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Les systèmes de surveillance terrestre au Mali



Publié par La Rédaction le 29 Janvier 2013


Les moyens de renseignement et de surveillance augmentent considérablement en nombre au Mali et dans la région du Sahel. En plus des drones Predator américains, des deux drones Harfang, de cinq Atlantique 2, et de possible C-160 Gabriel (avion français de guerre électronique), le 25 janvier, c’est au tour des Anglais de nous fournir un avion Sentinel R Mk1 (ou R.1), plateforme ISR dernier cri. Basée sur un Bombardier BD-700 Global Express très largement modifié, il s’agit d’un des meilleurs systèmes radar de surveillance terrestre jamais conçus.



Sentinel R.1 (crédit Wikimedia commons.org)
Sentinel R.1 (crédit Wikimedia commons.org)

 
Les Anglais disposent de seulement cinq exemplaires de cet appareil, qui a effectué son premier vol le 26 mai 2004. Il est par ailleurs prévu qu’ils soient retirés du service en 2015, à la fin des opérations afghanes pour l’armée britannique, décision annoncée lors de la publication de la Strategic Defense & Security Review de 2010. Il peut rester 11 heures en vol pour une distance franchissable de 8800 km. Opérant à 15500 mètres d’altitude, son radar SAR/ASTOR (Synthetic Aperture Radar/Airborne Stand-Off Radar) produit par Raytheon, est conçu pour une observation du sol en latéral à longue distance (entre 250 et 300 km) avec une résolution de 50 cm, permettant ainsi à l’appareil de rester dans un espace aérien « ami ». Le Sentinel est doté de toute une suite de capteurs ISR et de systèmes de protection, incluant récepteur d’alerte radar, système d’alerte missile et leurres radar tractés. Les informations recueillies par le radar, installé sous le ventre de l’appareil, sont transmises à une station-sol, pour une exploitation affinée des résultats, avant transmission aux échelons militaires concernés. Les militaires britanniques espèrent qu’il prouvera son utilité au Mali, comme il a pu le faire en Libye, et que cela infléchira la décision de retrait de service.
 
Nous sommes naturellement redevables envers le Royaume-Uni de nous prêter un tel instrument, même si, comme notre armée de terre à l’heure du futur Livre Blanc, les militaires d’outre-Manche ont peut-être une idée derrière la tête. Mais pourquoi ne pas utiliser également notre sytème de surveillance terrestre, le radar HORIZON, sous cocon depuis 2008 ? Certes, le système est jugé ancien et nécessite une modernisation en profondeur pour être porté aux standards actuels, en matière de reconnaissance terrestre. Il a de plus été mis en sommeil du fait de coûts de maintenance élevés. Néanmoins le système a déjà fait ses preuves sur un théâtre approchant, lors de la première guerre du Golfe en 1991, mais aussi dans les cieux serbes en 1999. La France dispose d'au moins trois exemplaires de ce matériel, actuellement sous cocon avec leur deux stations-sol, sur la base de Phalsbourg où est stationné le 1er RHC. On peut décemment penser qu’au moins un est en état de marche.
 
Basé sur le la cellule d’un AS 532 UL Cougar, le système HORIZON (pour Hélicoptère D’Observation Radar et d’Investigation de ZONe) est principalement composé d’une antenne déployable sous l’appareil pendant les observations, et rabattues sous la queue pendant les phases de transit. Le radar est de type Doppler travaillant entre 8 et 12,5 GHz ; la machine dispose d’un système de liaison de données par satellite SYRACUSE pour pouvoir transmettre les informations recueillies à une station-sol qui en fera l’analyse. Sa portée est de 150 km environ (jusqu’à 200 km dans de bonnes conditions) sur 360°, à 4000 mètres d’altitude. Cela correspond à plus de 20000 km2 couverts toutes les dix secondes (période d’une rotation radar). Antenne déployée, l’hélicoptère peut se déplacer à environ 180 km/h. Bien qu’il soit d’un type déjà ancien, son radar est en mesure de faire la distinction à toute distance entre des véhicules chenillés et des véhicules à roues. Avec une résolution d’environ 10 mètres à 150 km, il peut détecter des objectifs mobiles avec des vitesses comprises entre 8 et 280 km/h. On est loin des capacités des radars SAR modernes, mais nul doute que pour détecter des pick-up dans le désert, il pourrait être utile, malgré une autonomie limitée à trois heures. D’autant qu’il présente un avantage tactique que d’autres plateformes n’ont pas : la réactivité. En profitant des caractéristiques de la plateforme, le système peut être utilisé à partir d’aéroport avancées (comme Gao ou Tombouctou par exemple). Avec des temps de transit réduits au minimum, il pourrait être utilisé sur court préavis dans le cadre d’opérations de recherche vers le Nord du Mali, sachant qu’il dispose de plus de 800 km de rayon d’action. Ce type de déploiement rapide n’est pas envisageable avec des drones situés à Niamey (cas des SDTI Harfang) et un avion Sentinel R.1 qui, au mieux, doit être basé à Bamako. Le système HORIZON pourrait constituer le moyen d’acquisition rapide, avant d’être relevé sur position par des systèmes plus endurants, mais plus longs à mettre en place. Dans le jeu de cache-cache qui pourrait nous attendre avec les djihadistes, autant mettre toutes les chances de notre côté.
 
















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