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Les trains Bombardier entre succès et retards



Publié par La Rédaction le 28 Novembre 2014

En Amérique du Nord, en Asie, et surtout en Europe, le matériel roulant ferroviaire Bombardier est parmi les plus plébiscités. Pourtant, certains revers mettent à mal la crédibilité et la fiabilité du constructeur.



Le nouveau Regio2N (crédit Bombardier)
Le nouveau Regio2N (crédit Bombardier)
La renommée du groupe Bombardier a gagné une envergure mondiale depuis plusieurs années. À ses débuts, l'entreprise canadienne s'est fait connaître pour ses différents types de véhicules de loisirs : autoneiges, motoneiges, motomarines et hors-bords. Délaissant petit à petit son secteur de prédilection, l'enseigne a diversifié ses activités pour s'orienter exclusivement vers les secteurs prépondérants que sont l'aéronautique et le transport ferroviaire. Aujourd'hui, Bombardier est un des plus grands acteurs mondiaux dans ces domaines respectifs. La division aéronautique du groupe est une référence dans l'univers de l'aviation commerciale. Quant à sa filiale transport, elle joue le premier rôle sur de nombreux continents. 

Bombardier Transport aux premières places mondiales

Le géant Bombardier est un spécialiste reconnu du transport ferroviaire. Au cours des dernières décennies, il ne se passe pas une année sans que le groupe ne signe un contrat majeur d'approvisionnement de matériel roulant. Dans le domaine du transport ferroviaire, le groupe canadien mène ses affaires de main de maître. Il dispose ainsi de nombreuses unités de fabrication au niveau de la plupart des pays au sein desquels il négocie ses contrats. L'un de ses succès les plus retentissants s'illustre par exemple par sa réussite en terres chinoises, là même où le groupe a érigé une usine d'assemblage employant près de 4 000 salariés. Dans ce pays qui compte aujourd'hui plus de dix mille kilomètres de voies ferrées à grande vitesse, le succès du groupe a été fulgurant.

La Chine, un marché à potentiel dans l'escarcelle de Bombardier

En 2007, le Zefiro, l'équivalent du TGV chez Bombardier, a séduit les responsables des chemins de fer chinois. C'est ainsi que dès 2009, près de 400 unités de ce train à grande vitesse ont été commandées par les autorités du pays de l'Empire du Milieu. Dès lors, le succès n'a été que grandissant pour la firme canadienne, car de nouveaux contrats ont été signés avec son collaborateur local pour la fourniture cette fois du CRH 1, un train performant qui atteint la vitesse de 380 kilomètres/heure. La coopération prend d'ailleurs désormais la forme de co-entreprises : CSR Nanjiing Puzhen et Bombardier vont ravailler ensemble sur le système de monorails Innovia 300, déjà exploité à Guangzhou en Chine.

En Europe, le constructeur connaît également la même histoire, s'adjugeant une part importante du marché au grand dam de ses concurrents du Vieux Continent. En Italie par exemple, Bombardier est derrière le train à grande vitesse de la compagnie italienne Trenitalia. Mais certains problèmes subsistent, teant à la fois aux cadences de livraison mais aussi à la fiabilité de nouveaux modèles.

Des dysfonctionnements en Allemagne et en Suisse

Les déboires connus par certains des trains Bombardier en Europe ont récemment fait naître des litiges ces dernières années, entre les compagnies exploitantes et le constructeur canadien. Outre-Rhin, les trains de banlieue fournis à Deutsche Bahn par Bombardier ont ainsi cumulé plusieurs dysfonctionnements. Ainsi, l'opérateur de transport allemand évoque les nombreux ajustements effectués sur ce matériel de transport : les systèmes de frein ou de moteur ont été revus et parfois même remplacés. En raison de ces perturbations inattendues, la compagnie allemande a pris le taureau par les cornes et a déposé un recours pour réclamer des dommages et intérêts à hauteur de 350 millions d'euros à Bombardier. La compagnie allemande a dirigé deux plaintes contre Bombardier pour des problèmes techniques sur d'autres trains régionaux. Des procédures pour lesquelles Deutsche Bahn demande réparation à hauteur de 160 millions d'euros.

En Suisse, les commandes de trains prennent du retard. Alors que des trains à deux étages circulent déjà en Bretagne, les nouveaux Regio2N, la Suisse recevra les seins avec plusieurs années de retard sur la calendrier initial. A l'origine prévues pour 2013, la première livraison aux CFF attendra au moins 2015, pour une mise en service effective en 2017.

En Île-de-France, les trains Bombardier tardent à séduire

Dans l'Hexagone, les trains Bombardier ont la faveur de nombreuses régions pour équiper les lignes régionales. En Rhône-Alpes, Nord-Pas-de-Calais, Bretagne, Aquitaine, Centre ou Provence-Alpes-Côte d'Azur, ce sont les trains Regio2N fabriqués par la firme canadienne qui ont été choisis par les autorités. Mais en Île-de-France, le train Francilien fabriqué par Bombardier mis en service en décembre 2009 ont peiné à convaincre en raison des incidents subis par les nouvelles rames. Selon les responsables franciliens, le nombre de pannes au cours des premiers mois d'essais a été plus de dix fois supérieur à ce qui était initialement attendu, soit 800 incidents par million de kilomètres au lieu des 50 escomptés. Ce manque de fiabilité s'illustre surtout par les dysfonctionnements des emmarchements mobiles contrôlés par la machine. De fait, la SNCF a négocié avec le constructeur le paiement de diverses pénalités pour pallier ces désagréments, les coûts d'intervention engendrés par les problèmes techniques ainsi que les retards de livraison occasionnés.















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