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Euro Blue Power : le (micro)-développement durable à l'échelle des bassins de vie



Publié par La Rédaction le 29 Août 2016

La petite hydroélectricité est une énergie renouvelable continue, abondante et générant peu de nuisances paysagère. Encore trop peu répandue, elle pourrait pourtant constituer, au même titre que le solaire et l’éolien, une des clés de la réussite de la transition énergétique, tout en apportant une réponse économique crédible aux investissements qu’elle suppose. Pierre-Marie Hénin, PDG d’Euro Blue Power, jeune société spécialisée dans la conduite de projet de petite hydroélectricité, a récemment précisé le potentiel de ces projets en matière de d’environnement, de production énergétique mais aussi de développement local.



Petite Usine hydroélectrique de la Trave et son barrage
Petite Usine hydroélectrique de la Trave et son barrage
Parler hydroélectricité, c’est faire référence dans l’imaginaire collectif aux grandes digues de bétons qui bouchent certaines vallées montagneuses. Pourtant, la gamme des réalisations hydroélectriques (les ouvrages utilisant la « force » de l’eau pour produire de l’électricité, schématiquement) est bien plus large que cela. Parce qu’il n’existe plus guère de grandes retenues d’eau potentielles qui ne soient pas protégées ou déjà utilisées, la tendance est aujourd’hui à la « petite » hydroélectricité, des ouvrages bien plus discrets, susceptibles de se fondre dans l’environnement en marge d’un cours d’eau.
 
De quoi s’agit-il exactement ? « Euro Blue Power évolue sur le segment de la « petite hydroélectricité », développant des puissances de 4,5 MWatt au maximum » explique en préambule Pierre-Marie Hénin à RSE Magazine*. Pourquoi ce plafond  de 4,5 MWatt ? Pour des raisons purement administratives : « En dessous de 4,5 MWatt de puissance, une autorisation préfectorale suffit », précise le PDG d’Euro Blue Power. Au-delà de cette puissance installée, les choses se corsent et l’échelon de décision devient l’Etat. Or, l’environnement et les projets d’infrastructures énergétiques susceptibles de l’impacter sont déjà pris très au sérieux au niveau des seules préfectures. « L’eau étant un bien public, un arrêté préfectoral est nécessaire pour la « turbiner ». Pour l’obtenir, les études environnementales à fournir sont extrêmement pointues ; […] cela reste néanmoins un processus nécessaire, dans l’intérêt de l’environnement, mené avec un grand professionnalisme par tous les acteurs administratifs concernés », ajoute le PDG d’EBP.
 
Mais avant même d’entamer les études nécessaires, encore faut-il convaincre les autorités concernées, maires ou représentants des collectivités locales, de l’intérêt d’un tel projet. Or, si tout le monde s’accorde sur la nécessité d’une transition progressive vers des énergies renouvelables, la concrétisation se heurte souvent aux réticences locales : coûts des installations, impacts paysagers, garanties des tarifs de rachat… Les sujets de préoccupations sont nombreux. Très concrètement, la petite hydroélectricité permet de mettre en valeur des territoires où un potentiel hydroélectrique a été identifié, avec un impact minime sur l’environnement, tout en fournissant pendant des décennies une énergie de source renouvelable. Mais c’est aussi un bon calcul économique : « ces installations ne coûtent pas un centime d’argent public aux collectivités […]. Nous assumons l’intégralité des frais, divisés en deux catégories : les frais de développement (études hydrologiques, environnementales, techniques) et les frais d’infrastructures (conception, construction de la centrale, raccordement et fonctionnement) », met en avant Pierre-Marie Hénin. Les communes et collectivités ne déboursent donc rien, moyennant la mise à disposition de terrains publics.
 
Mais la commune ou la collectivité locale peuvent y trouver un autre avantage, outre la satisfaction de participer à la transition énergétique : la redevance. Un exploitant comme Euro Blue Power va négocier avec EDF des tarifs de rachat de l’électricité produite ; l’installation hydroélectrique, une fois achevée et raccordée, va donc générer des revenus. La commune va percevoir contractuellement pendant des décennies un pourcentage de ce chiffre d’affaires sous la forme d’une redevance. En plus du bénéfice en termes d’images, les communes s’assurent donc des recettes constantes sur de très longues durées. « Les collectivités locales mettent à disposition une partie du domaine public pour l’exploitation, contre une redevance, indexée sur le chiffre d’affaires […]. Pour les collectivités, c’est la garantie d’un revenu stable, à long terme, généralement adossé à un contrat de rachat par EDF de l’électricité produite pour 20 ans renouvelables », résume Pierre-Marie Hénin.
 
Un revenu supplémentaire plus que bienvenu en période de baisse des dotations aux collectivités : il permet généralement de pallier les insuffisances financières que connaissent nombre de communes rurales ou reculées, disposant néanmoins d’un potentiel hydroélectrique. La redevance offre aux collectivités locales la possibilité de s’engager dans des projets de développement durable qui ne pourraient jamais voir le jour sinon. Au niveau local comme ailleurs, l’argent reste le nerf du développement, et la petite hydroélectricité offre des opportunités qui restent rares. Elle constitue « comme un accélérateur de projets locaux de développement durable », conclut le PDG d’Euro Blue Power. Dans un contexte de désengagement budgétaire de l’Etat au niveau local, la perspective de recettes fiscales adossées à des projets de transition énergétique, n’est pas à prendre à la légère. D’une pierre, deux, voire trois coups.
 
(*) Pierre-Marie Hénin, Euro Blue Power : « L’hydroélectrique, accélérateur de projets locaux de développement durable », RSE Magazine, 11 mai 2016