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COP21 : "Qu’attendons-nous…pour agir ?"



Publié par Noémie Monti le 19 Octobre 2015

Jour du dépassement, fonte de la calotte glacière, élévation du niveau de la mer, le débat politique international est ainsi vivement animé par le sujet brûlant du réchauffement climatique. L’humanité se trouve ainsi dans une impasse et il est plus que jamais vitale pour les états de s’armer pour réparer ce qu’ils ont détruit. C’est ainsi une réponse efficace, équitable et globale que ceux-ci vont tenter de trouver lors de la COP21 qui se tiendra fin 2015 à Paris. Comment trouver une réponse remédiant aux injustices climatiques ? Comment faire naitre le consensus ? Comment assurer la bonne application des engagements pris en matière de climat ? Un point sur ce qui est certainement le plus gros combat de l’humanité du XXIème siècle.



La COP21 : pour une justice climatique.

Les conséquences du réchauffement climatique affectent environ 200 millions de  personnes chaque année. (1) Dès lors, « qu’attendons-nous… pour agir ?»  (2) Tel était le thème des Journées de l’Economie (JECO) qui se sont déroulées du 13 au 15 Octobre à Lyon. Un intitulé qui parle de lui-même...

Le rapport alarmiste du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat) quant à l’état de santé de l’écosystème mondial a ravivé l’importance de cette lutte contre le réchauffement climatique qui inclut l’ensemble des régions du monde. Si certains eurosceptiques continuent de se voiler la face, une chose ne fait aucun doute au sein de la communauté internationale : le réchauffement climatique est le plus gros combat du l’humanité du XXIème siècle. Ceci étant dit, la question est maintenant d’y répondre efficacement... Et c’est bien l’objectif de la COP21.

La COP21 s’inscrit à la suite d’une longue tradition de déceptions des sommets mondiaux sur le dérèglement climatique, à l’image de l’échec du sommet de Copenhague en 2009. L’une des questions centrales à laquelle ce sommet doit répondre est celle de l’injustice climatique. Car les pays les plus impactés par les conséquences du dérèglement climatique sont souvent les moins responsables de l’émission de gaz à effets de serre. L’Afrique notamment, est l’un des continents qui subit le plus les conséquences du  réchauffement climatique alors que son émission de GES ne représente que 4% du total mondial… Ces pays les plus vulnérables, soutenus par bon nombre d’ONG, impute la responsabilité de l’impasse climatique actuelle aux pays du Nord comme en témoigne la contribution de l’Inde déposé le 2 Octobre devant les Nations Unies.

Un des enjeux primordiaux de ce sommet qui se tiendra à Paris fin 2015 est de coordonner une réponse commune aux problèmes du réchauffement climatique tout en tenant compte de différent degré d’implication et des inégalités de situation entre états.

Comment agir avant qu’il ne soit trop tard ?

Les scientifiques l’affirment, la problématique climatique dans laquelle l’humanité se trouve actuellement est la conséquence de l’activité de l’homme et de sa production élevée de gaz à effets de serre (GES). C’est pourquoi l’un des objectifs principaux de la COP21 est d’amener les pays à réduire leurs émissions de 75% d’ici 2050 afin que les températures n’augmentent pas de plus de 2 degrés… (1)

Si les pays jouissent d’une certaine marge de liberté puisqu’ils doivent présenter aux Nations Unies leur proposition de contribution volontaire pour réduire leurs émissions de GES, ces contributions doivent cependant être suffisamment ambitieuses pour atteindre l’objectif de la limite des 2 degrés.

Les Etats du Nord semblent cependant être sur la voie d’une application concrète. Ils se sont ainsi engagés à apporter une aide aux pays en développement. Dans le cadre de l’alourdissement de la taxe carbone, on devrait voir en France une hausse de deux centimes du diesel en 2016 (3). On voit également l’énergie photovoltaïque se développer et devenir de plus en plus compétitive dans le monde. Des décisions qui semblent témoigner d’une réelle responsabilisation des états afin de diminuer leur empreinte écologique... On voit dans nos sociétés occidentales s’intensifier les discours sur le développement durable, l’importance de l’écologie qui pénètrent l’ensemble de sphères sociales. Des tendances qui semblent aller dans le sens des objectifs de développement durable d’offrir de ne pas compromettre l’avenir des générations futures… Une bonne volonté affichée mais qui semble remise en question par des évènements comme l’avancée dans le calendrier du « jour du dépassement » par exemple….

Ainsi, si l’ensemble des états s’accordent à dire que la lutte contre le réchauffement climatique est une priorité absolue, comment expliquer que la situation continue de se dégrader ? Les actes suivent-ils véritablement les paroles ? L’humanité est-elle allée si loin dans ses travers de consommation qu’un nouveau modèle énergétique ne semble plus applicable… Espérons que la COP21 mettra un terme à ces doutes…

Le combat est loin d’être terminé.

La COP21 vise ainsi à générer le consensus autour d’une réponse mondiale équitable et adaptée en fonction des pays. Chacun doit ainsi donner des garanties de son engagement mais comment en assurer l’application concrète ? De plus en plus, la mise en place concrète d’une taxe carbone est évoquée… (4)

Le manque de résultat et les échecs précédents interrogent quant au décalage entre les bonnes résolutions prises et leur mise en application… Ainsi, compte tenu de la dégradation continue du climat, les états doivent ils encore rester maîtres de l’application de leurs engagements ou celle-ci devrait elle être assurée par une instance supranationale contraignante ou un système de surveillance mondiale ? Si oui, comment une telle instance pourrait-elle être mise en place ? Qui est réellement légitime à imposer une réponse à un phénomène dont on sait aujourd’hui que les effets négatifs l’emportent largement sur les éventuels côtés positifs qui restent discutables ? Cette mission doit-elle être confiée à l’ONU ? Si oui, celle-ci ne risque-t-elle pas d’être paralysée par les conflits d’intérêt présents au sein du Conseil de Sécurité ?

Ainsi, une crainte demeure, celle que bien que « certaines conditions apparaissent favorables à l’obtention d’un accord, ne risque-t-on pas une nouvelle fois de voir se dessiner deux clans, celui partisan d’un accord contraignant et celui partisan d’un compromis minimaliste et de répéter les échecs des précédents sommets dans ces conditions ? » (5) Car comme le dit Jean-Pascal Van Ypersele, Vice Président du GIEC le climat reste « un sport de combat »…
 
  1. https://www.youtube.com/watch?v=3J7H7e2cMd4
  2.  http://www.journeeseconomie.org/
  3. http://www.franceinfo.fr/emission/tout-info-tout-eco/2015-2016/apres-le-diesel-la-taxe-carbone-19-10-2015-06-53
  4. http://www.lefigaro.fr/sciences/2015/10/08/01008-20151008ARTFIG00001-cop-21-une-taxe-carbone-mondiale-de-plus-en-plus-evoquee.php
  5. http://www.iris-france.org/64677-la-cop21-saura-t-elle-eviter-de-repeter-les-echecs-des-precedents-sommets-sur-le-climat/
 
 





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