (BAC)
Rattachée à la Police nationale, la BAC se distingue par son mode d’action. Les policiers opèrent majoritairement en civil et en véhicules banalisés, afin d’observer, de détecter et d’interpeller en flagrant délit. Cette logique d’anticipation et de mobilité vise à s’adapter aux dynamiques locales de délinquance, en particulier dans les zones urbaines les plus exposées.

Missions, recrutement et cadre d’intervention

L’accès à la BAC repose sur une sélection interne. Les policiers doivent d’abord intégrer la Police nationale, acquérir une expérience de terrain, puis réussir des épreuves physiques, psychologiques et professionnelles. Cette sélection vise à constituer des équipes capables d’intervenir dans des contextes instables et imprévisibles, où la rapidité d’analyse et la maîtrise de soi sont déterminantes. Une formation spécifique complète ensuite l’affectation.

Sur le plan des missions, la BAC intervient principalement sur la délinquance de voie publique et les infractions commises en flagrant délit. Elle participe également à des actions de recherche opérationnelle et apporte un appui aux autres services lors de situations dégradées. Sa logique d’emploi repose sur la mobilité, la réactivité et une connaissance fine du terrain urbain.

L’armement des policiers de la BAC a évolué dans le cadre plus large de la modernisation de la Police nationale. À l’origine, comme leurs collègues, les agents étaient dotés d’un revolver chambré en .357 Magnum, notamment le Manurhin MR 73. Ce choix, cohérent avec les doctrines des années 1970 et 1980, privilégiait la robustesse et la fiabilité. À partir des années 1990, la Police nationale engage une transition vers le pistolet semi-automatique, avec l’adoption du SIG Sauer SP 2022 en 9 mm, afin d’augmenter la capacité de feu et de faciliter le rechargement lors d’interventions rapides.

Depuis la fin des années 2010, le Glock 17 s’impose progressivement comme arme de poing standard, y compris pour les unités de BAC, dans une logique de fiabilité, de standardisation et de maintenance simplifiée.
En complément, les agents disposent de moyens de force intermédiaire, comme le pistolet à impulsion électrique et le lanceur de balles de défense, ainsi que d’armes longues accessibles dans les véhicules en fonction du niveau de menace.

Essentielle par sa réactivité et sa connaissance du terrain, la BAC occupe une place particulière dans le rapport entre police et citoyens. Sa présence est pensée comme dissuasive et immédiatement opérationnelle, mais elle alimente aussi des débats récurrents sur la police en civil et l’usage de la force. Ces tensions reflètent les contradictions inhérentes à une unité chargée de répondre à l’urgence sécuritaire, dans un environnement urbain marqué par de fortes attentes en matière de sécurité et de respect des libertés publiques.
 


Pour aller plus loin

Après un passage par l'armée de terre, Alexandre Vigier devient policer adjoint au ministère de l’Intérieur, puis gardien de la paix en police secours à Bezons. Intégrant la BAC départementale du Val-d’Oise, il rejoint le Groupe de Soutien Opérationnel comme "door-raider", maniant un vérin hydraulique ou un belier pour fracturer des portes blindées lors d’interpellations explosives.

Dans son livre Renfort Collègue publié chez Valeurs Ajoutées éditions, la tension est permanente. Il y dévoile un monde que personne ne voit : des hommes et des femmes qui avancent entre peur, adrénaline, loyauté et humour pour ne pas sombrer. Inspirée de situations vécues, leur réalité ressemble parfois à de véritables polars, tant l’imprévu rythme leurs nuits et façonne chaque décision. 

Un livre qu'il faut se procurer tant pour comprendre la réalité des missions de la BAC que l'état d'esprit des policiers.

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