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Curiosity poursuit sa mission sur Mars, avec quelques difficultés



Publié par La Rédaction le 19 Mars 2015

Les aventures du trio spatial Tchouri-Philae-Rosetta l'ont relégué au second plan, mais le robot sonde Curiosity poursuit sa mission sur Mars, malgré un court-circuit le 27 février, dont on ne connait pas encre les conséquences exactes. Retour sur une mission fondamentale pour la suite des programmes spatiaux, une grosse année martienne (soit 687 jours) après les premiers tours de roues sur la planète rouge.



Selfie martien (sous licence Creative Commons)
Selfie martien (sous licence Creative Commons)
Découverte spatiale : l'épopée martienne de Curiosity

L'immensité de l'univers fait que les principales découvertes spatiales réalisées par l'homme ne sont encore que lilliputiennes. La volonté de conquérir l'espace a pourtant été ressentie dès les premières décennies des années 1900. Cependant, ce n'est qu'en 1961 que le premier vol réussi par l'homme dans l'espace fut réalisé par Youri Gagarine. Par la suite, Neil Armstrong a eu l'honneur d'être le premier à marcher sur la Lune en 1969. Depuis ces années, c'est la planète Mars qui attire les convoitises de l'être humain. Mais bien avant que celui-ci n'y pose le pied, c'est tout d'abord à la sonde martienne Curiosity qu'incombe la tâche de l'explorer minutieusement. Aussi, le 6 août 2012, ce véhicule d'exploration s'est posé avec succès sur la planète rouge au niveau du cratère Gale. Les nombreuses images capturées par la sonde sont une mine d'informations pour les scientifiques et témoignent de la réussite de la mission.

Curiosity, un véhicule technologique taillé pour l'exploration martienne

Lancée le 26 novembre 2011, la sonde Curiosity a mis presque un an pour atteindre Mars, dont la distance minimale par rapport à la Terre a été évaluée à 55,758 millions de kilomètres. Les attentes de cette mission réalisée par le rover sont nombreuses, tellement la planète rouge préoccupe la pensée des hommes. En réalité, de nombreuses interrogations sont apparues à partir des observations antérieures de cette planète, et cela depuis bien des décennies. Mais une seule d'entre elles est devenue récurrente, à tel point que la mission de Curiosity semble centralisée sur ce point unique : Mars est-elle propice à la vie ? Le véhicule d'exploration aura donc comme tâche principale de prospecter des indices qui permettraient de déduire si les conditions environnementales martiennes peuvent (ou ont pu) permettre le développement de la vie.

Pour ce faire, l'étude de la géologie, l'analyse des compositions minéralogiques ou encore la collecte des données météorologiques font partie des tâches dévolues à Curiosity durant son périple. Avec un poids de 900 kg, le véhicule est équipé de 75 kg de matériels scientifiques pour lui permettre d'identifier et d'analyser tous types de composants minéraux et organiques. Véritable concentré de technologies, Curiosity dispose entre autres d’un laboratoire embarqué et d'une foreuse, ainsi que de nombreux logiciels évolués pour lui permettre de naviguer sans crainte au cours de cette première épopée martienne.

Succès total de la phase d'atterrissage sur Mars

À 7 h 32 heure française, le 6 août 2012, les passionnés de découvertes spatiales ont unanimement applaudi la réussite de la première phase de la conquête martienne. Depuis les quatre coins de la planète, c'est une véritable tempête de satisfaction qui accueille la nouvelle du jour : Curiosity s'est posée, indemne, sur Mars. Une autre mission ne fait dès lors que commencer pour la sonde, celle de la découverte et de l'exploration de la planète rouge. Aussitôt, des premières images prises par le véhicule sont reçues sur le site de Pasadena. Avec un décalage de 14 minutes, le temps indispensable pour que les transmissions de Curiosity parviennent sur la Terre, la première image montre tout d'abord l'ombre du robot ainsi qu'une infime partie du territoire martien.

Les illustrations qui s'ensuivent vont alors permettre de distinguer davantage de détails : le sol est plat, en grande partie constitué d’une portion sablonneuse avec de nombreuses petites pierres éparpillées ici et là. À l'horizon, l'absence de forme irrégulière confirme que le robot pourra se mouvoir sans grande difficulté. Quelques heures après ces premières constatations, de nouvelles images révèlent cette fois un horizon présentant ce qui devrait être une pente montagneuse. Selon les premiers avis des experts, cet endroit pourrait être le mont Sharp, culminant à environ 5,5 kilomètres de haut. C’est à cet endroit que le robot doit effectuer le chapitre final de sa mission. Les premières heures de Curiosity sur Mars sont donc une réussite totale.

Découverte d'un ancien ruisseau et affrontement des rudes conditions martiennes

Depuis ce premier contact, Curiosity vogue de découverte en découverte. Sept semaines après s'être posée, la sonde a exploré un point qui laisse penser que de l'eau s'est écoulée sur Mars par le passé. Assimilé au lit d'une rivière, l'endroit concerné présente effectivement des cailloux et des graviers transportés par un écoulement d'eau. Cimentées par le sable au sein d'une couche de roches agglomérées de 10 à 15 cm d'épaisseur, ces matières pourraient dater de plusieurs milliards d'années selon les scientifiques. L'hypothèse de la présence d'un ruisseau ou d'une rivière à cet endroit est fortement envisagée, car les différentes tailles de ces éléments sont logiquement expliquées par leur entraînement par courant d'eau. Sur un tout autre point, le périple de Curiosity a également été ponctué par des événements spécifiquement liés à l'environnement martien. Au mois de mars par exemple, le véhicule a été mis en veille en raison d'une tempête solaire pointant en direction de la planète rouge. En dépit de ces rudes conditions, Curiosity devait continuer sa lente progression vers le mont Sharp. Mais début 2015, à l'occasion d'un selfie ayant surtout vocation d'outil de diagnostic, les responsables du programme découvrent que les roues avant de la sonde ont subi des dégâts. Probablement dus aux allers-retours sur des roches acérées, ces dommages mineures devraient tout de même imposer à la sonde de circuler en marche arrière, pour soulager les roues avant endommagées. Enfin, le 27 février un court-circuit  déclenche la procédure d'arrêt d'urgence, en attendant de trouver l'origine du problème et une solution éventuelle. Mais quoiqu'il en soit, même si Curiosity devait rester définitivement silencieuse, le bilan final de l'opération aura dépassé toutes les espérances.
 
 















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