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L'application de la réglementation thermique RT 2012 se généralise



Publié par La Rédaction le 30 Avril 2013

La Réglementation Thermique 2012 est une révision de la RT 2010, qui réglemente l’efficacité énergétique des bâtiments. Concoctée par le Grenelle de l'Environnement, la RT 2012 a commencé à être appliquée dès le mois d'octobre 2011, pour la plupart des bâtiments en zone ANRU. En 2012, l'application de la RT 2012 s'est étendue aux bâtiments situés à moins de 500 mètres des zones ANRU, et dès le premier janvier 2013, la RT 2012 s'étendra à tous les bâtiments hors zones urbaines. Le RT 2012 se généralise donc, comme prévu par le Grenelle de l'Environnement, l’occasion de revenir sur les grandes lignes de cette réglementation thermique.



Bâtiment HQE dans l'éco-quartier de Bonne à Grenoble (source: Wikimedia.org)
Bâtiment HQE dans l'éco-quartier de Bonne à Grenoble (source: Wikimedia.org)
Champs d'application de la RT 2012

D'ici 2013, la RT 2012 s'appliquera à tous les types de bâtiments en zone urbaine, en zone ANRU, mais aussi en dehors de ces zones. Ces dernières ont été les premières à être concernées par la RT 2012, mais dès le premier janvier 2013, la réglementation thermique se généralisera. L'application progressive du dispositif arrive ainsi à son terme et rapproche le Grenelle de l’environnement de ses objectifs, dont le principal est de réduire la consommation d'énergie primaire (CEP) des bâtiments neufs. Rappelons que la RT 2012 s'applique aux constructions et rénovations des maisons et bâtiments neufs, et implique le choix de matériaux d'isolation thermique efficients, car c'est essentiellement sur l'isolation que repose l'efficacité énergétique des bâtiments. Une isolation qui s’améliore essentiellement au niveau du gros œuvre, et dont les critères de performance devront figurer dès janvier 2013, sur tous les permis de construire. Mais les obligations des propriétaires qui construisent ou rénovent du neuf ne s’arrêtent pas là, car parmi les critères d’efficacité thermique, on compte également la climatisation, le mode de chauffage, le type d’éclairage et le système de chauffe-eau. Des obligations similaires à celles imposées par la RT 2010, à la différence près que l’objectif du Grenelle est désormais de réduire la CEP à 50 kWh par mètre carré et par an. Soit une obligation de diviser la consommation énergétique par trois. Un objectif élevé que le Grenelle de l’environnement entend bien atteindre grâce à la RT 2012.

Les changements apportés par la RT 2012

Outre une obligation de réduire davantage la consommation d'énergie primaire des bâtiments, la RT 2012 introduit des exigences d’efficacité énergétique minimales sur les usages énergétiques. Autrement dit, il ne suffit pas de répondre à l'exigence de performance globale d'un bâtiment, mais bien de faire des efforts à tous les niveaux de la construction et de l'équipement énergétique. À savoir, au niveau du gros œuvre bien sûr, mais aussi au niveau de l'isolation des fenêtres, et autres ouvertures, au niveau des installations électriques, ou encore au niveau du système de chauffage. Ces exigences minimales participeront non seulement à l'efficacité énergétique globale, mais favoriseront également la construction de logements bioclimatiques, et au mieux, la conception de bâtiments à énergie positive. Ces exigences minimales obligeront donc le recours aux énergies renouvelables, telles que le solaire, l’éolien ou le photovoltaïque. Pour aller encore plus loin, la RT 2012 introduit des exigences minimales en termes de perméabilité de l'air, et de fuite de chaleur (ponts thermiques). D'autre part, la performance énergétique globale n'est dorénavant plus exprimée en valeur relative, selon la consommation de référence et selon le projet de construction. Une seule et même valeur moyenne pour tout le monde : 50 kWh/m²/an. Une valeur absolue qui permettra une meilleure visibilité sur les efforts et moyens déployés pour satisfaire les exigences de la nouvelle réglementation.

Retour sur l’élaboration de la RT 2012

La réglementation thermique de 2012 a été élaborée en 2008, à l'initiative du Ministère de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement (MEDDTL). Depuis cette date, plusieurs groupes de travail se sont penchés sur l’élaboration des textes de la RT 2012, dans le but de répondre aux objectifs du Grenelle de l'environnement, en posant un cadre législatif, approprié et plus détaillé que la RT 2010. Ainsi, 12 groupes de travail, organisés autour de thématiques de réflexion différentes, et composés de professionnels de la construction, ont travaillé à la mise en place d'exigences réglementaires. Et ce, chacun dans leur domaine de compétences. D'autre part, un comité scientifique a été créé pour coordonner le travail de ces groupes, et vérifier la pertinence ainsi que la portée des propositions de loi. Enfin, des rencontres avec des professionnels de différents secteurs auront permis de confirmer les thèses émises par les groupes de travail. Un protocole qui a abouti à une réglementation des plus précises, tournant autour de trois aspects techniques, ou plutôt trois coefficients. Celui du besoin bio-climatique(BBio), celui de la température intérieure de consigne (Tic), et celui de la consommation (C). Techniquement parlant, le respect de la RT 2012 devra donc passer par le respect de ces trois exigences globales. Ces dernières induisant le respect des exigences minimales, impossible d’être en règle sans fournir de réels efforts d’amélioration énergétique.

Alors, comment construire ou rénover du neuf en respectant la RT 2012 ?

Le premier aspect à étudier est l’isolation des murs. Sachant que 25 % des pertes de chaleur proviennent d’une mauvaise isolation des murs, il est indispensable d’utiliser les bons isolants, mais aussi de bien choisir les matériaux avec lesquels seront construits les murs. Brique, parpaing, terre ou paille, chaque matériau nécessite un isolant différent pour garantir une bonne isolation des murs. Mais si ceux-ci sont la principale cause d’une bonne ou mauvaise isolation, il n’en demeure pas moins que chaque partie d’une maison peut être source de déperdition de chaleur. Comme pour les murs, les combles, la toiture, le sol, les portes et fenêtres, ou encore les dalles entre les étages, chaque partie d'un bâtiment, chaque matériau, et chaque matière isolante, doit faire l'objet d'une réflexion. En effet, c’est à ces niveaux, et dans le choix des matériaux que les exigences minimales peuvent être satisfaites. Il ne s'agit pas seulement de réduire les déperditions de chaleur, mais aussi de favoriser une bonne répartition de cette dernière entre les pièces, et les étages, ceci garantissant une faible consommation en plus d'une réduction du gaspillage. Deux facteurs indissociables pour arriver à une CEP inférieure ou égale à 50 kWh par mètre carré et par an.