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L'acier, pomme de discorde sino-européenne



Publié par La Rédaction le 11 Mars 2013

Profitant de ses avantages commerciaux, fruit d'une politique communiste outrageuse, la Chine est aujourd'hui accusée de dumping par la Commission européenne. Particulièrement visée par les principaux producteurs du vieux continent, l'industrie sidérurgique chinoise enregistre un boom spectaculaire. Cette situation engendrera-t-elle une guerre commerciale sino-européenne ?



L'acier, pomme de discorde sino-européenne
La Chine accusée de dumping

En dépit du déséquilibre de son PIB oscillant autour de 7 à 14 % par an, la Chine ne cesse de renouveler son extraordinaire excédent commercial. Insensible à la crise économique qui frappe les grandes puissances mondiales depuis près de 4 ans, elle maintient sa place de numéro un mondial dans la production et la consommation de produits manufacturés. Malgré une forte production destinée à l'usage local, l'Empire du Milieu parvient chaque année à augmenter son taux d'exportation et d'importation de façon spectaculaire. Surveillée par ses principaux concurrents, dont l'Europe, la Chine est aujourd'hui accusée de dumping pour parvenir à garder ses privilèges commerciaux. L’industrie sidérurgique est le principal secteur pointé du doigt. Bien qu'inadmissible au regard du commerce international, la Chine continue, selon la Commission européenne, de subventionner ses plus gros industriels. Sa politique communiste y est sûrement pour quelque chose. À l'antipode des autres pays producteurs d'acier, la Chine refuse d'octroyer les droits civils et sociétaux à ses salariés. La subvention étatique associée aux coûts des rémunérations extrêmement bas contribuerait à son apogée. Fidèle à son dispositif de police de contrôle des changes, la Chine continue à sous-évaluer sa monnaie. Aujourd'hui, la valeur du yuan est 40 % moins élevée que le dollar et 50 % inférieure à l'euro. Avec sa règlementation déloyale des droits de douane, le pays impose une taxe d'exportation exorbitante sur les produits manufacturés importés d'Europe ou d'Amérique. Ces impôts douaniers représentent aujourd'hui près de 30 % de la valeur totale des marchandises. A contrario, les produits chinois acheminés dans le reste du monde sont soumis à des taxes douanières insignifiantes.

La Commission européenne dénonce une concurrence déloyale

L'Europe juge inacceptables ces privilèges de la Chine face au contexte actuel priorisant le libre-échange entre tous les pays producteurs. Dans des conditions aussi contraires à l'égalitarisme, la Chine pousse tous ses concurrents à la déroute commerciale en faveur de son industrie sidérurgique toujours rebondissante. Parmi la trentaine de subventions publiques clandestines mises à jour par la Commission européenne, une vingtaine concerne uniquement la Chine. Les scandales éclatent au grand jour depuis janvier 2012. L'association des fabricants européens d'acier Eurofer a porté plainte devant la Commission européenne contre une Chine anti concurrentielle. Cette dernière accapare aujourd'hui plus de 50 % de part du marché mondial avec ses stratégies qualifiées de miraculeuses. Eurofer vise surtout l'industrie de l'acier galvanisé, dont les produits fabriqués en Chine se vendent à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués par les industriels européens. Cette situation a ouvert la voie à d'innombrables enquêtes sur l'ensemble du secteur de la sidérurgie en Chine. Premier partenaire commercial du pays du Soleil levant, l'Union européenne affirme ne pas se laisser entraîner dans une guerre commerciale sino-européenne, malgré une riposte chinoise qui s'avère encore plus déraisonnable.

Chine : une riposte punitive

Suite aux plaintes anti subventions portées devant la Commission européenne, la Chine ne compte pas revenir sur sa politique jugée contraire aux lois de l'Organisation mondiale du commerce. Au contraire, elle impose des taxes disciplinaires à l'encontre des industriels européens en remettant en cause les conditions d'exportation de l'acier dans le pays. En mai 2012, la Chine avait déclaré son intention de taxer certains produits sidérurgiques exportés par l'Europe. Fin 2012, le ministère du commerce chinois a confirmé cette décision, en annonçant des taux beaucoup moins élevés par rapport à celles annoncées au préalable. Ces impôts douaniers concernent uniquement certains tubes fabriqués par les industriels européens. Les taxes effectives pour cinq ans sont comprises dans une fourchette de 9 à 14 % de la valeur totale de la marchandise contre un chiffre prévu initialement entre 9,7 et 39 %. Le ministère du commerce chinois n'a cependant pas expliqué les raisons de cette revue à la baisse. Les plus grandes firmes européennes à l'instar de l'espagnol Tubacex et de l'industriel allemand Salzgitter Mannesmann Stainless Tubes comptent au nombre des nombreuses entreprises affectées par cette décision. Mais outre l'Europe, le Japon s'est aussi vu amputer de certains de ses privilèges comme les géants Sumitomo Metal Industries et Kobe Special Tube. Les industriels attendent avec impatience le résultat des enquêtes entreprises par la Commission européenne avant de riposter à leur tour. Les résultats seront proclamés d'ici juin 2013.
 




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