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L’eau à la source du développement à Madagascar



Publié par La Rédaction le 21 Novembre 2013

Ambatovy est le nom de l’immense mine qui fournira des revenus considérables à Madagascar au cours des prochaines décennies. Elle a pu voir le jour grâce à des technologies de haute performance qui ont rendu possible son exploitation, sans préjudice pour les ressources en eau du pays.



Mine du projet Ambatovy (source : ambatovy.com)
Mine du projet Ambatovy (source : ambatovy.com)
Ambatovy est le nom d’un projet minier de grande envergure implanté à Madagascar. Le pays attend beaucoup de cet immense site d’extraction de nickel et de cobalt. Il s’annonce en effet comme un énorme coup de pouce aux exportations malgaches et à la santé économique du pays. Fruit de 6,9 milliards de dollars d’investissement, Ambatovy s’apprête à changer durablement le profil de l’île de Madagascar. Sur le plan technologique, les grands moyens ont été déployés pour mettre sur pied un projet qui ne pouvait se contenter d’être économiquement performant.
 
Madagascar, une économie à l’aube d’une transition
 
« Ambatovy est une entreprise minière destinée à une exploitation longue durée de larges tonnages de nickel et de cobalt », peut-on lire sur le site officiel du projet. Des investissements colossaux ont été consentis, avec pour finalité l’extraction de « 60 000 tonnes de nickel, 5 600 tonnes de cobalt annuellement sur les trente prochaines années ». Ambatovy s’inscrit donc dans le très long terme et s’annonce d’ores et déjà comme une vaste entreprise industrielle pouvant modifier durablement le paysage économique malgache en assurant au pays des revenus supplémentaires considérables. « [Ambatovy] devrait permettre à Madagascar de devenir le deuxième producteur et exportateur mondial de nickel et de cobalt », synthétisait d’ailleurs Radio France International au moment de la mise en service du site.
 
Les travaux ont débuté en 2007, et la mine se trouve actuellement en phase de montée en charge. A son rythme de croisière, l’usine d’extraction est censée génèrer « plus de 38 millions d’euros par ans », ce qui la hisse parmi les plus grandes mines de nickel latéritique au monde, comme l’explique Slate Afrique. C’est en en tout cas l’ambition affiché par Sheritt International, Sumitomo Corporation et Korea Resources Corporation, qui sont les principaux instigateurs du projet. « Ambatovy, c’est l’assurance d’un développement économique et social. La concrétisation d’années d’efforts politiques pour développer le secteur minier », a commenté la ministre malgache des Mines Daniella Randriafeno, citée par le magazine. Il est en effet raisonnable de penser qu’Ambatovy aura un impact profond sur la structure du commerce extérieur de Madagascar.
 
Le pays est surtout connu pour ses exportations de produits agricoles (vanille et café notamment). Il dispose pourtant de réserves de matières premières considérables, mais peu ou pas exploitées jusqu’alors. Ambatovy constitue donc un premier pas vers sa transformation en pays exportateur de ressources rares. C’est le franchissement d’un échelon de plus dans la compétition du commerce international. C’est aussi la promotion d’un modèle industriel propre et durable, car « Ambatovy se veut à la pointe de l’efficacité, de la santé, et de la sécurité industrielle » ainsi que le rappelle la Chambre des Mines de Madagascar.
 
Un projet industriel durable
 
Ambatovy est, pour l’essentiel, une réalisation de la société SNC-Lavalin, un groupe spécialisé dans les installations d’extraction de nickel. SNC-Lavalin a par exemple mis sur pieds les usines de Goro en Nouvelle-Calédonie, de Ravensthorpe en Australie, et de Rio Tuba aux Philippines. Cette même entreprise a été retenue pour prendre en charge l’ingénierie, l’approvisionnement et la gestion de la construction du complexe. Entre autres, Ambatovy doit donc à SNC-Lavalin ses éléments les plus structurants comme son système de transport du minerai par pipeline ou encore son système de filtrage du minerai par lixiviation.
 
Par ailleurs, ouvrir une mine titanesque dans un environnement soumis aux aléas climatiques n’est pas une mince affaire. En effet, la mine d’ambatovy se situe dans une région fortement sujette au risque de cyclones. De surcroît, l’activité minière utilise énormément d’eau qu’elle rejette par la suite. Dans le cas de l’extraction de métaux, il apparaît donc indispensable de retraiter correctement ces eaux chargées en particules toxiques. Face à ces multiples considérations environnementales, des précautions techniques se sont imposées, notamment en matière de traitement des effluents, dont Veolia Water sera chargée.
 
« [L’]usine de traitement d’eau que l’on a mise en place […] est l’une des plus sophistiquées au monde », commente Patrick Couzinet, directeur commercial de Veolia Water. « Nos installations sont conformes aux normes anticycloniques et peuvent même résister à un vent de 280km/H. L’usine peut donc continuer à fonctionner même en saison cyclonique, et ce, sans aucun risque de pollution de l’environnement », explique-t-il. Les procédés utilisés par Veolia Water permettent également à Ambatovy de récupérer « dans l’eau sale du sulfate d’ammonium, un produit qui peut servir d’engrais », précise Patrick Couzinet. Tout en minimisant son impact environnemental, l’installation génère donc potentiellement un revenu d’appoint et un sous-produit utile à la population locale.
 
Ambatovy n’est pas une mine classique. C’est un complexe conçu pour faire mieux que toutes les installations de son genre en matière de développement et d’environnement. Un tel niveau d’exigence s’avère d’ailleurs indispensable, car les activités minières représentent un risque réel pour l’eau potable. Or compte tenu de l’insularité de Madagascar, Ambatovy ne pouvait tolérer le moindre impact environnemental par le biais des effluents sans prendre le risque de contamination à grande échelle. Ayant été conçu à partir d’une technique de pointe, Ambatovy est ainsi devenu porteur d’un développement durable et global. Pour l’ensemble du territoire et de la population malgache à moyen terme, et pas seulement pour l’entreprise qui exploitera la carrière.




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