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L'OMC dans l'impasse ?



Publié par La Rédaction le 25 Septembre 2013

Depuis sa création, l'OMC fait de la libéralisation du commerce international son objectif premier. La plateforme rencontre toutefois plusieurs difficultés à rallier les nations à sa cause, au point de soulever des doutes auprès des défenseurs du libre-échange. Simple coup d'arrêt ou impasse ? Dans les deux cas, le prochain dirigeant aura la lourde tâche de redonner du crédit à l'organisme.



(crédit WTO.org)
(crédit WTO.org)
Les fondements de l'OMC remis en question

A l'annonce de la constitution de l'OMC, beaucoup espéraient un retour à l'équilibre des échanges commerciaux dans le monde, grâce à une plus grande ouverture des marchés importants comme les États-Unis, l'Union européenne, le Japon ou la Chine. Seulement, plus de deux décennies après, la réalité est toute autre.

D'abord, les plus grandes puissances commerciales s'obstinent à pratiquer une forme ou une autre de protectionnisme à peine voilée. Les Américains se cachent par exemple derrière leurs normes de qualité et de prix hautement pénalisantes pour nombre de pays. Les Chinois évoquent pour leur part moult lois commerciales internes toute aussi incompréhensibles les unes que les autres. Ces réglementations empêchent entre autres les entreprises étrangères de s'installer librement sur le territoire chinois, sans créer une joint-venture avec une firme locale et transmettre une partie de leur propriété intellectuelle. Sans oublier les taxes douanières, les subventions à l'exportation et autres formes de dumping, d'ailleurs pratiquées également – mais à moindre échelle – dans les pays de l'Union européenne.

Toutes ces manœuvres entrent justement dans le cadre des méthodes commerciales que l'OMC s'efforce de combattre depuis sa création. L'organisation a beau régler nombre de litiges sur ces sujets au fil des années ; certains pays trouvent toujours la parade pour se faufiler entre ses mailles. Les quelques succès obtenus par l'OMC passent presque inaperçus derrière les nombreux échecs qu'elle a essuyés ces dernières années. Le dernier fiasco en date n'est autre que l'arrêt des discussions sur le Cycle de Doha. Pascal Lamy, le directeur général même, se demande si cette nouvelle déception ne signerait pas l'arrêt de mort de l'organisme.

Le cas alarmant des négociations de Doha

Voilà maintenant 12 ans que les pourparlers de Doha ont été engagés, les résultats sur le terrain restent minimes, voire inexistants. Un bref rappel s'impose : en 2001, les représentants des pays membres de l'OMC se sont réunis dans la capitale du Qatar pour mettre sur pied un système économique mondial censé donner plus de place aux économies émergentes et aux pays les moins avancés. Au départ, la majorité des nations a approuvé l'idée. Dans les faits, aucune réforme concrète n'a été engagée par les grandes puissances, qui tiennent les rênes des échanges internationaux.

Les tractations se poursuivent encore aujourd’hui. Les désaccords entre les pays émergents et les États-Unis expliqueraient en partie ce blocage, selon Pascal Lamy lors d'une intervention en 2011. En réalité, aussi bien les pays industrialisés que les économies émergentes se montrent intraitables sur certaines questions, portant entre autres sur les subventions à l'export de matières premières, la taxation des produits manufacturés ou le quota et le prix des marchandises échangées sur le marché.

Entre volonté de s'ouvrir à l'international et obligation de préserver leur marché intérieur, les États cherchent à protéger avant tout leurs propres intérêts, quitte à outrepasser certaines barrières et normes imposées par l'OMC. L'organisme devient dès lors simple spectateur d'une guéguerre d'influence économique entre les puissances industrialisées occidentales et les marchés émergents de l'Asie-Pacifique, souhaitant renforcer leur mainmise sur les échanges commerciaux mondiaux.

Un brin d'espoir pour l'avenir

Devant tant de discordances, l'OMC ne peut presque rien faire, même si l'organisme continue d'amorcer dans l'ombre les discussions entre les parties concernées. Après dix ans d'échecs successifs, l'organisme veut désormais aborder un nouveau virage, profitant du changement de direction prévu le 1er septembre 2013. L'afflux de candidats à la succession de Pascal Lamy en début d'année montre une fois de plus cette envie de nouvelle donne dans les cercles dirigeants de l'OMC. Pas moins de neuf prétendants se sont en effet présentés à ce poste, du jamais vu depuis la création de l'organisation. Si le Mexicain Herminio Blanco a été donné favori pendant un instant, c’est finalement le Brésilien Roberto Azevêdo qui endossera le rôle de Directeur général de l'OMC à partir de septembre.

Cet ancien diplomate, habitué à résoudre les problèmes et litiges économiques des pays émergents, se fixe déjà comme mission principale la relance du cycle de Doha. Fin négociateur, M. Azevêdo cristallise les espoirs de plusieurs observateurs, notamment ceux des économies émergentes, voyant en lui l'homme susceptible de sortir l'OMC de l'impasse actuelle. Paradoxalement, ce même blocage a donné lieu à des négociations bilatérales, notamment entre l'Union européenne et le Canada, ou encore récemment entre les États-Unis et l'Union européenne. Aux cadres de l'OMC maintenant de s'inspirer de ces accords bilatéraux pour relancer les cycles de négociations de Doha, impliquant l'ensemble des 159 pays membres.
 
 


Tags : Doha, OMC, WTO


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