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La Russie est entrée à l'OMC



Publié par La Rédaction le 18 Octobre 2012

La Russie vient de recevoir le feu vert de l'organisation mondiale du commerce pour devenir l'un de ses membres. Un évènement que la Russie attend depuis 18 ans déjà, et qui va bouleverser son économie.



La Ministre russe du Commerce Elvira Nabiullina lors de la cérémonie d'intégration de la Russie à L'OMC
La Ministre russe du Commerce Elvira Nabiullina lors de la cérémonie d'intégration de la Russie à L'OMC
La Russie, enfin membre de l'OMC

En 1993, la Russie déposait sa candidature pour devenir membre de l'OMC. Plusieurs partis politiques russes s'étaient alors opposés à la ratification du protocole, car ceux-ci ne voulaient pas que les entreprises étrangères inondent le marché russe. La cour constitutionnelle avait débouté la demande de blocage de ces partis, mais les négociations étaient déjà mal entamées. La Russie, depuis tout ce temps, a toujours été mitigée sur les bienfaits d'une adhésion à l'OMC, et il aura fallu que la crise de 2008 la mette à genoux, pour convaincre l'actuel gouvernement de devenir membre de l'OMC. Ajouté à cela, le climat entre les États-Unis et le Kremlin n'était pas des plus propices jusqu’à l’arrivée de Monsieur Obama au pouvoir. Mais ce n’est pas tout, car en s'engageant dans un conflit contre la Géorgie en 2008, la Russie a été mise à l’écart. Toutes les négociations avaient été interrompues. De nombreux obstacles se sont ainsi mis au travers des négociations entre les pays membres de l'OMC et la Russie. Cette dernière a battu le record d'attente pour devenir membre de l'OMC. C’est chose faite depuis le mois d’août dernier, et la Russie fait désormais, officiellement partie de l’organisation mondiale du commerce.

Des opportunités pour les investisseurs européens, et des soucis pour les entreprises russes

L’économie du pays est essentiellement basée sur les exportations d’hydrocarbure et de gaz. Or, ces deux segments profitent déjà d’une réglementation favorable. De plus, la main-d'œuvre russe est bien trop chère pour inciter les entreprises européennes à délocaliser vers la Russie. Le pays n’a donc aucune chance de voir ses IDE augmenter comme en Chine. Membre de l’OMC, cette dernière a vu son économie croître de manière fulgurante, et c’est aujourd’hui le pays qui attire le plus d’investisseurs étrangers. Contrairement à la Chine, la Russie ne profitera pas autant de son entrée à l’OMC. Pour autant, son adhésion à l’OMC va tout de même apporter de nombreuses opportunités aux investisseurs européens. Beaucoup de secteurs sont encore peu développés, et rencontrent peu de concurrence. À titre d’exemple, 90% des volailles consommées en Russie proviennent d’éleveurs russes. Ce secteur risque de voir apparaitre des concurrents de taille qui proposeront des gammes de produits plus variées et des prix plus compétitifs. Ainsi, de nombreuses entreprises russes risquent de mettre la clé sous la porte. Mais le côté positif pour des secteurs tels que l’agroalimentaire réside dans une offre plus large qui profitera aux consommateurs. Ces derniers auront un meilleur pouvoir d’achat et accéderont à de meilleurs produits. La concurrence va contraindre les commerçants russes à améliorer leurs offres pour résister à l’arrivée de nouvelles entreprises.

La concurrence aura du bon pour le pays

La Russie est réputée pour être un pays protectionniste, et la peur de voir les entreprises étrangères envahir le pays a été un facteur important dans le retard de l’adhésion de la Russie à l’OMC. Le pays a toujours douté des bienfaits d’une adhésion, mais aujourd’hui, les avantages commerciaux pèsent plus lourd dans l’opinion des dirigeants. La communauté internationale est la première à se féliciter de l’adhésion de la Russie, car les réseaux de corruption seront affaiblis par un nouveau besoin de transparence. Les consommateurs en seront les premiers bénéficiaires et les entreprises russes pourront accéder à la technologie à des coûts moindres. Il s’en suivra une modernisation générale de l’économie et du pays. Les bénéfices de l’adhésion de la Russie à l’OMC seront donc aussi importants pour les états européens que pour la Russie. Cependant, il et vrai que certaines industries risquent gros, mais une baisse progressive des barrières douanières devrait amortir les effets négatifs sur l’économie. Une réduction des taxes favorisera d’autre part les investissements directs étrangers. Ainsi, les entreprises russes auront le temps de s’adapter, alors que les investisseurs européens se feront de plus en plus nombreux. En moyenne, la taxation douanière sur les produits devrait être ramenée à 7,8 %, alors qu’elle était de 10 % en 2011. Les exportateurs russes profiteront également d’une baisse des taxes dans les pays européens. Une économie de 1,5 à 2 milliards de dollars qui favorisera les exportations du pays.

La Russie sera plus compétitive

Les réglementations qui découleront de l'adhésion de la Russie à l'OMC apporteront un souffle de libéralisme dans le Pays. Malgré les appréhensions de nombreux politiciens russes, la banque mondiale estime quant à elle que l'entrée de la Russie dans l'OMC lui rapportera 49 milliards de dollars dès les premières années. Les recettes devraient évoluées jusqu'à 162 milliards par an. De quoi compenser le manque à gagner issu de la baisse des barrières douanières. Ce manque à gagner est estimé à 5 milliards pour l'année prochaine. Les multinationales apporteront leurs contraintes libérales, et obligeront le système économique russe à s’adapter. Plus de transparence, plus de compétitivité, et moins de corruption. Tels sont les principaux avantages que la Russie tirera de son adhésion à l’OMC. Comme le veut l’esprit libéral, il est inévitable que les plus faibles disparaissent. Mais cela se fera au profit d’une consolidation de l’économie et d’une amélioration globale des produits et services. Les règles du commerce russe vont évoluées vers une ouverture sur l’Europe, et quoi que puissent en dire les détracteurs, la Russie sortira gagnante, car elle pourra devenir aussi compétitive que certains états européens, et sur d’autres secteurs que les hydrocarbures. La diversification de l’économie du pays, et sa modernisation sont devenues incontournables. Preuve en est de la situation déplorable du pays. Une situation qui a poussé la Russie à reprendre les négociations pour enfin devenir membre de l’OMC.




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