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La voiture électrique, entre espoir et scepticisme ?



Publié par La Rédaction le 26 Septembre 2012

Les préoccupations environnementales de notre époque et la raréfaction du pétrole suscitent tous les fantasmes concernant l'avenir de l'automobile. La voiture électrique quant à elle, se fait attendre et semble ne toujours pas pouvoir répondre aux besoins du plus grand nombre. Des progrès ont pourtant été faits, mais l'électrique pourrait ne pas être la seule alternative.



La voiture électrique, entre espoir et scepticisme ?
La voiture électrique sera-t-elle la voiture de demain ?

On en entend parler depuis des années, mais elle peine à séduire les consommateurs qui se demandent toujours où et comment ils vont pouvoir recharger les batteries de leur véhicule. La voiture électrique est pour l'heure la solution privilégiée pour se désaccoutumer des moteurs thermiques, cependant son utilisation à grande échelle n'est pas envisageable dans un avenir à court terme. Et pour cause, les réseaux d'approvisionnement sont très peu développés pour ne pas dire quasi inexistants, sans compter que l'autonomie des véhicules électriques reste faible et que leur coût d'acquisition demeure peu incitatif à l'achat. Des obstacles de taille qui ne pourront être surmontés dans un premier temps, que par la mise en place d'infrastructures adaptées, et de normes réglementaires qui accompagneront le développement des réseaux d'approvisionnent. Le moteur électrique reste malgré tout la solution la plus crédible pour concilier réduction de gaz à effet de serre et croissance des parcs automobiles des pays émergents. Quoiqu'une récente étude démontre que l'impact environnemental et sanitaire des voitures électriques est bien plus important qu'on pourrait le croire.

Quand la voiture électrique pollue

Une récente étude, menée conjointement par des chercheurs de l’université de Pékin et du Minnesota, a démontré que les voitures électriques en Chine avaient une incidence plus néfaste sur la population que les voitures à moteur thermique. Le résultat de cette étude publiée dans le magazine Environmental Science and Technology, montre que ce ne sont pas les voitures en elles-mêmes qui polluent, mais les lieux de production de l'électricité. Il s'avère que l'exploitation de véhicule en Chine nécessite une puissance électrique dont la production entraine l'émission massive de fines particules nocives pour la santé. Des émissions qui dépassent de loin celles que génère le parc de véhicule thermique du pays. Ce constat est spécifique à la Chine qui produit 85 % de son électricité grâce à la combustion de charbon, mais remet en question cette certitude que la voiture électrique est la solution la plus écologique. Or c'est là son principal atout, pour ne pas dire le seul. Il est vrai que l'on omet trop souvent de considérer l'impact carbone au niveau de la production, mais cet argument a fait son chemin, et il apparait aujourd'hui crucial de repenser le système automobile dans son intégralité.

Réinventer le système automobile

Force est de constater que le lien entre automobile et environnement ne se résume pas à la voiture électrique. Certes elle n'émet pas de gaz à effet de serre lorsqu’elle roule, mais beaucoup d'obstacles empêcheront sa production en masse. C'est toute l'industrie automobile qui doit se remettre en question, car le système bâti autour de la voiture au cours du 20e siècle ne peut plus être soutenu. Il y a, aujourd’hui, un souci environnemental, parce que la fin du pétrole s'annonce déjà, mais aussi parce que nos villes sont congestionnées par la circulation. Ce dernier aspect n'est pas à prendre à la légère avec la croissance rapide du nombre de voiture dans les pays émergents. Durant le dernier Congrès mondial du mobile à Barcelone, le patron de Ford lançait d'ailleurs dans un discours que la perspective d'un embouteillage planétaire pointerait d'ici peu son nez si nous ne faisons rien. Selon lui, la solution réside dans la voiture connectée. Les avancées technologiques en la matière donnent du reste, de bons espoirs.

Vers des voitures connectées

Partant du constat que le monde risque fort de se retrouver dans un bouchon sans fin, le patron de Ford explique qu’il en résulterait une consommation d'énergie accrue, davantage d’émissions de gaz à effet de serre, et beaucoup de temps perdu. Un temps qui risquerait de compromettre le bon fonctionnement de l'économie dans son ensemble. L'intérêt de la voiture connecté réside donc dans sa capacité à aider le conducteur en échangeant des informations avec d'autres véhicules ou des systèmes de contrôle, afin d'éviter des embouteillages par exemple, ou d'appeler les secours en cas d'accidents, ce qui réduirait les délais d'intervention et donc l’immobilisation des véhicules sur les lieux de l'accident. L'industrie des télécoms a donc un rôle important à jouer dans le développement du véhicule de demain. Cependant, la voiture connectée et autonome ne pourra voir le jour dans un avenir proche, et pour l'heure, l'amélioration des technologies existantes constitue une alternative prometteuse de transition vers la voiture de demain.

Améliorer les technologies existantes

Des chercheurs de la Nanyang Technological University et du MIT travaillent actuellement à l'automatisation d'un véhicule à prix abordable. Le but de leurs travaux est d'améliorer la collecte d'information qui permet l'automatisation, car les nombreux capteurs nécessaires à la localisation entre autres coûtent cher. Le Directeur, Recherche et Développement de l'Intelligent Systems Centre de la Nanyang Technological University, explique que pour automatiser un véhicule sans en augmenter le prix de manière excessive, il faut que quelques capteurs seulement, puissent communiquer entre eux, mais avec une meilleure précision. Le but étant de les mettre en relation avec d'autres véhicules à travers un GPS traditionnel. Ainsi, la localisation des véhicules pourrait être plus précise, de l'ordre de trois à quatre mètres, et les véhicules sauraient par exemple, calculer de meilleurs itinéraires en fonction des embouteillages. La confrontation des informations entre les GPS et les capteurs des différents véhicules, mais aussi avec les informations du satellite auquel est relié chaque GPS, permettrait également de détecter des obstacles et d'anticiper des évènements ou encore de réduire les temps de trajets. Ainsi, la simple amélioration de la précision des GPS admettrait des réductions d’émission de gaz à effet de serre. Il n’en demeure pas moins que la voiture électrique reste la solution la moins polluante à l’exploitation, mais que toutes les pistes doivent être explorées pour en arriver à un nouveau système automobile. Un système dans lequel la voiture serait idéalement électrique, où les infrastructures faciliteraient les approvisionnements, et où les véhicules seraient autonomes.















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