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La voiture électrique sauvera-t-elle Heuliez ?



Publié par La Rédaction le 3 Juillet 2013

Désormais soutenue par sa branche Mia Electric, la PME spécialisée dans l'équipement automobile Heuliez se lance dans un nouveau projet de relance économique. Les multiples faillites et licenciements rencontrés au cours de ces dernières années n'ont en effet pas eu raison de la société qui, consacre aujourd’hui, ses ressources à la réalisation d'une activité censée soutenir son redressement. Au programme, un nouveau dirigeant arrivé à la mi-juin 2013 et des investissements importants alloués à la Mia, la voiture électrique du constructeur.



Heuliez fournit entre autres des élements de carrosserie pour ACMAT (source : Heuliez.com)
Heuliez fournit entre autres des élements de carrosserie pour ACMAT (source : Heuliez.com)
Des années difficiles

L'entreprise familiale spécialisée dans l'équipement automobile a longtemps été un fleuron de l'industrie française. Fournisseur d'Opel, de Volkswagen et de Lamborghini, Heuliez a fait la fierté de la région Poitou-Charentes et de la présidente du conseil régional, Ségolène Royal. En 2006, la société rencontre toutefois des difficultés et elle doit réduire ses effectifs afin de rester rentable. Un peu plus de 360 salariés sont licenciés en juin de la même année, mais cette réduction d’effectif  ne suffit pas et Heuliez est au bord de la faillite en 2007. Devenue un enjeu politique, l'entreprise survit difficilement malgré les aides de l'État et de la région : une procédure de sauvegarde en 2007, un investissement de 10 millions d'euros en mars 2009, un autre de 5 millions d'euros au mois de mai avant de se voir allouer un prêt vert de 8 millions d'euros en 2010.

Une reprise ratée

En 2010, afin d'optimiser le fonctionnement de la société et accroître ses chances de redressement, les activités d'Heuliez sont reprises par le français BGI (Baelen Gaillard Industrie) et les Allemands ConEnergy et Kohl. Deux structures différentes voient le jour suite à cette « alliance » : Heuliez, dirigée par BGI, se concentre sur la sous-traitance industrielle et l'emboutissage tandis que Mia Electric, gérée par ConEnergy, Kohl et la région Poitou-Charentes, se charge de la production de véhicules électriques. L'entreprise emploie un peu plus de 450 salariés jusqu'en avril 2013, date à laquelle la branche Heuliez est déclarée en faillite et placée en redressement judiciaire. Aujourd’hui, Mia Electric continue ses activités autour des 210 salariés de la branche restante de la société. Son bilan est loin d'être optimiste seuls 337 véhicules ont été vendus sur les 12 000 attendus en 2012. Toutefois, la reprise récemment effectuée en juin devrait lui donner un nouveau souffle.

Une rentabilité en 2014

La reprise de Mia Electric par Michelle Boos, une femme d'affaires franco-coréenne, devrait permettre de sauver les activités d'Heuliez de manière pérenne. La nouvelle présidente du constructeur automobile prévoit d'ores et déjà une rentabilité de l'entreprise d'ici 2014 en s'appuyant sur le soutien de différents investisseurs. Ces derniers ont contribué à la reprise des activités de Mia Electric en y investissant près de 36 millions d'euros, une somme qui permettrait à l'entreprise de fonctionner de manière normale même sans réaliser de ventes. Le nouveau plan d'action de Michelle Boos se résume en 4 étapes : réduire les prix, augmenter la production, diversifier l'offre, étendre le réseau de distribution.

D'autres stratégies sont également envisagées par la nouvelle présidente afin de rentabiliser l'entreprise et minimiser les pertes. Elle prévoit entre autres de réduire les coûts de production d'un tiers en renégociant avec les fournisseurs, mais elle envisage également de produire des véhicules Mia fonctionnant à l'aide d'une pile à combustible à hydrogène.

A la recherche de nouveaux investisseurs

À la tête de Mia Electric, Michelle Boos prévoit de faire venir de nouveaux investisseurs. Son objectif est d'accroître les ventes du véhicule électrique et à terme, elle envisage d'effectuer une entrée en bourse. Pour y parvenir, elle mise sur la bonne santé financière de l'entreprise qui s'est désormais acquittée de ses dettes et qui dispose des moyens suffisants lui permettant de tourner normalement durant les 3 prochaines années. Les contrats d'ingénierie, essentiellement orientés sur le développement de nouveaux combustibles devraient également permettre aux véhicules électriques d'accroître leur autonomie. Cela devrait susciter l'intérêt des clients, professionnels et particuliers, qui cherchent désormais à réduire leurs charges et à optimiser leurs activités.

Après l'échec politico-économique d'Heuliez, le développement des activités de Mia Electric apparaît comme un événement inespéré. Malgré les pertes, l'entreprise envisage positivement l'avenir et prévoit un redressement financier d'ici quelques mois.