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Louis Gallois : un patron de gauche pour réformer l'État



Publié par La Rédaction le 29 Mai 2013

Commissaire général à l'investissement, une importante responsabilité qui sied à merveille à Louis Gallois, un industriel qui a enchainé les succès partout où il a exercé. Depuis 2012, cet ancien premier responsable de la SNCF et d'EADS est ainsi chargé par le gouvernement de la mise en œuvre des investissements d'avenir. Premier défi dans lequel l'engage le Premier ministre : l'établissement d'un programme à même de remettre la compétitivité de l'Hexagone sur la meilleure des voies. Patron avisé au riche cursus, cet énarque de formation n'en est pas moins un leader porté par des convictions étiquetées à gauche. Retour sur les plus grands points du long parcours de Louis Gallois.



Louis Gallois : un patron de gauche pour réformer l'État
Retour aux affaires pour Louis Gallois

À la tête d'EADS entre juillet 2007 et mai 2012, Louis Gallois est un artisan important du flamboyant dynamisme de ce groupe. À la fin du mandat de cet ancien PDG, la filiale Airbus du groupe industriel européen affiche un carnet de commandes complet. Des résultats positifs plus qu'attendus sont constatés, à l'instar des 1 400 appareils à livrer dans l'année ou encore la disponibilité de près de 11 milliards d'euros dans les caisses. Encore plus important que le seul aspect financier, les différentes manœuvres opérées par Louis Gallois alors à la tête d'EADS éteignent les différends franco-allemands dans le groupe, source d'interminables dissensions depuis de nombreuses années. Ces faits d'armes de l'illustre industriel allaient-ils être ses derniers succès ? Personne ne s’attendait alors à ce que Louis Gallois allait rempiler dans les plus hautes fonctions quelques semaines plus tard.

C'est ainsi que dès juin 2012, l'ex-PDG enfile le costume de Commissaire général à l'investissement, un poste diligenté par le Chef du gouvernement et globalement en charge de mettre en orbite une réforme visant à redonner de la vigueur à la compétitivité tricolore. À l'heure où les entrepreneurs sont de plus en plus perplexes quant à l'issue de la crise économique et que les salariés restent fragilisés par d'éventuels revirements de situations, ce patron est l'homme qu'il faut à la place qu'il faut. Comme en témoigne ses nombreuses réussites passées, symbolisées par des consensus fructueux épargnants les salariés et prenant en compte les actionnaires. Louis Gallois entreprend ainsi une nouvelle bataille, au cours de laquelle ses compétences et son expertise seront une fois encore mises à l'épreuve.

Un haut responsable public doublé d'une fibre industrielle

Le long parcours de Louis Gallois laisse transparaître la sensibilité sociale qui l’habite. Lors de ses jeunes années à l'ENA, le futur PDG devient membre à part entière de la CFDT, qui en ce temps-là crée sa section dans cette école d'administration. À la même époque, ce diplômé de HEC adhère également au parti socialiste, scellant à jamais ses convictions de gauche. À la sortie de la promotion Charles de Gaulle en 1972, son chemin semble tout tracé. D'abord en poste à la direction du Trésor, c'est en 1981 au cours du triomphe des socialistes qu'il devient titulaire de ses premières grandes responsabilités publiques. Jean-Pierre Chevènement héritant des portefeuilles ministériels de la Recherche et de la Technologie, puis de la Défense quelques années après, Louis Gallois est nommé directeur de son cabinet.

Entre-temps, il aura eu l'occasion d'occuper les fonctions de directeur général de l'industrie puis de chargé de mission au ministère de l'économie, des finances et de la privatisation. Fort de ces expériences, c'est alors tout naturellement qu'on lui délègue en 1989 le poste de PDG de la Snecma, puis de l'Aérospatiale 3 ans plus tard. Ses différents postes à responsabilité forgent le savoir-faire et l'expérience de Louis Gallois : loyal envers l'administration et les pouvoirs publics, c'est également un industriel accompli. Dès lors, prendre les rênes de la SNCF est une tâche à sa mesure. En 1996, il est ainsi nommé par Alain Juppé à la présidence de cette entreprise publique, pour un mandat qui s'achèvera une décennie après, car il sera PDG d'Airbus et co-président d'EADS dès 2006.

Un industriel désintéressé par l'argent

Au cours de ses mandats dans ces différents groupes d'envergure, les compromis mis en œuvre par ce président efficace ont ramené l'ordre et favorisé un cadre propice à la croissance. À la SNCF, il fut à l'origine du pacte social sans lequel l'entreprise aurait vécue des dissensions entre syndicats et gouvernants. Son passage à la tête de cette société publique est aujourd'hui encore évoqué et salué par les cheminots. Chez EADS, il parvient à maîtriser les tensions entre les actionnaires français et allemands, tout en se forgeant une image de patron rassurant, fidèle à l'État et surtout désintéressé par l'argent. Comme l'illustre le versement d'une partie de sa rémunération à des associations humanitaires et sociales.




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