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Bilan Diversité 2012 : une situation en dent de scie



Publié par La Rédaction le 11 Février 2013

Lutter contre la discrimination dans l'entreprise, c’est promouvoir la diversité tout en privilégiant l'optimisation de la gestion des ressources humaines et celle de l'accroissement de la performance économique. La Charte de la diversité fait siennes ces devises afin que les entreprises agissent pour que leur personnel soit la digne représentativité de la société dans son ensemble. Presque 10 ans après la création de cette charte d'engagement, un état des lieux de la situation s'impose. Un premier constat est donc tiré à partir du « Bilan Diversité 2012 » : l'application des engagements de la Charte de la diversité dresse un tableau en dent-de-scie.



Bilan Diversité 2012 : une situation en dent de scie
Une initiative d'entreprise destinée aux entreprises
 
A la fin de l'année 2004, Claude Bébéar et Yazid Sabeg lancent la Charte de la diversité, un texte d'engagement destiné aux entreprises qui désirent condamner les discriminations dans le secteur de l'emploi et aspirent à œuvrer en faveur de la diversité. Donner à tous le privilège de profiter de l'égalité des chances et intensifier la lutte contre toutes formes de discriminations face à l'emploi fait partie des leitmotivs qui ont poussé à la création de cette Charte. Six articles principaux y sont inscrits et ils invitent les signataires à l'accomplissement d'actions concrètes pour optimiser leur engagement en faveur de la diversité. À travers des plans d'action et des stratégies spécifiques, les signataires s'impliquent sur le long terme afin de promouvoir l’égalité des traitements dans la politique globale de leur entreprise. Cette démarche se veut par ailleurs une approche gagnant-gagnant pour la société et surtout pour l'entreprise. Tout en favorisant la cohésion sociale, la Charte compte ainsi prioriser des enjeux majeurs en faveur des signataires. L'adhésion à ce texte assure tout d’abord à l’entreprise une totale conformité avec la loi, l'assurance de sa bonne réputation ainsi que son engagement en tant qu'entreprise socialement responsable. L'optimisation de sa gestion des ressources humaines et l'augmentation de sa performance économique figurent également parmi les orientations prises par ce texte de promotion de la diversité.
 
Des actions inégalement menées selon la taille de l’entreprise
 
Au cours de la présentation du « Bilan Diversité 2012 », le cabinet Inergie et les premiers responsables de la Charte de la diversité tirent les premières conclusions de leur dernière enquête menée auprès de 1601 entreprises, soient 47 % des signataires. Les actions en faveur de la diversité et de l’égalité des chances face à l’emploi sont moins présentes dans les petites et moyennes entreprises. Certainement un des effets inattendus de la crise financière, cette situation insatisfaisante chez les PME de moins de 50 salariés est reflétée par des actions comptabilisées en moyenne à 20 points de moins par rapport à celles effectuées au sein des grands groupes. Parmi ces mesures favorisant la diversité au sein des entreprises, on distingue notamment l’insuffisance des actions qui tournent autour des grilles de salaires, des entretiens annuels ou encore des descriptifs de poste. Il est ainsi à noter que seules 60 % des entreprises de moins de 50 salariés entreprennent des recrutements utilisant ce dernier procédé. Un quota encore faible par rapport à celui des entreprises de plus de 250 salariés (80 %) et celui des entreprises de 50 à 250 salariés (74 %). Outre ce constat relevé par les rapporteurs, la décision de révoquer 400 entreprises du mouvement pour la promotion de la diversité a également été annoncée. Les signataires qui n’ont pas respecté certaines obligations, comme celle qui mentionne la communication d’un compte-rendu bisannuel par exemple, ont été logiquement rayés de la liste.
 
Les grandes entreprises plus concernées
 
L’optimisme est toutefois de mise, à la vue des actions conduites par les grandes entreprises en faveur de la diversité face à l’emploi. La politique générale menée par les groupes de plus de 10 000 salariés reste dans la droite ligne des orientations fixées par la Charte. Le progrès effectué par les grandes entreprises en matière de diversité est palpable grâce à des stratégies opérationnelles au niveau du recrutement, de la communication interne, de la rémunération, de la formation des collaborateurs ou encore de l’évolution de carrière. L’entretien annuel est ainsi pratiqué par 89 % des entreprises de plus de 250 salariés, 81 % des entreprises de 20 à 250 salariés et seulement 61 % par les petites entreprises. Mises à part les actions en interne, elles véhiculent par ailleurs les idées du mouvement pour l’égalité des chances chez leurs fournisseurs et clients. On distingue ainsi qu’environ 56 % des entreprises sensibilisent leurs principaux partenaires à adhérer aux engagements de la Charte, alors qu’elles n’étaient que 46 % en 2011. En matière de composition du personnel, les retombées des plans d’action sont globalement satisfaisantes. L’effectif des entreprises signataires est constitué à 5 % de salariés handicapés, 18 % de jeunes, 23 % de seniors et 37 % de femmes cadres, alors que ces proportions sont respectivement de 2.8, 9.8, 20.9 et 33.6 % au niveau de la population active. Des efforts sont néanmoins à fournir pour favoriser efficacement l’emploi des habitants issus des quartiers sensibles car seules 26 % des entreprises signataires disposent pour le moment d’une stratégie spécifique en la matière.















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