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USS America : le LHA-6 signe les nouvelles ambitions amphibies des Etats-Unis



Publié par La Rédaction le 23 Septembre 2014

Le 15 septembre 2014, au terme d’un premier voyage inaugural, le Landing Helicopter Assault USS America a rejoint la base navale de San Diego. Tête de classe d’une nouvelle série de bâtiments, il est le résultat d’une évolution substantielle de la doctrine américaine en matière d’opérations amphibies.



U.S. Navy, photo by Mass Communication Specialist 1st Class Michael McNabb
U.S. Navy, photo by Mass Communication Specialist 1st Class Michael McNabb
Destinée à remplacer les LHA de classe Tarawa, dont le dernier bâtiment a été admis au service actif au début des années 1980, la nouvelle classe des LHA America est dérivée du dernier LHD (Landing Helicopter Dock) de la classe Wasp, l’USS Makin Island, admis lui au service actif en 2009. A l’instar des bâtiments équivalents, les bâtiments de classe America peuvent assurer les fonctions C4ISR et servir au besoin de navire hôpital avec une capacité initial de 60 lits pouvant être portée à plusieurs centaines en aménageant les espaces intérieurs.

Comme l’USS Makin Island, le pont de la classe America a été structurellement conçu pour optimiser les manœuvres aériennes et le timing des cycles d’atterrissages, avitaillements, décollages. Le pont a également été renforcé en surface pour pouvoir supporter la chaleur dégagée par les tuyères des MV-22 et des F-35B. Différence notable avec l’USS Makin Island, les deux premiers bâtiments de classe America prévus (USS America et USS Tripoli, en cours de construction) ne comportent pas de radier. Cela signifie très concrètement qu’ils n’embarquent pas de batellerie annexe susceptible de débarquer des troupes et du matériel sur les côtes par voie maritime. Pas de LCAC ou de future SSC (Ship-to-Shore Connector) à bord, la marine américaine renonce en cela à la conquête de vive force d’une tête de pont sur la côte.

Deux raisons à cela. La première est d’ordre pratique : en renonçant au radier, le bâtiment peut emporter bien plus de carburant et de munitions, tout en ménageant une place suffisante pour accueillir dans ses flancs les MV-22 Osprey et les F-35B, nettement plus encombrants que les matériels qu’ils sont censés remplacés (CH-46 et AV-8B). En ordre de bataille, la configuration standard prévoit ainsi l’accueil et le soutien de 12 convertibles MV-22B Osprey pour le transport, six STOVL F-35B, quatre hélicoptères de transport lourds CH-53K, sept hélicoptères d’attaque AH-1Z/UH-1Y et deux hélicoptères MH-60S navalisés pour les opérations de sauvetage en mer. C’est quasiment un tiers d’aéronefs supplémentaire par rapport à la classe Wasp.

La deuxième raison est d’ordre tactique, en renonçant aux débarquements côtiers (sur les deux premiers exemplaires de cette classe de bâtiments uniquement), l’US Navy et les Marines se dotent d’un outil conçu pour opérer dans la profondeur. Capable d’opérer très loin des côtes, bien au-delà de la ligne d’horizon, la classe America permet une grande souplesse tactique en s’affranchissant de la contrainte de trouver une côte apte au beaching. L’utilisation de troupes héliportées soutenu par hélicoptères d’assaut et F-35B permet de conduire une opération de conquête ou de destruction de points clés bien en arrière des côtes. Dans le contexte d’opérations de haute intensité, la Navy et les Marines disposent des moyens de concentration des efforts, avec la faculté de délivrer un grand volume de feu, puis de troupes, en un point donné, très rapidement. Les Etats-Unis renouent en cela avec le principe du raid héliporté dans la profondeur.

U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Scott Pittman
U.S. Navy photo by Mass Communication Specialist 2nd Class Scott Pittman