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Nouveaux déploiements de matériels au Mali



Publié par La Rédaction le 18 Janvier 2013

La France est actuellement en train de déployer sur le théâtre malien des canons automoteurs CAESAR, des VBCI, des AMX-10 RC et deux drone Harfang (déployés eux à Niamey au Niger). On se rapproche très fortement de la structure de force utilisée en Afghanistan, à ceci près que les premiers chiffres envisagés sont supérieurs pour le Mali (au moins pour les VBCI).



SIDM Harfang
SIDM Harfang
La décision de ce déploiement est révélatrice d’au moins deux choses : le conflit en cours est d’une intensité supérieure aux attentes, et sa durée risque, de même, de dépasser les prévisions. Si telle n’était pas l’analyse des décideurs militaires, il y a fort à parier qu’ils ne prendraient pas le risque d’un acheminent long, coûteux et complexe, à l’heure où certains journalistes commencent à s’interroger sur le coût final de cette opération, en période de restrictions budgétaires. Néanmoins, la France doit à ses soldats les meilleurs équipements possibles pour remplir la mission qui leur est confiée.

Il s’agit aussi d’un message destiné aux islamistes que nous commençons à affronter : la France est prête à engager ce qu’elle de mieux et de plus récent pour venir à bout de ses ennemis. Cela signifie que la guerre au Mali est prise très au sérieux : il y a une réelle volonté politique de porter très vite des coups très rudes aux islamistes. Comme développé dans le post précédent, une telle occasion ne se représentera peut-être pas de sitôt. D’un point de vue pratique, si la France renonce au transport aérien, le plus simple semble être un transport par bateau jusqu’en Côte d’Ivoire, puis un acheminement routier jusqu’au Mali. Cela impliquerait par contre des délais d’une à deux semaines avant le déploiement opérationnel de ces matériels. Dans ces conditions, il serait dommage de se priver plus longtemps des avions de transports stratégiques prêtés par nos alliés.

Pour ce qui est des matériels déployés, petit rappel des caractéristiques :
  • CAESAR, automoteur d’artillerie en 155 mm (18 obus embarqués), 42 km maximum de portée, sur châssis 6x6 de 600 km d’autonomie. C’est un système d’artillerie très précis, très mobile, qui peut quitter sa position de tir après une salve de six obus (tirée par chaque pièce d’artillerie), avant même que le premier obus ait touché le sol ;
  • VBCI, véhicule de combat d’infanterie équipé d’une tourelle monoplace où prend place un canon de 25 mm (avec 400 coups prêts au tir) et une mitrailleuse de 7,62 mm. C’est un véhicule 8x8 de 30 tonnes, avec 750 km d’autonomie. Il est également doté de systèmes de brouillage pour missiles filoguidés et de lances-leurres. Dans sa configuration afghane ont été ajoutés des filets anti-RPG RPGnets de QinetiQ, un système de brouillage contre les IEDs et des affûts pour Minimi à l’arrière. Très mobile, y compris en tout-terrain, le VBCI est doté de toute une suite de moyens d’acquisition IL et IR, avec des portées de détection de l’ordre de 5000 m. Il est de plus suffisamment résistant pour pouvoir résister à tout l’inventaire des milices du Mali, exception faite d’éventuels missiles anti-char ;
  • AMX-1ORC, char de reconnaissance à 6 roues de 16 tonnes et 1000 km d’autonomie, équipé d’une tourelle trois hommes portant un canon de calibre 105 mm pour 1500 m environ de portée pratique. C’est un véhicule également très mobile, bien protégé, qui a connu tous les théâtres depuis la guerre du Golfe ;
  • SIDM Harfang, drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) de 1000 km de rayon d’action pour 24 heures d’autonomie (vitesse maximale de 200 km/h environ). Il est équipé d’un radar ventral SAR (Synthetic Aperture Radar) et d’une boule optronique cinq voies (trois voies laser de télémétrie et désignation, une voie jour et une voie IR avec différents grossissements. Contrairement à l’Afghanistan, le théâtre malien va vraisemblablement se prêter beaucoup plus à l’usage du radar ventral. Celui-ci a pour vocation la détection des mouvements terrestres. Pour peu que nos drones soient autorisés à entrer dans l’espace aérien mauritanien, cela pourrait s’avérer très utile pour traquer les colonnes de miliciens en retraites vers leurs zones refuges. Le défaut de cette manœuvre est la localisation de la base de départ des drones : située à au moins 700 km de la zone de combat, cela signifie entre un tiers et la moitié du potentiel de l’engin sacrifié pour les trajets. D’autre part, la France risque de rapidement regretter de ne pas disposer de drones armés.















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