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La Bundeswehr : une armée en pleine redéfinition



Publié par La Rédaction le 19 Septembre 2013

Amorcée en juillet 2011, la réforme de l'armée allemande suit son cours en toute discrétion. Plébiscité par nombre de stratèges et analystes outre-Rhin, ce changement n'en reste pas moins problématique pour certains militaires. Aucun des soucis évoqués jusqu'à maintenant ne risque néanmoins de compromettre le remaniement général de la Bundeswehr d'ici 2017.



(Crédit Us Army)
(Crédit Us Army)
Une armée plus moderne, plus efficace

En 2010, Karl-Theodor zu Guttenberg, alors ministre allemand de la Défense, émet l'idée de modifier de fond en comble la structure de la Bundeswehr. Le premier objectif recherché consiste à rendre l'armée plus efficace sur les opérations extérieures. Le plan prévoit entre autres le renforcement des capacités de projections des troupes allemandes, la réduction de l'effectif à l'horizon 2017 et l'optimisation du budget en fonction des contraintes sur le terrain. La démission de Karl-Theodor zu Guttenberg n'affecte en rien cette réforme militaire annoncée depuis longtemps. Son successeur, Thomas de Maizière, respecte à la lettre les grandes lignes de la refonte et officialise son entrée en vigueur le 1er juillet 2011.

Le programme avalisé par le gouvernement confirme la limitation de l'effectif de la Bundeswehr à 185 000 hommes. Parmi eux, 15 000 volontaires serviront sous les drapeaux durant une durée maximale de 2 ans, tandis que 170 000 hériteront, soit du statut de soldats professionnels, soit du statut de réservistes. Le même principe s'applique également aux contrats civils, dont le volume sera limité à 55 000 postes à plein temps contre 75 000 actuellement. Ces mesures, combinées à la suppression de la conscription, devraient permettre à l'Allemagne d'envoyer 10 000 hommes sur le terrain d'opérations extérieures. Sa capacité d'intervention à l'étranger reste actuellement limitée à 7 000 hommes. Ces changements s'accompagnent logiquement d'une redéfinition de la carte militaire du pays et d'une profonde réorganisation de ses structures opérationnelles. À terme, le "Generalinspekteur der Bundeswehr” devrait obtenir le statut d'État Major à part entière.

Des soucis de réorganisation

Plébiscitée par la majorité, la réforme de la Bundeswehr n'en reste pas moins un sujet de débat au sein même de l'armée. Le problème n'est pas de savoir si la réforme est nécessaire ou non, loin de là mais les officiers et militaires partagent souvent des avis différents sur la manière d'aborder la refonte. Les accrocs observés durant les deux premières années de la réorganisation n'ont fait que renforcer ces divergences. Le ministre de la Défense en personne reconnaît l'existence de quelques failles dans la redéfinition de l'armée. Thomas de Maizière pointe les soucis de recrutement parmi les principaux obstacles de l'ambitieux projet. Des 15 000 volontaires prévus, 5 000 jeunes seulement ont honoré leur année de contrat en 2012. Cette difficulté à embaucher résulterait surtout de la très forte concurrence du privé, plus intéressant pour les jeunes ayant des compétences dans les domaines du technique ou du médical. Ces ennuis de recrutement conduisent logiquement à un sérieux manque de personnel dans certaines branches des forces armées. La Deutsche Marine déplore par exemple la vacance de 700 postes essentiels à son fonctionnement l'année dernière, faute de postulants. Quelques soldats évoquent également des défaillances dans les procédures de réaffectation. Selon eux, il arrive parfois que les ordres de transfert arrivent au dernier moment, suscitant divers problèmes d'ordres logistiques et même familiaux. Ces dysfonctionnements, combinés au maintien du rythme des entraînements et des missions extérieures, expliqueraient en partie l'augmentation du taux de divorce dans l'armée.

« Wer Feuer haben will, muss den Rauch leiden »

Ces incidents ne devraient pas pour autant nuire au bon déroulement de la réforme. Cette dernière commence même à produire des résultats satisfaisants, au regard des derniers rapports de la Bundeswehr et de quelques parlementaires allemands. Certes, on est encore loin des objectifs d'efficacité et de puissance souhaités par le plan initial. Un document remis en février 2013 évoque néanmoins des avancées significatives dans la protection des troupes. Grâce à la réduction des effectifs, les soldats envoyés en Afghanistan bénéficient désormais d'un plus grand nombre d'équipements. Cet avantage expliquerait, selon le rapport, l'absence de victime allemande en territoire afghan en 2012. De même, l'étude pointe l'amélioration des traitements des blessés au cours d'une opération extérieure.

Les effets positifs de la réforme se résument presque à ces deux points. On aperçoit dès lors les efforts que doivent encore fournir la Bundeswehr et les dirigeants allemands pour atteindre leurs objectifs. Outre la résolution des problèmes de recrutement et la réorganisation de la carte militaire, l'armée d'Allemagne doit régler moult autres soucis. Les parlementaires préconisent entre autres l'optimisation du budget en fonction des économies visées, l'amélioration du suivi des victimes de chocs post-traumatiques ou encore l'assouplissement des conditions de travail des soldats. Les responsables du ministère de la Défense et de la Bundeswehr cherchent déjà des solutions. S'appuyant sur les modèles de leurs homologues européens – comme la France -, les Allemands se veulent confiants quant à l'achèvement de la réforme d'ici 2017, malgré les nombreux problèmes constatés depuis deux ans. Comme le dit si bien leur proverbe : « Qui veut du feu, doit souffrir la fumée »...















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